Trois ex-hauts gradés de la SQ sont l’objet d’une enquête

La Sûreté du Québec est ébranlée par des cas présumés de malversations qui touchent la haute direction. L’ex-directeur général Richard Deschesnes, l’ex-patron des enquêtes criminelles Jean Audette ainsi que l’officier Steven Chabot auraient fait une « utilisation inappropriée » du fonds d’opérations spéciales.


Le 28 novembre, six semaines après être entré en fonction, le nouveau directeur général de la SQ, Mario Laprise, a communiqué avec le sous-ministre de la Sécurité publique pour que le ministre Stéphane Bergeron soit avisé des soupçons pesant sur les trois hauts gradés. Dès lors, le ministre Bergeron a demandé que soit instituée une enquête en vertu des nouvelles règles mises de l’avant par le projet de loi 12.


Une équipe indépendante a été formée pour faire enquête. On y retrouve des policiers à la retraite (provenant de la SQ et du SPVM), des civils ainsi qu’un procureur de la Direction des poursuites criminelles et pénales.


« S’il y a eu malversation, les gens seront poursuivis », a affirmé Jacqueline Aubé, attachée de presse du ministre Bergeron. Il s’agit d’allégations de nature criminelle, les plus graves que l’on puisse imaginer pour des policiers de carrière. D’ailleurs, M. Audette est le seul des trois qui était toujours en fonction lundi. Il avait été muté récemment à la grande fonction de l’administration de la SQ.


Le ministre apportera des précisions lors de son entrée au conseil des ministres ce mercredi lors de la réunion hebdomadaire.

 

« Des choses bizarres »


Mme Aubé a indiqué que Mario Laprise a été prévenu rapidement à son arrivée en poste « qu’il y avait des choses bizarres dans la gestion administrative de la SQ ». Le fonds d’opérations spéciales sert essentiellement aux grandes enquêtes menées par le corps policier. Il s’agit de dépenses secrètes qui ne sont jamais dévoilées lorsque la SQ se plie au jeu politique de l’étude des crédits. Ces fonds peuvent notamment être utilisés pour faire de l’écoute électronique.


Il a été impossible de savoir si ce qui est reproché à MM. Deschesnes, Audette et Chabot, s’apparente à une utilisation personnelle ou professionnelle, mais non conforme de ces fonds.


La nouvelle lancée en fin de journée par La Presse a eu l’effet d’une bombe dans les rangs de la SQ. On parlait de « malheur ». Les gens qui ont travaillé aux côtés de Richard Deschesnes de longue date ne peuvent pas croire à des malversations de sa part. « S’il a fait quelque chose, il n’a jamais parlé de ça à personne. C’est un gars qui est droit », a affirmé une source anonyme au sein de la SQ.


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Avec la collaboration de Brian Myles

9 commentaires
  • François Ricard - Inscrit 12 décembre 2012 07 h 36

    Nouveau patron

    Encore heureux que le ministre se soit avisé de nommer un nouveau patron.
    Je crois qu'il faudrait faire la même chose à Hydro-Québec. L'ïle d'Anticosti, le public l'a toujours à travers la gorge.

    • Jean Boucher - Inscrit 12 décembre 2012 11 h 24

      Encore des ambitieux qui se croient tout permis! Avaient-ils toutes les qualifications nécessaires pour occuper leur poste ou avaient-ils de bons contacts? Se sont-ils inscrits à des concours de recrutment? Y a-t-il eu des comités de sélection? Qui a pris la décision finale de ces nominations?

      Heureusement qu'il y a eu un changement de gouvernement. Si ces trois personnes étaient encore en poste, ils continueraient peut-être de piger «libéralement» dans la manne provenant des payeurs de taxes, obligés de payer sans dire un mot entre les élections et considérés comme des cruches durant les élections.

  • Serge Grenier - Inscrit 12 décembre 2012 08 h 15

    Ça ne fait que commencer...

    Ça va prendre de nombreuses autres Commissions Charbonneau : pour la police, pour la justice, pour l'éducation, pour la santé, pour les mines, pour les minicentrales, pour l'agriculture, pour les grands médias, pour les sports, etc.

    • François Robitaille - Inscrit 12 décembre 2012 18 h 26

      Pour tous les citoyens? Vous rêvez à un état policier?

    • François Dugal - Inscrit 12 décembre 2012 22 h 06

      Il y a du pain sur la planche ...

  • François Dugal - Inscrit 12 décembre 2012 08 h 29

    Le petit chaperon rouge

    - Dis, mère-grand, qu'est-ce qui arrive quand les hauts-gradés de notre police sont des ripoux?
    - On est dans le trouble, mon enfant.

  • Henrick Guillemette - Inscrit 12 décembre 2012 08 h 40

    Omertà

    Le fait que le groupe d’enquêteurs soit formé, entre autres, de policiers à la retraite de la SQ et de la police de Montréal suggère plus le « cover-up » que l’enquête transparente, rien qu’à penser l’Omerta dont sont imprégnés ces corps policiers.

    Donc, rien de changé dans la corruption qui caractérise le QC et la façon de la déloger.

  • Franklin Bernard - Inscrit 12 décembre 2012 11 h 15

    Encore une enquête sur la police menée par des policiers ou ex-policiers

    On sait d'avance ce que vont être les conclusions: aucun blâme.

    Est-ce que ça va finir un jour?