Trudeau rencontre la chef Theresa Spence

Theresa Spence mène, depuis le 11 décembre dernier, une grève de la faim pour dénoncer les conditions de vie des autochtones.
Photo: La Presse canadienne (photo) Cole Burston Theresa Spence mène, depuis le 11 décembre dernier, une grève de la faim pour dénoncer les conditions de vie des autochtones.

Le candidat à la chefferie du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, a rencontré mercredi la chef de la réserve d’Attawapiskat, Theresa Spence, qui mène depuis le 11 décembre dernier une grève de la faim pour dénoncer les conditions de vie des autochtones.

«Quel privilège de rencontrer Chief Theresa aujourd’hui. Une femme extraordinaire qui est prête à tout sacrifier pour son peuple », a écrit mercredi le député de Papineau sur son fil Twitter. M. Trudeau a également publié une photo de lui en compagnie de Theresa Spence.


La chef Spence se trouve sur une île de la rivière des Outaouais, dans un tipi. Elle a cessé de s’alimenter afin de sensibiliser le public à la réalité des communautés autochtones. Elle sollicite une rencontre avec le premier ministre Stephen Harper, sa femme Laureen, le gouverneur général David Johnston et les leaders des Premières Nations afin de discuter de la relation entre Ottawa et les communautés autochtones.


Il y a quelques jours, le sénateur conservateur Patrick Brazeau, ancien adversaire de boxe de M. Trudeau et qui appartient à la nation algonquine, a tenté, sans succès, de rencontrer Theresa Spence.

 

Manifestations


La grève de la faim de la chef Theresa Spence a lancé le mouvement de protestation autochtone « Idle No More », qui englobe plusieurs manifestations, dont un blocus des rails du CN à Sarnia, en Ontario, qui en est à son septième jour. La plupart des manifestations dénoncent la loi omnibus C-45 du gouvernement Harper. Les manifestants soutiennent qu’elle élimine les traités et les droits des autochtones énoncés dans la Constitution.


Une injonction a été prononcée donnant à la police municipale le pouvoir de mettre fin au blocus, mais le maire de Sarnia a déclaré que les autorités n’interviendraient pas si la manifestation demeurait pacifique. Les manifestants ont fait valoir que le blocus allait continuer jusqu’à ce que le premier ministre Stephen Harper rencontre Theresa Spence.


Le ministre canadien des Affaires autochtones, John Duncan, a affirmé mardi qu’il s’inquiétait pour la santé de Mme Spence. Dans une lettre envoyée à la chef, il se dit préoccupé par son bien-être et il l’exhorte à mettre fin à ce moyen de pression.


Dans sa missive, John Duncan dit avoir convié Theresa Spence à une rencontre, mais signale que cette dernière n’a pas donné suite à son invitation. Il ajoute également que le ministère des Affaires autochtones est prêt à mettre sur pied un groupe de travail composé de représentants du gouvernement et des Premières Nations afin de discuter des traités et autres dossiers entre Ottawa et les gouvernements autochtones. « Je reste préoccupé de votre santé et souhaite que vous acceptiez mon offre de discuter avec vous de la façon dont nous pourrions aller de l’avant pour améliorer les relations concernant les traités », a écrit le ministre dans sa missive. « C’est malheureux que vous ne vouliez pas discuter avec moi des questions que vous avez soulevées publiquement », a-t-il ajouté.


Avec La Presse canadienne

7 commentaires
  • Yves Claudé - Inscrit 27 décembre 2012 02 h 53

    2013 : L’année du “Printemps autochtone” !

    Madame Theresa Spence n’a pas attendu le dégel pour lancer l’appel, avec un courage désarmant. C’est inscrit dans le nœud de la patience et de l’impatience des Premières nations : 2013 sera l’année du “Printemps autochtone” !

    À l’orée des pistes des Mi'gmaqs, Lawrence Lepage a bien entendu depuis longtemps ces pas se déployant dans une autre énergie que celle de la trappe :
    «J'entends des cris, j'entends des pas, j'entends des rythmes au fond des bois
    J'entends la danse des indiens et leurs tamtams résonnent au loin
    J'entends leurs souffles dans la plaine, j'entends leurs coeurs battre de peine
    Comme on dirait une complainte qui vient du sud, qui vient du nord»
    (extrait de “Sol indien”)

    Le Québec ne pourra plus jamais porter fièrement son nom autochtone s’il ne se constitue pas en allié indéfectible de ces peuples premiers qui ont répandu l’esprit de l’Humanité sur les terres et les eaux des Amériques. Quant au Canada, devenu étendard d’une lugubre et industrielle féodalité, on se désolera encore de ce qui est advenu du nom sauvage des Français d’Amérique.

    Yves Claudé

    • Jacques Patenaude - Abonné 27 décembre 2012 10 h 11

      Joli texte que celui-là. Mais il faudra plus que celà. Qu'en est-il du gouvernement du parti québécois sur ces questions. Vous qui nous avez si éloquemment vendu le PQ, que feront-ils sur ce sujet. Ne serait-il pas nécessaire de les interpeller sur cette question?

    • Yves Claudé - Inscrit 27 décembre 2012 16 h 43

      Monsieur Jacques Patenaude,

      Je vous remercie pour vos compliments - cependant non mérités - de “joliesse” et d’“éloquence“.

      Pour répondre à votre question, je vous suggère de consulter, entre autres, le Devoir :
      «Picard et Marois: «le gouvernement précédent n'est jamais allé aussi loin»» (Le Devoir, 3 décembre 2012; (*)),

      Cordialement

      Yves Claudé

      (*) : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/365461/pi

    • Yves Claudé - Inscrit 28 décembre 2012 10 h 46

      Lawrence Lepage, est décédé dans la nuit de Noël.

      Sa voix, amie des autochtones, continue de nous inspirer :
      http://www.youtube.com/watch?v=8UFxlFxMM88

      Yves Claudé

  • André Michaud - Inscrit 27 décembre 2012 10 h 50

    Obligation de bonne gestion ?

    Chaque année, depuis des décennies, des centaines de millions ont été donné aux communautés autochtones, des maisons bâties...mais la situation ne s'est pas améliorée.

    Plusieurs communautés ont détruit leurs maisons ou les ont laissées à l'abandon, le taux de scolarisation n'a pas monté, le taux d'entreprises locales permettant l'emploi non plus, beaucoup de L'argent reçu va en achat de droques et alcool, la corruption pourrait donner raison à une enquête style Charbonneau..

    Les communautés doivent mieux gérer, et le ministère doit les aider à cet effet afin que l'aide des concitoyens canadiens finissent par faire une différence et rendre ces communautés plus autonomes et moins dépendantes. Et ce n'est pas en donnant plus d'argent que tout deviendrait mieux comme par magie.

    Ces communautées sont-elles motivées pour faire des efforts pour vraiment améliorer l'éducation et l'esprit d'entrepreneurship pouvant créer de l'emploi et éliminer la dépendance? Beaucoup de citoyens en doute..et voient ces communautés comme un puit sans fond pour la charité qui ne débouche pas sur l'autonomie économique. C'est trop facile de toujours blâmer le gouvernement pour la mauvaise gestion de ces communautés.

    • Pierre-Alexandre Cardinal - Inscrit 28 décembre 2012 10 h 46

      Le néo-colonialisme canadien est le problème. L'impérialisme dont nous faisons preuve en leur donnant «l'argent nécessaire», mais en ne leur donnant aucun moyen pour guérir la plaie créée par ce même argent est le fondement du problème.

      La centenaire tendance de l'État colonialiste à, pour reprendre l'expression bien connue, «tuer l'indien dans l'indien» est à la source du problème. Tant que les mentalités ne changeront pas, tant que les québécois/canadiens ne verront pas leur bien-être comme étant fondamentalement lié à celui des nations autochtones, qui est lui-même lié au bien-être de la nature, rien ne changera. Le changement nécessaire n'est pas au niveau de la gestion ou de la part que le gouvernement a à jouer dans la situation, les fonctionnaires ne font que ce qu'ils peuvent, ce qui est minime.

      Prenons par exemple le cas des écoles résidentielles où les jeunes autochtones furent envoyés; au lieu de faire un mea culpa sur ce qui est arrivé et de prendre notre part de blâme (qui est quasi-totale), on donne de l'argent pour compenser le mal; un bandage sur un bras coupé, un «désolé» pour un viol intellectuel. Attention de prendre sa part de blâme ne signifie pas simplement reconnaitre notre tort; il faut en discuter, il faut détruire les barrières ancestralement établies. Il faut dépasser le passé.

      L'erreur doit être corrigée; pas en leur donnant l'autonomie au sens occidental de la chose, pas en leur donnant de l'argent pour qu'ils participent au système de marché basé sur des idéologies euro-centriques. Il faut d'abord mettre un terme à la relation de fiduciaire entre l'État canadien, le bon père, et ses enfants un peu idiots qui n'arrivent pas à s'auto-gouverner, les nations autochtones. Le paternalisme est une gangrène sociale, sous toutes ses formes.

  • Gilles Théberge - Abonné 27 décembre 2012 14 h 12

    Quel vide...

    ««Quel privilège de rencontrer Chief Theresa aujourd’hui. Une femme extraordinaire qui est prête à tout sacrifier pour son peuple », a écrit mercredi le député de Papineau sur son fil Twitter.»

    Quel esbrouffeur!