Newtown: les 20 enfants tués étaient tous âgés de 6 ou 7 ans

Newtown –  Selon le coroner-en-chef du Connecticut, toutes les victimes tuées dans une école primaire de Newtown ont été atteintes de plusieurs balles d'un fusil semi-automatique. Les autorités ont commencé à dévoiler l'identité des victimes. Des 20 enfants tués, huit étaient des garçons et 12 étaient des filles. Ils étaient tous âgés de 6 ou 7 ans. Les six adultes tués à l'école étaient toutes des femmes.

Le Dr H. Wayne Carver a déclaré que toutes les morts reliées à la tuerie étaient considérées comme des homicides. Il a affirmé avoir examiné sept des 20 enfants tués, tous ont subi de «blessures dévastatrices». Deux des victimes qu'il a examinées avaient été atteintes à bout pourtant. Il n'a pu dire combien de projectiles avaient été tirés, ajoutant qu'il «serait chanceux s'il pouvait seulement dire combien il en a trouvé».

Les policiers refusent officiellement d'identifier le tueur.

Les enquêteurs tentent toujours d'en savoir plus long sur le présumé tireur, Adam Lanza, âgé de 20 ans. Ils ont interrogé son frère ainé, lequel ne serait pas impliqué dans le massacre survenu à l'école élémentaire Sandy Hook située dans la petite ville prospère de Newtown, à moins de 100 kilomètres de New York.

Le coroner a reconnu qu'il s'agissait du pire cas depuis le début de sa carrière, il y a 30 ans.

Selon des témoins, la directrice de l'école, Dawn Hochsprung, aurait été tuée alors qu'elle tentait de neutraliser le meurtrier. Des administrateurs l'ont vue sortir d'une réunion et se diriger vers lui. Mme Hochsprung travaillait à l'école depuis deux ans et était aimée des résidants, selon la présidente de la commission scolaire locale, Debbie Liedlien, et le président du conseil municipal, Jeff Capeci.

Plus tôt, un porte-parole de la police de l'État du Connecticut, le lieutenant Paul Vance, avait indiqué que Lanza avait forcé son entrée à l'intérieur de l'établissement.

Selon des sources, les enquêteurs auraient trouvé «de très bonnes preuves» sur les possibles motifs du tueur âgé de 20 ans. Celui-ci a été décrit comme un être brillant, mais réservé.

M. Vance a affirmé en matinée que les policiers auront besoin d'au moins une à deux journées supplémentaires avant de dévoiler plus de détails.

Des témoins ont mentionné que Lanza n'avait pas dit un mot lorsqu'il avait pointé son arme sur des enfants âgés entre cinq et 10 ans, avant de s'enlever la vie. Les corps des victimes se trouvaient toujours à l'intérieur de l'école samedi matin, et les autorités se préparaient à dévoiler leurs noms plus tard dans la journée.

Les réactions suscitées par la tuerie de Newtown ont été vives partout à travers le monde, rappelant à certains celle de Dunblane, survenue en 1996 dans une petite ville écossaise qui a coûté la vie à 16 jeunes enfants et mené à un contrôle plus strict des armes à feu.

La pression sur Obama

Le président Barack Obama aura maintenant la pression de prendre des mesures similaires, lui dont les commentaires à la suite de la tragédie font partie des moments les plus émotifs de sa carrière à la présidence.

«La plupart des victimes étaient des enfants», a dit Obama, qui avait du mal à garder son sang-froid. Il a promis «des mesures significatives» sur la question des tueries, «indépendamment de la politique».

L'enquête sur place se poursuivra pendant au moins deux jours, et il semble maintenant évident que le tireur de 20 ans a pénétré par force dans les lieux.

À l'abri

Une bibliothécaire de l'école élémentaire Sandy Hook, Maryann Jacob, s'est également adressée aux médias. Elle était avec trois autres adultes qui accompagnaient un groupe d'enfants à l'intérieur de l'école.

Mme Jacob a raconté que les jeunes connaissaient bien la routine de confinement barricadé telle qu'enseignée lors d'exercices précédents. Ils s'étaient réfugiés à un endroit spécifique à l'intérieur de la bibliothèque, à l'abri des regards et des fenêtres. Puisque la porte de la bibliothèque n'était pas verrouillée, ils se sont réfugiés dans un local d'entreposage où ils ont pu barrer la porte.

Elle a dit aux journalistes que les enfants ignoraient s'il s'agissait d'un exercice ou non. Selon elle, les adultes étaient au courant de la présence d'un tireur à l'intérieur de l'école. Ils avaient fourni du papier et des crayons à colorier aux enfants pour les inciter à rester calme.

Maryann Jacob a parlé d'un terrible drame puisque tout le monde se connaît à Newtown. Elle a ajouté que c'est impossible qu'une personne ne soit pas affectée par cette tuerie qui a coûté la vie à 20 enfants et huit autres personnes, dont la directrice de l'école qu'elle connaissait bien.

Un représentant de la loi a déclaré qu'un Glock et un Sig Sauer, tous deux des pistolets, ainsi qu'un fusil Bushmaster de calibre ,223 ont été retrouvés à l'intérieur de l'école. Il a ajouté qu'une quatrième arme a été retrouvée à l'extérieur et que les enquêteurs allaient se rendre dans les clubs de tirs et magasins d'armes à feu avoisinants pour voir si Lanza les fréquentait.
5 commentaires
  • Baudouin Petit - Inscrit 16 décembre 2012 05 h 06

    La Constitution falsifiée

    Le 2ème amendement à la Constitution des Etats-Unis dit ceci : « A well regulated militia being necessary to the security of a free State, the right of the People to keep and bear arms shall not be infringed. »

    Selon ce texte, le droit de s’armer est collectif, plus politique qu’individuel, ce qui entraîne ipso facto des restrictions : s’inscrire à une milice bien régulée qui soit l’expression légitime et démocratique du peuple. Les interprétations de la National Rifle Association ne sont donc pas seulement tendancieuses, elles sont une falsification de l’intention du législateur, et servent l'agenda cynique du lobby des armes. Dans ces conditions, l'impuissance des pouvoirs publics à maîtriser ce problème traduit une capitulation devant des intérêts sordides, à la faveur d’un déficit effarant d’honnêteté intellectuelle, de rigueur morale et de courage politique, masqué par l’hypocrisie et des larmes de crocodile.

    • François Dugal - Inscrit 16 décembre 2012 09 h 11

      Merci pour cette explication claire, monsieur Petit.

  • François Dugal - Inscrit 16 décembre 2012 07 h 53

    Le peuple américain

    Le peuple américain pleure, la NRA demeure.

  • André Michaud - Inscrit 16 décembre 2012 09 h 55

    Tuer sa mère !!

    Graves problèmes psycholigiques quand on tue sa mère. Hélas personne ne peut nous préserver de la folie...aux USA ou ici comme cette maman qui a tué ses enfants..

    Restreindre les armes à répétition aurait au moins limité le nombre de morts, sans atteindre aux droits reconnus dans la constitution..

  • Louise Lefebvre - Inscrite 16 décembre 2012 13 h 45

    La source du problème...

    Il serait temps que les victimes collatérales réagissent conjointement et pousuivent les fabricants de ces armes qui distribuent ces machines à tuer dans des magasins accessibles à tous...Si un fabricant de produit chimique distribuait de l'arsenic, poison mortel, se retrouvait sur les tablettes de pharmacie accessible à tous, il y aurait un problème alors je ne comprends pourquoi on accepte le commerce des armes de guerre car une arme sert à tuer comme l'arsenic sert à empoisonner...
    L'accessibilité engendre aussi une banalisation de l'arme à feu comme si c'était un jouet ou un bel objet...un arme sert à tuer et il na faut pas se surprendre que certains individus s'en servent.
    Les fabricants et distributeurs d'armes devraient être considérés responsables de de genre de situation.