Exposition - Des jouets et des hommes

L’exposition Mémoire de jouets se tient au Marché Bonsecours jusqu’au 5 janvier 2013.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’exposition Mémoire de jouets se tient au Marché Bonsecours jusqu’au 5 janvier 2013.

Pour les petits comme pour les grands, l’ours était, jusqu’en 1900, un animal sauvage dont personne n’osait s’approcher. Ce fut le cas jusqu’à ce qu’en 1902, le président américain Théodore Roosevelt, surnommé Teddy, revienne bredouille d’une chasse à l’ours organisée en son honneur au Mississippi. Invité par les organisateurs à tirer sur un ourson attaché à un arbre, Roosevelt s’y opposa. Les médias, charmés, s’emparèrent de l’affaire. Un an plus tard, le premier ours en peluche était créé et la popularité du célèbre nounours ne s’est pas démentie depuis.


C’est une anecdote qu’on retrouve parmi d’autres dans le cadre de l’exposition Mémoires de jouets, présentée depuis jeudi au Marché Bonsecours, en collaboration avec le Musée de la femme.


Les Teddy bears des premiers jours y côtoient les jouets de guerre, les Barbies habillées à la mode des années 1950, ou encore les jeux de société pour jouer comme les grands, à Carrières, ou au Monopoly.


Cécile Olivier, muséologue et historienne de l’art, souhaite que chacun puisse y « ressusciter son âme d’enfant ».


Les jouets plus anciens qui y sont présentés datent du XVIIIe siècle. C’est à cette époque, par exemple, que se développa beaucoup le concept des jouets de guerre, soutient Cécile Olivier, bien que certains jouets guerriers existent depuis l’Antiquité. Avec les soldats de plomb, on souhaitait inculquer l’esprit militaire aux garçons. Mais les filles, de leur côté, n’étaient pas en reste. Elles s’inventaient des jeux de rôle, poupées de nourrisson à l’appui, dans lesquels elles accueillaient les soldats de retour chez eux ou dans lesquels elles se chagrinaient de leur décès à la guerre.


Certains jouets arrivent au XXIe siècle intacts, après avoir traversé les millénaires. C’est le cas des toupies, par exemple, qui développe la dextérité de l’enfant, des hochets, des yo-yo, et des billes. « On a déjà trouvé un cheval à bascule dans une tombe égyptienne », raconte Cécile Olivier.


Les hochets étaient très populaires en Nouvelle-France, alors que les fillettes amérindiennes jouaient plutôt avec des poupées, dont elles cousaient elles-mêmes les vêtements.

 

Barbie et Bout d’choux


On ne raconte pas l’histoire du jouet sans parler de Barbie, cette poupée inventée dans les années 1950, qui fait toujours le bonheur des petites filles aujourd’hui. Largement perçue comme une femme-objet aujourd’hui, la Barbie des premières années était pourtant révolutionnaire, commente Cécile Olivier. Elle avait un compagnon sans être mariée, et a fait les cent métiers. La Barbie de l’époque regardait pourtant toujours de côté jusqu’à ce qu’on lui fasse conduire une voiture, en 1980.


Poupées de porcelaine, de papier mâché ou de celluloïd, elles ont été bercées et câlinées à l’envi. Mais la première poupée noire canadienne n’a été créée que dans les années 1960.


Dans les années 1980, une rupture de stock des poupées Bout d’choux, qui venaient avec un certificat d’adoption et à qui le fabricant envoyait une carte pour son premier anniversaire, a mené à la création du film La course au jouet, de Brian Levant, en 1996.

1 commentaire
  • Johanne St-Amour - Abonnée 21 décembre 2012 14 h 06

    Des jouets et des humains... peut-être?

    Je suis surprise qu'aujourd'hui nous sommes incapables de dire «humains» plutôt qu'hommes lorsqu'il s'agit de parler des humains, hommes et femmes. Je ne me sens pas partie prenante de cette expression. Et on voit souvent cette expression alors qu'il serait facile de dire, comme ici: Des jouets et des humains!