15 000 éthylotests gratuits à la sortie des bars

En cette semaine de prévention de la toxicomanie, 100 bars, tavernes et brasseries du Québec distribueront gratuitement 15 000 éthylotests à leurs clients, dans la nuit du 23 au 24 novembre, pour prévenir la conduite en état d’ébriété. Cette « nuit magique », telle que désignée par ses organisateurs, en est à sa deuxième édition cette année. L’année dernière, 27 propriétaires d’établissement seulement y avaient participé.

Une nuit, c’est bien peu si on calcule qu’environ 180 décès sur les routes québécoises par année sont liés à la consommation d’alcool. C’est peu aussi lorsqu’on sait que, dans un pays comme la France, depuis l’été dernier, chaque véhicule est tenu d’avoir à son bord un éthylotest non utilisé pour mesurer l’aptitude du conducteur à tenir le volant.


« Ceux que nous visons, ce sont les gens qui boivent socialement, ceux qui ont bu une bouteille de vin à deux, par exemple », explique Stéphane Maurais, d’Alcoprévention Canada, une firme qui assure la distribution des éthylotests. Ce sont précisément ceux qui ne sont pas convaincus qu’ils ont un taux trop élevé d’alcool dans le sang pour conduire.


« Il y a quelques années, une étude a été menée auprès de 12 000 personnes, poursuit M. Maurais. Du lot, 40 % ayant un taux d’alcoolémie supérieur à la limite permise de 0,08 % et la moitié des répondants de ce groupe pensaient pourtant qu’ils étaient aptes à conduire. » Le projet vise aussi à sensibiliser les établissements détenant des permis d’alcool à la délicate question de l’alcool au volant.


Un code d’éthique


Il y a plusieurs années, un établissement des Cantons-de-l’Est a déjà dû verser 250 000 $ en dommages et intérêts pour avoir accepté de servir de l’alcool à un client qui était déjà en état d’ébriété et qui a pris le volant en sortant, relève Jean-Jacques Beauchamp, président de la Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec. M. Beauchamp souhaite ardemment l’adoption d’un code d’éthique pour les tenanciers de bar ainsi qu’une formation continue pour les employés de ces bars en matière de consommation responsable d’alcool.


C’est après avoir perdu sa fille de 21 ans, percutée par une conductrice qui roulait sur l’autoroute en sens inverse de la circulation, que Lise Lebel a créé la Fondation Katerine Beaulieu, qui soutient la nuit magique. « La nuit magique s’occupe d’une soirée dans l’année, nous nous occupons des 364 autres jours », dit-elle, faisant référence aux nombreuses activités dans les écoles et dans les établissements détenteurs de permis d’alcool que la fondation organise, contre la conduite en état d’ivresse.

1 commentaire
  • Leclerc Éric - Inscrit 22 novembre 2012 12 h 40

    Alcool et plaisirs d'abord, au diable les risques!

    Même Jean-Marie de Konick qui a eu l'idée géniale de créer Opération Nez-Rouge en 1984 ne pourra empêcher les jeunes de consommer sans modération. L'alcool et sa consommation est directement associée au plaisir, la satisfaction de combler des besoins d'enivrement et de socialiser sans contraintes. C'est comme l'amour sans protection, qui aujourd'hui des 12-25 ans est vraiment conscient du mot DANGER de jour en jour?