Les aînés ont besoin de visite

Un tiers des patients vivant en centre hospitalier de soins de longue durée souffriraient de solitude à des degrés divers.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Un tiers des patients vivant en centre hospitalier de soins de longue durée souffriraient de solitude à des degrés divers.

Alain Martel, bientôt 65 ans, souffre de spina-bifida. Depuis quatre ans, il vit au CHSLD Saint-Georges, rue Saint-Urbain, à Montréal. Célibataire et sans enfants, il sort, les 24 et 25 décembre, chez deux de ses soeurs.


« Je suis bien entouré », disait-il mardi, à l’occasion du lancement d’une campagne visant à faire visiter davantage les aînés. Antoinette Brisson, 91 ans, a trouvé difficile de quitter son appartement du Village olympique en raison de ses problèmes de santé. « Mes enfants m’ont aidée à faire mon ménage. J’avais plein de souvenirs de vieille madame. Maintenant, j’essaie de me souvenir de ce que j’avais. On finit par se résigner », raconte-t-elle.


Les deux soeurs de Mme Brisson ne conduisent plus, mais elle peut se prévaloir du transport adapté. « Je sors deux fois par semaine. »


L’impact de la solitude


Selon Jean Hébert, directeur général de l’Association des établissements privés conventionnés, un tiers des patients vivant en centre hospitalier de soins de longue durée souffriraient de solitude à des degrés divers.


Or, les gens qui souffrent d’isolement et de détresse psychologique ont plus de chances de connaître des problèmes physiques et psychologiques.


« L’affection ne se remplace pas », faisait valoir hier le psychiatre Yves Lamontagne, qui a accepté de parrainer la campagne. Le psychiatre ajoute que même une personne souffrant d’Alzheimer peut apprécier la visite, même si elle a du mal à communiquer avec son entourage.


De son côté, le regroupement provincial des comités d’usagers a lui aussi lancé une campagne pour susciter les visites de proches aux aînés, le 4 décembre dernier.


« On a été vraiment étonnés par la quantité de réponses qu’on a reçues, raconte Pierre Blain, président de regroupement. Beaucoup de familles de nouveaux immigrants, qui ont des enfants ici mais qui n’ont pas leurs parents, ont offert de faire des visites à des aînés ».


Devant la quantité de réponses reçues, le Regroupement a dû remettre à l’année prochaine la coordination de ses activités.


Avec une espérance de vie qui devrait atteindre 81 ans pour les hommes et 86 ans pour les femmes en 2016, il est à prévoir que de plus en plus d’aînés vivront en CHSLD.


Le lancement de mardi s’appuyait entre autres sur la récente sortie publique de Josée Major, une résidante de Lachine. « Nous ne devons pas seulement ajouter des années à la vie, mais nous devons aussi ajouter de la vie aux années », écrivait-elle.

2 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 19 décembre 2012 09 h 33

    De la vie-site

    Et si chaque usager avait un iPod dans sa chambre, les relations pourraient être entrenues. Par le visuel. Spécialement en temps de tempête, de grippe...

    L'essentiel passe par le visuel.

    Et s'il y avait mensuellement un forum d'échanges philosophiques ? Pour visiter nos pensées, nos visions, partager nos certitudes et nos doutes profonds, ...

    Oui à la VIEsite!

  • France Marcotte - Inscrite 22 décembre 2012 19 h 56

    Plusieurs solitudes ensemble

    Je ne comprends pas très bien.

    En CHSLD, les gens ne sont pas seuls, ils sont plusieurs.

    Qu'est-ce qui empêche de se faire ensemble une vie communautaire?

    Même là, on attend des directives comme on l'a fait toute sa vie?