Guignolée du Dr Julien - Au-delà de l’argent, les politiques sociales

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	La collecte de dons pour la Fondation du Dr Julien, qui se termine le 15 janvier, a permis d’amasser 550 000 $. </div>
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir
La collecte de dons pour la Fondation du Dr Julien, qui se termine le 15 janvier, a permis d’amasser 550 000 $. 

Autant le succès de la dixième Guignolée du Dr Julien traduit la grande volonté populaire d’aider les enfants en difficulté, autant cette réussite contraste avec l’inefficacité des politiques sociales actuelles.

Ce constat en demi-teinte, c’est celui que tire le docteur Gilles Julien au lendemain de sa guignolée qui, à mi-chemin dans la collecte de dons pour la Fondation du Dr Julien qui se termine le 15 janvier, a permis d’amasser 550 000 $. Le montant est plus que satisfaisant selon le pédiatre social, qui le compare aux 508 000 $ récoltés l’an dernier à pareille date.
 
Toutefois, au lendemain d’une journée qu’il a qualifiée d'« exaltante », le Dr Julien se désole de constater que la population peine à trouver des projets où canaliser son désir d’engagement, surtout qu’elle est prête à s’engager selon lui. Fait à noter, 500 bénévoles ont participé à la guignolée, samedi.
 
Pour permettre aux gens de s’engager, donc, il faut mettre un terme à la pensée magique qui veut que l’école « règle tout », lance le docteur, non sans souligner l’ironie qui veut que dans le quartier montréalais Hochelaga-Maisonneuve, où sa fondation a lancé un centre de pédiatrie sociale, trois écoles ont fermé en raison de la présence de moisissures. Les enseignants, « même très bons », ne peuvent donc pas y arriver seuls, avertit le Dr Julien.
 
Il semble ainsi que la grande question consiste à trouver des moyens permettant aux collectivités de se « réapproprier leurs enfants » pour effectuer le travail « de base » avant de transférer leurs demandes à l’État, selon le pédiatre. Le Dr Julien espère voir de nouvelles initiatives communautaires comme la sienne voir le jour et encourage la créativité, comme la mise en place de projets originaux et l’élaboration de nouvelles manières de travailler avec les enfants. Il évoque une « urgence à revoir notre façon de faire et nos politiques » pour réduire les coûts des services offerts et en augmenter l’efficacité.
 
« Si on intervient bien dans les communautés avec les enfants, on peut en apporter un bon nombre sur des trajectoires de succès avec un bon accompagnement, croit-il. Le cerveau peut régénérer des connexions même quand elles ont été brisées par toutes sortes de traumatismes. Pas besoin d’attendre les comités, nous savons quoi faire ! Il faut maintenant que le politique suive, qu’il remette en question les façons de faire. »
3 commentaires
  • Serge Grenier - Inscrit 17 décembre 2012 07 h 53

    Qui décide quoi ?

    «... autant cette réussite contraste avec l’inefficacité des politiques sociales actuelles»

    On l'a bien vu avec le gouvernement Marois qui avait de bien belles intentions en campagne électorale, mais semble avoir les pieds et les poings liés depuis qu'il est élu : ce n'est pas le gouvernement qui décide, mais les agences de notation et les corporations. Et ces gens-là n'en ont rien à cirer des enfants...

  • Christian Montmarquette - Abonné 17 décembre 2012 09 h 05

    Pourquoi le Dr Julien ne donne-il pas ses heures dans le système public ?


    Pour financer ses cliniques, le bon Dr Julien s'est accaparé la quasi-totalité des des fonds de développement du gouvernement du Québec et de la fondation Chagnon.

    - Pourquoi le Dr Julien ne donne-il pas ses heures de travail dans un CLSC. plutôt que d"enlever 18 employés-es au système public?

    «...ce sont les plus vulnérables qui souffrent le plus de la perte des services de proximité. Le personnel du Dr Julien dans Hochelaga-Maisonneuve est de 18 personnes; c'est plus que toute la «première ligne adultes» de mon CSSS, qui couvre quatre territoires défavorisés de CLSC.», affirme dans un article du Devoir Monique Moquin-Normand, travailleuse sociale, mère de trois enfants et résidente de Hochelaga-Maisonneuve.

    Donner au Dr Julien, qui a déjà reçu un million $ du gouvernement pour financer son «œuvre privée», appauvrit le système public, qui lui, offre des services équitables et accessibles à tous.

    Il est à noter qu'on entend parler des revenus de son organisme mais jamais du montant que cela rapporte au Dr Julien lui-même.

    Christian Montmarquette
    Montréal

    Référence :

    «Services sociaux - Donner au Dr Julien en appauvrissant le système public» ;

    http://www.ledevoir.com/non-classe/294168/services

    .

  • France Marcotte - Inscrite 17 décembre 2012 16 h 12

    Dites-moi ce que j'éprouve au juste

    «...la grande question consiste à trouver des moyens permettant aux collectivités de se « réapproprier leurs enfants » pour effectuer le travail « de base » avant de transférer leurs demandes à l’État, selon le pédiatre.»

    La population éprouve un désir d'engagement. Voilà un nouveau son de cloche sur ce qu'on éprouve et ma foi, je crois que c'est vrai.

    Il y a quelque chose qui nous sépare de la réalité sentie, qui nous sépare de nous-mêmes.

    Est-ce une définition de l'aliénation?

    Je ne suis pas certaine mais je crois que je commence à comprendre, le voile perd de son opacité.