Les paramédicaux intensifient leurs moyens de pression

Une trentaine d’ambulanciers accompagnés de leur famille se sont adonnés à diverses activités ludiques dont le hockey bottines.
Photo: François Pesant Le Devoir Une trentaine d’ambulanciers accompagnés de leur famille se sont adonnés à diverses activités ludiques dont le hockey bottines.

Les 2500 ambulanciers paramédicaux affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) ont entamé dimanche une série de manifestations dans le but d’interpeller le public et d’inviter le ministère de la Santé et des Services sociaux à reprendre les négociations qu’il a suspendues le 23 décembre dernier. La première manifestation qui se tenait en après-midi à Montréal devant le centre opérationnel de la Corporation d’Urgences-santé a réuni une trentaine d’ambulanciers accompagnés de leur famille qui s’adonnaient à diverses activités ludiques.

Les prochaines manifestations auront lieu ce lundi à Sherbrooke devant le bureau de comté du ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert, puis à Chicoutimi mardi, Sept-Îles mercredi, Jonquière jeudi et Québec vendredi.


Les ambulanciers paramédicaux de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), qui représente 60 % des effectifs ambulanciers du Québec, ont déclenché la grève à 18 h le 24 décembre dernier face à la fermeture du gouvernement, qui « a refusé la proposition » qu’ils lui ont soumise le 21 décembre et qui « a suspendu les négociations » sans plus de commentaires, a rappelé Réjean Leclerc, membre du comité de négociation des ambulanciers paramédicaux FSSS-CSN. Dans cette proposition, les ambulanciers acceptaient les augmentations salariales consenties aux employés de la fonction publique, mais ils réclamaient une réduction de l’échelle salariale ainsi qu’une bonification du régime de retraite. Selon M. Leclerc, peu d’employés gravissent les 16 échelons requis pour atteindre le salaire maximal, ou ils y parviennent si tardivement qu’ils ne peuvent en profiter très longtemps, car « la carrière d’un ambulancier est courte ». « Après 25 ans de service, un paramédic est très hypothéqué. Rares sont ceux qui travaillent jusqu’à 60 ans. Le travail est dur psychologiquement et physiquement. Il laisse des traces et des séquelles. Nous aimerions que le ministère reconnaisse ces particularités de notre travail, comme le gouvernement fédéral le fait pour les pilotes de ligne, les contrôleurs aériens, les agents correctionnels, les policiers et les pompiers », a fait valoir le négociateur, dont le syndicat réclame la suppression de « deux échelons pour arriver à 14, alors que pour des emplois comparables dans le secteur public, les échelles salariales comprennent en moyenne 12 échelons ».


Pour les mêmes raisons, le syndicat souhaite que l’employeur contribue davantage à leur régime de retraite.


100 % des services


Le mouvement de grève n’a aucunement diminué les services offerts, car 100 % des effectifs ont été maintenus en vertu de la Loi sur le maintien des services essentiels. Pour attirer l’attention sur leurs revendications, les ambulanciers ont toutefois refusé d’encadrer des stagiaires et de reconduire à son lieu d’origine le personnel médical accompagnant un patient à bord de l’ambulance. Ils ont omis de comptabiliser à des fins statistiques leurs allées et venues et ont actionné leur sirène sans raison. Depuis dimanche, ils ont troqué leur uniforme habituel pour la chemise blanche des cadres.


Pas de rencontres


Selon le ministre Réjean Hébert, les discussions avec les ambulanciers ne sont pas rompues. À preuve, « chacun examine des éléments de propositions échangés de part et d’autre. Nous aussi avons fait une proposition sur le régime de retraite qu’ils sont en train d’analyser présentement. Nous négocions de bonne foi dans l’espoir d’en arriver à une entente », a affirmé au Devoir le Dr Hébert, qui, pour expliquer la discrétion du gouvernement face à la proposition des ambulanciers, a déclaré qu’« on ne fait pas de négociations sur la place publique ». « Nous devons tenir compte du régime qui a été négocié avec l’ensemble des employés du secteur public. Il est bien sûr possible de faire un certain nombre d’aménagements à l’intérieur de ce régime dans le but de répondre à certaines de leurs demandes, mais compte tenu des finances de l’État, notre marge de manoeuvre est limitée », a-t-il précisé.


Le ministre a confirmé qu’aucune rencontre formelle n’a encore été fixée, mais il a annoncé que les membres du comité de négociations seront « contactés par téléphone dans les prochains jours afin de convenir de rencontres formelles ».

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