Vers la béatification de Paul VI

Vatican — Pape d’ouverture au règne agité par la contestation de l’après-Vatican II, Paul VI voit son service courageux de l’Église pendant 15 ans récompensé par Benoît XVI : ses « vertus héroïques » ont été reconnues jeudi, premier pas vers sa béatification.


Trente-quatre ans après sa mort, Benoît XVI a signé jeudi le décret qui rend « vénérable » ce pape italien à la silhouette fragile et au visage grave. Pour que la béatification puisse intervenir, il faut encore qu’un miracle lui soit reconnu, mais plusieurs guérisons inexplicables sont mises déjà à son crédit par les diocèses.


La béatification, qui est le stade préalable à une éventuelle canonisation, pourrait avoir lieu à la fin de « l’Année de la foi » à l’automne 2013 : une manière aussi pour Benoît XVI de reconfirmer la validité du grand Concile que Giovanni Battista Montini avait conduit à son terme en 1965.


Parmi tous les papes de l’après-guerre, Jean Paul II (en un temps record) et Jean XXIII sont déjà bienheureux. La cause du « pape au sourire », Jean Paul Ier, qui a régné un peu plus d’un mois entre Paul VI et le pape polonais, serait en bonne voie. Quant à Pie XII, un décret de 2009 de Benoît XVI l’avait fait « vénérable », mais, depuis lors, la cause progresse lentement, en raison des critiques sur son attitude jugée par certains trop passive durant la Shoah.

 

Non à la contraception


Paul VI aura eu un pontificat particulièrement actif, marqué par les premiers voyages d’un pape dans le monde, de l’Inde à l’Ouganda et à la Colombie, des Nations unies à la Terre sainte, et des encycliques importantes. Il aura instauré un dialogue sans précédent avec les autres confessions religieuses.


Il a affronté les plus acerbes critiques pour avoir dit non, après des mois d’apparentes hésitations et d’arbitrages, à la contraception, dans l’encyclique Humanae Vitae en 1968 : une décision qui le fera étiqueter comme rétrograde, après avoir eu une image d’ouverture.