Une fusillade dans une école du Connecticut fait 26 morts

Newtown, Connecticut — Un jeune homme a abattu sa mère avant de se rendre à l'école primaire du Connecticut où elle a enseignait. Il y a ouvert le feu, tuant 26 autres personnes, dont 20 enfants, dans ce qui constitue l'une des pires tueries de l'histoire des États-Unis. De jeunes élèves évacués de l'école par la police se sont fait dire de fermer les yeux.

«Nos coeurs sont brisés aujourd'hui», a déclaré le président Barack Obama lors de l'un des points de presse les plus émotifs de sa présidence. Il s'est essuyé les yeux à plusieurs reprises et semblait très ému.

Les victimes étaient de jeunes enfants âgés de 5 à 10 ans seulement, a-t-il dit. «Ils avaient toute la vie devant eux: des anniversaires, des remises de diplômes, des mariages, avoir leurs propres enfants.»

Les élèves de l'école primaire Sandy Hook font partie des plus jeunes victimes de tueries dans l'histoire récente des États-Unis.

Débat sur les armes

Le débat sur le contrôle des armes à feu a resurgi une nouvelle fois. Le président a déclaré que les États-Unis avaient trop souvent vécu de tels drames et que le pays devait se rassembler pour prendre des mesures significatives, «peu importe la politique». Il n'a pas donné de détails.

L'attaque à l'école Sandy Hook, à moins de deux semaines de Noël, est la deuxième plus meurtrière de l'histoire des États-Unis, après la fusillade à l'université Virginia Tech en 2007, qui avait fait 32 morts.

Mais cette fois-ci, les victimes étaient beaucoup plus jeunes. Des photos prises sur les lieux montraient de jeunes élèves, certains en pleurs, escortés par des adultes en file indienne à travers un stationnement. Des enfants ont dit à leurs parents qu'ils avaient entendu des détonations et des cris dans l'interphone de l'école. Les enseignants leur ont dit de se cacher dans les placards et dans les coins.

La police du Connecticut a indiqué que 18 enfants avaient été retrouvés morts dans l'école et que deux autres avaient été déclarés morts un peu plus tard. Six adultes ont également été retrouvés morts sur les lieux. La police a précisé qu'une autre personne avait été retrouvée morte dans un autre endroit, portant le bilan à 28 morts.

Le gouverneur de l'État, Dannel P. Malloy, a indiqué qu'une personne qui vivait avec le tireur était morte. Il s'agit de sa mère, Nancy Lanza. Selon les renseignements, l'homme se serait rendu, avec trois armes à l'école en utilisant l'automobile de sa mère.

La police n'a donné aucun détail sur le mobile du massacre.

Adam Lanza, 20 ans

Un responsable de l'application de la loi a déclaré que le suspect, Adam Lanza, âgé de 20 ans, avait succombé aux blessures qu'il s'est lui-même infligées, et qu'il était le fils de l'une des enseignantes de l'école.

Le frère aîné d'Adam Lanza, Ryan, 24 ans, a été interrogé par la police, mais des responsables ont indiqué qu'il était «extrêmement coopératif» et qu'il n'était pas en état d'arrestation.

Ryan Lanza est toujours interrogé par les autorités, mais il n'est pas détenu et il n'aurait aucun lien avec la fusillade, selon un responsable, qui a réclamé l'anonymat. Ryan Lanza n'était plus en contact avec son frère depuis quelques années, d'après ce responsable.

Selon un autre responsable, le suspect est arrivé à l'école au volant de la voiture de sa mère. Trois armes ont été découvertes après la tuerie: un pistolet Glock, un pistolet Sig Sauer et une carabine Bushmaster de calibre .223

Ce responsable a également indiqué que la copine d'Adam Lanza et un autre ami étaient portés disparus au New Jersey.

Une communauté sous le choc

La tuerie a profondément choqué cette petite communauté tranquille, située dans l'un des comtés les plus riches des États-Unis, à 96 kilomètres au nord-est de New York. Des parents anxieux se sont précipités à l'école pour retrouver leurs enfants.

Robert Licata a déclaré que son fils de six ans était à l'école quand le tireur est arrivé et a tiré sur son professeur. «C'est là que mon fils a attrapé ses amis et qu'ils ont couru vers la porte», a-t-il raconté. «Il a été très brave. Il a attendu ses amis.»

Selon M. Licata, le tireur n'a rien dit aux élèves.

Stephen Delgiadice a raconté que sa fille de huit ans avait entendu deux fortes détonations et que son enseignant avait dit aux élèves de se cacher dans un coin. Sa fille n'a pas été blessée.

«C'est inquiétant, en particulier à Newtown, que nous avons toujours considérée comme la ville la plus sûre des États-Unis», a-t-il dit.

Mergim Bajraliu, un jeune homme âgé de 17 ans, a entendu l'écho des tirs de sa maison et a couru jusqu'à l'école pour prendre des nouvelles de sa sœur de neuf ans. La fillette, qui n'a pas été blessée, lui a dit qu'elle avait entendu un cri dans l'interphone de l'école. Selon lui, les enseignants pleuraient et tremblaient en sortant de l'édifice.

«Tout le monde était complètement traumatisé», a-t-il dit.

De douloureux souvenirs

La tuerie a ravivé les douloureux souvenirs d'autres massacres survenus dans des écoles aux États-Unis, dont celui de Columbine, au Colorado, qui avait fait 15 morts en 1999.

«Je pense qu'en tant que société, nous devons nous unir tous ensemble. Ces décès insensés doivent cesser», a déclaré le directeur de l'école Columbine, Frank DeAngelis.

Quelque 200 personnes se sont rassemblées vendredi soir devant la Maison-Blanche à Washington pour une veillée aux chandelles. Des orateurs ont appelé le président Obama à faire pression pour un plus grand contrôle des armes à feu et ont déclaré que la fusillade au Connecticut n'était que le plus récent épisode d'une épidémie de violence liée aux armes.

Le révérend Michael McBride, d'Oakland, en Californie, qui était à Washington dans le cadre d'une campagne pour dénoncer la violence, a appelé Barack Obama à prendre position en faveur du contrôle des armes avant son prochain discours sur l'état de l'Union, ou pendant son discours.

«Les platitudes et les condoléances ne servent à rien. Nous avons besoin d'actions», a dit M. McBride.
25 commentaires
  • Jérémie Poupart Montpetit - Inscrit 14 décembre 2012 14 h 13

    "from my dead cold hands"

    et après, on se demande quels sont les motifs qui injustifient un contrôle plus restreint des armes à feu au sein des divers communautés d'amérique du nord...

    Le droit de se défendre et d'avoir une arme ? étrangement, ces fussillades semblent de plus en plus fréquentes aux états-unis. Certes je ne tient pas à faire l'apologie du feu régime des armes à feu, mais quand même, nous sommes en droit de nous demander comment l'effet réel de cette législation trop molle et peu restrictive à l'endroit du port des armes à feu... et encore une fois, trop de victimes innocentes seront impliqués à cause de l'effet dévastateur d'un manque de contrôle...

    J. Poupart Montpetit

  • Constance Babin - Abonnée 14 décembre 2012 14 h 18

    Vive la constitution américaine .

    Tant qu'il n'y aura pas de lois plus sévères sur le port d'arme, il y aura des actes ausi monstrueux aux États-Unis... très très triste...

  • Francois Cossette - Inscrit 14 décembre 2012 15 h 12

    Encore ...

    C'est cela un pays quand tout le monde a un gun.
    Et c'est ce genre de pays que les conservateurs de Stephen Harper voudrait faire avec le canada. Les americains ont raison d'avoir peur mais non pas des terroristes mais bien plus de leurs voisins armes jusqu'au dent.

  • François Ricard - Inscrit 14 décembre 2012 15 h 20

    Le deuxième amendement

    Un autre carnage : 29 personnes dont 22 enfants.
    Ces évènements, ce dernier en particulier, illustrent de façon claire la nécessité d’imposer un contrôle des armes à feu.
    Nos voisins Américains devront apporter des changements majeurs à leur fameux 2ième amendement auquel ils ont tenu jusqu’à maintenant plus qu’à la prunelle de leurs yeux, plus qu’à plusieurs de leurs enfants.
    C’est aussi l’occasion pour le gouvernement canadien de reconsidérer sa politique face à cette question des armes à feu. À date, le Québec est la seule province qui, en gardant le registre des armes, fait quelque chose en ce sens.
    C’est une bonne occasion pour le ROC de faire un bon examen de conscience.

    • Pierre Coutu - Inscrit 14 décembre 2012 17 h 16

      Bien vu. Je souhaite aux cowboys Conservateurs (et à Trudeau fils) ainsi qu'à tous ceux qui appuient ce laxisme incensé quant au contrôle des armes à feu, un électrochoc.

  • Michel Lebel - Abonné 14 décembre 2012 16 h 32

    Respect et silence!

    Pour le moment: prières ou pensées pour les victimes et proches. Après, voir ce qui peut être fait pour que ça ne se répète pas.

    Michel Lebel