Secteur scientifique - Et les insectes voleront toujours…

Jacinthe Leblanc Collaboration spéciale
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	Georges Brassard, entomologiste et fondateur de l’Insectarium de Montréal</div>
Photo: Alliance Atlantis
Georges Brassard, entomologiste et fondateur de l’Insectarium de Montréal

Ce texte fait partie du cahier spécial Grands Montréalais 2012

Cette année, le Grand Montréalais du secteur scientifique est Georges Brossard. Principalement connu comme un entomologiste hors pair et comme le fondateur de l’Insectarium de Montréal, M. Brossard se décrit comme « un gars populaire, un fils de cultivateur ». Amoureux des insectes, il est également ami des êtres humains. C’est avec honneur, respect et reconnaissance qu’il accepte la distinction qui lui est faite.

Après une fructueuse carrière comme notaire, Georges Brossard part à la chasse aux insectes autour du monde. Cette aventure dure une bonne vingtaine d’années, à la fréquence d’au moins six mois par an. Pour celui qui a voulu réconcilier les humains avec les insectes par l’éducation et la sensibilisation, la classe animale la plus populeuse sur la Terre a toujours fait partie de sa vie, même lors de ses études en droit à l’Université d’Ottawa, où il a voulu faire sa thèse de doctorat sur les abeilles, mais il n’a pas pu. Ambassadeur de son pays et de sa ville, Georges Brossard a ouvert plusieurs insectariums aux quatre coins du monde.


Bien qu’il soit connu pour avoir fondé l’Insectarium de Montréal, M. Brossard précise qu’il a fait bien d’autres choses. Il a aussi créé la série Insectia, qui a connu un succès mondial le temps de deux saisons. Cette émission a su éveiller et répondre à un besoin des gens de partout sur la planète, à propos de leur connaissance des insectes. Pour M. Brossard, « ç’a sensibilisé beaucoup de monde à l’entomologie, la science qui était ma science, la science des insectes. Et moi, ça m’allait bien de prendre les plus haïs, les plus craints et les plus méprisés. » Il ajoute : « J’ai toujours été sur le bord du petit, de l’opprimé, de l’abusé. Alors, je défends ces causes-là. »

 

Un humaniste plus qu’un scientifique


Il trouve drôle l’idée de le classer comme scientifique. Après avoir relaté les différents honneurs qu’il a reçus, dont deux doctorats honorifiques en science de l’Université McGill et de l’Université du Québec à Trois-Rivières, il déclare en toute honnêteté : « Je ne suis pas scientifique pantoute ! », suivi d’un rire franc. L’Insectarium, il l’a créé bien plus humainement que scientifiquement. Il y a donc la façon dont il se perçoit et celle dont les autres le voient. M. Brossard insiste par le fait même sur la nécessité de souligner la participation de gens qui ont fait et qui font des choses extraordinaires.


L’entomologiste de renommée internationale s’occupe également des enfants qui souffrent d’autisme, de déficience intellectuelle et de ceux qui vivent dans des quartiers défavorisés, là où ils sont « catalogués comme pourris, pauvres ou pas productifs à partir de l’âge de six, sept ou huit ans », s’indigne- t-il. Il renchérit : « Donnons-leur le temps de vivre et, après ça, ils vont se manifester. » Ce besoin chez les enfants, M. Brossard y répond, par exemple, en donnant des conférences « de motivation, de prise de conscience, d’éveil à un monde exigeant, mais accessible pour eux malgré les apparences », dans certaines écoles. À son avis, les personnes âgées devraient faire de même, non pas de façon nostalgique, mais bien pour livrer une expérience et une réalité historique du Québec.


Outre le métier de notaire, d’entomologiste et d’acteur, Georges Brossard est aussi passé par le métier de scénariste. Le film Le papillon bleu est basé sur une partie de sa vie, lorsqu’il a emmené un enfant cancéreux en phase terminale pour chasser le fameux papillon bleu. Une fois le papillon attrapé, le petit garçon a guéri du cancer.


« J’ai écrit plusieurs autres scénarios, petits et grands, raconte-t-il. Et mes scénarios pognent. Ça donne toujours des bonnes shots. » M. Brossard est aussi pilote d’avion, ce qui lui a permis de vivre une vie de rêve pendant les étés québécois, lui qui détestait la neige. « Je pilotais ma machine, je pêchais des dorés, j’avais une vie de rêve, se remémore-t-il. J’allais à la pêche au moins 50 à 100 jours par été et automne. Après ça, je retournais à la chasse aux insectes un peu partout. »


Parmi ce qu’il a aspiré à accomplir, mais sans jamais y parvenir, se trouve le rêve d’être ministre de l’Environnement. « C’est un ministère où je me serais senti bien motivé et capable de faire ça. » Il ne s’est présenté qu’une fois, « pour le Parti conservateur, il y a quarante ans », précise-t-il, mais il n’at pas gagné.


Ces temps-ci, il est un conférencier très recherché. Il possède à son actif 27 sujets de conférence. Il travaille aussi à l’écriture de romans. Rien n’est encore publié, « mais ça s’en vient », assure-t-il. Un autre projet qui s’en vient, c’est celui d’un reptilarium à Trois-Rivières. Selon M. Brossard, pour rivaliser avec Montréal et Québec, Trois-Rivières doit se distinguer de ce qui se fait déjà. Il ne remplace pas tout, « mais un des éléments de reconstruction du nouveau Trois-Rivières pourrait commencer par un reptilarium ». Ce qui, pour lui, a du sens, puisque c’est comme un retour à la terre, à ce qui rampe.

 

Collaboratrice