Recensement: le français est plus parlé à la maison par les immigrants au Québec

L'un des changements est survenu au niveau des immigrants dont la première langue est autre que le français ou l'anglais. Ceux-ci parlent de plus en plus le français à la maison.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L'un des changements est survenu au niveau des immigrants dont la première langue est autre que le français ou l'anglais. Ceux-ci parlent de plus en plus le français à la maison.

Ottawa — Si le français est désormais moins utilisé de façon générale autour de la table familiale québécoise, les immigrants, eux, sont de plus en plus nombreux à parler la langue de Molière à la maison. C'est ce qu'ont notamment révélé les dernières données du recensement de 2011, dévoilées mercredi par Statistique Canada.

Sur presque tous les plans, le français poursuit son déclin au Québec — comme ailleurs au Canada — et la langue parlée le plus souvent à la maison ne fait pas exception. Car les francophones augmentent peut-être en nombre, mais pas au même rythme que les anglophones et les allophones regroupés. Le poids démographique du français se retrouve en baisse, conclut Statistique Canada. «Étant donné que le Canada reçoit, bon an mal an, de 250 000 à 270 000 immigrants, il n'est pas étonnant que le poids relatif du français recule», a expliqué Jean-Pierre Corbeil, responsable des programmes linguistiques auprès de Statistique Canada.

Ainsi, la proportion de la population québécoise ayant déclaré le français comme langue la plus parlée au foyer a légèrement diminué, passant de 82,7 % en 2006 à 82,5 % l'an dernier. Chez les Québécois qui ont dit parler uniquement le français à la maison, une diminution a été enregistrée, passant de 75,1 % en 2006 à 72,8 % en 2011.

Ailleurs au pays, 43 % de la population ayant le français comme langue maternelle a toutefois déclaré parler l'anglais le plus souvent à la maison.

Mais alors que la situation linguistique au Québec a somme toute peu bougé depuis 2006, l'un des changements est survenu au niveau des immigrants dont la première langue est autre que le français ou l'anglais. Ceux-ci parlent de plus en plus le français à la maison.

Alors qu'ils étaient 21 % en 2001 et près de 23 % en 2006, ils sont maintenant 24 % à parler le français au sein de leur foyer. L'anglais a connu un recul pendant la même période comme langue la plus parlée chez les immigrants, passant de 22 % à 20 % et finalement à un peu moins de 20 % lors du dernier recensement.

Résultat des politiques d'immigration?

De plus, c'est la population qui a déclaré parler à la maison à la fois le français et une langue autre que l'anglais qui a connu la plus forte augmentation, passant de 3,8 %en 2006 à 5 % l'an dernier. Il s'agit de la plus importante augmentation dans la catégorie de personnes qui parlent plus d'une langue à la maison, relève l'organisme fédéral de statistique. Il pourrait s'agir d'un résultat possible des politiques d'immigration du Québec, qui favorise les nouveaux arrivants en provenance de pays francophones.

Mais de façon globale au pays, l'anglais l'emporte chez les immigrants: 63,5 % de la population qui déclare une langue maternelle autre qu'une des deux langues officielles du Canada conversent en anglais à la maison.

Les données sur la langue parlée à la maison pourraient avoir une effet important sur le futur du français comme langue maternelle au Québec. «Étant donné que la langue parlée le plus souvent à la maison est celle qui sera probablement transmise aux enfants, l'usage fréquent de l'anglais ou du français par les parents à la maison a une influence sur la première langue que l'enfant apprendra à la maison», est-il noté dans l'analyse de Statistique Canada.

«Les deux tiers des immigrants qui ont une langue maternelle autre que le français ou l'anglais utilisent le français ou l'anglais à la maison et une proportion non négligeable, près de 37 % d'entre eux, transmettent une langue officielle à leurs enfants», fait valoir M. Corbeil.

Quant au déclin général du français au Québec — amorcé depuis environ 30 ans —, Statistique Canada avance quelques explications. «Outre un faible taux de fécondité et une transmission incomplète de la langue maternelle française des parents aux enfants, c'est l'immigration internationale qui influe le plus sur l'évolution du français au Canada», peut-on lire dans le rapport. De la masse d'immigrants accueillis au pays, plus de 80 % n'ont ni le français ni l'anglais comme langue maternelle, est-il précisé.

Le nombre de Québécois ayant le français comme langue maternelle est aussi en baisse, passant de 80,1 % en 2006 à 79,7 % en 2011. C'est toutefois le contraire pour l'anglais au Québec, qui a légèrement augmenté.

Il y a par contre de plus en plus de Canadiens qui parlent le français et l'anglais. Mais ce bilinguisme est dû en grande partie aux Québécois, note M. Corbeil.

Et la diversité est de plus en plus présente au pays. Un cinquième de la population du Canada parlait une langue autre que le français ou l'anglais en 2011. Plus de 200 langues ont été déclarées par les Canadiens dans le formulaire de recensement.

Statistique Canada avertit toutefois que les récents changements apportés aux formulaires de recensement peuvent avoir eu un impact sur les réponses. Le gouvernement conservateur a aboli en 2010 — sous un tollé — le formulaire long pour le recensement de 2011, tout en ajoutant quelques questions sur les langues au formulaire court obligatoire. Les données sont toutefois fiables et de bonne qualité, insiste M. Corbeil.

De Courcy confortée

Par ailleurs, ces nouvelles statistiques démontrant un recul du français confortent les péquistes à agir sur plusieurs fronts, a déclaré mercredi la ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane De Courcy.

Mme De Courcy a affirmé qu'elle n'était pas surprise, mais déçue des données de recensement dévoilées par Statistique Canada.

Lors d'un point de presse, Mme De Courcy a déclaré que le gouvernement continue sa préparation d'une refonte de la loi 101. La ministre a aussi évoqué les écoles passerelles, qui ouvrent l'accès au réseau scolaire anglophone, et la place du français au travail. «Ce que ça me dit, c'est que nécessairement, il va falloir agir sur plusieurs fronts de façons différentes», a-t-elle dit.

Mme De Courcy a déclaré qu'elle évalue en ce moment la situation et qu'elle attend notamment de nouvelles études de l'Office québécois de la langue française sur la place du français au travail. «Les données de Statistique Canada nous confortent à aller vérifier plus loin, mais plus loin que ça il faut nous laisser travailler», a-t-elle dit.

Mme De Courcy a reconnu que le programme électoral du PQ propose des changements importants qui demandent d'agir avec prudence. «C'est une réforme costaude, a-t-elle dit. Vraiment costaude. Et c'est pour ça qu'elle demande patience.»

Plus tôt, d'autres ministres du gouvernement avaient déploré le recul du français constaté dans les plus récentes données du recensement dévoilées mercredi.

Constatant les chiffres à Montréal, le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, a affirmé qu'il faut des mesures solides pour protéger le français sur l'île.

«Il faut qu'il y ait une Charte de la langue française qui soit suffisamment puissante pour protéger la différence en Amérique du Nord, qui est la différence francophone et sa culture», a-t-il dit avant le conseil des ministres.

Le ministre responsable de la métropole, Jean-François Lisée, a déclaré que les nouvelles données de Statistique Canada confirment les prédictions des péquistes.

Selon M. Lisée, les plus récentes données s'expliquent par le fait que les immigrants parlent davantage leur langue maternelle.

«Ce n'est pas un progrès de l'anglais, c'est le fait qu'un certain nombre de Montréalais d'origine étrangère retiennent leur langue première pendant très longtemps, ce qui est parfaitement légitime de leur part, a-t-il dit. Mais moins il y a de francophones sur l'île, moins les francophones peuvent intégrer les autres.»

Le ministre a affirmé qu'il prépare des initiatives pour inciter les familles francophones à demeurer sur l'île de Montréal. «Il y a des familles qui, à l'arrivée du premier ou du deuxième enfant, pour des raisons financières, vont en banlieue, a-t-il dit. Si on réussissait à les retenir, de différentes façons, ça modifierait la tendance.»

L'accès à l'habitation par des logements abordables est l'un des aspects envisagés, a expliqué M. Lisée.
26 commentaires
  • henri -s garneau - Inscrit 24 octobre 2012 10 h 17

    Espérons juste

    Que leur langue maternelle n'est pas reléguée dans le placard. Ce serait dommage mais j'ai déjà lu qu'on ne peut oublier celle-ci, la mémoire n'éfface que les langues secondes.

    • Sylvain Auclair - Abonné 24 octobre 2012 14 h 01

      Encore faut-il que ces enfants apprennent aussi à écrire cette langue ainsi que tout le vocabulaire plus complexe.

      Et puis, pendant combien de générations les descendants d'immigrants devraient-ils passer leur langue à leurs enfants, selon vous? Pourront-ils un jour être des Québécois comme les autres, sans trait d'union?

    • Gilles Théberge - Abonné 24 octobre 2012 21 h 58

      Je suis persuadé qu'à la troisième génération la langue d'origine est oubliée. D'où l'importance que la langue adoptée par les immigrants qui ne sont pas francophones soit le français d'abord, pour qu'elle devienne la référence commune.

      La réaction de laministre responsable de la langue a été intéressante. Elle a mis le doigt sur le vrai problème qui est la langue du travail.

      Espérons que le gouvernement ne fera pas de nouveau volte face parce que tantôt, à coup sûr ça va hurler dans l'opposition.

  • Bernard Gervais - Inscrit 24 octobre 2012 10 h 56

    Quand même préoccupant

    On voit bien ici que la politique menée depuis plusieurs années par le gouvernement québécois de favoriser un plus grand nombre d'immigrants connaissant déjà le français a eu un certain effet.

    Cependant, même si je méfie toujours un peu de ce que dit Statistiques Canada, les données révélées aujourd'hui par cet organisme restent fort préoccupantes pour l'avenir de la langue de la majorité au Québec.

    Certes, il y a beaucoup de gens au PQ qui aimeraient voir une loi 101 plus forte (par exemple, imposer le cegep en français). Cependant, comment y parvenir ? Le gouvernement de Mme Marois est minoritaire et, de leur côté, les partis d'opposition - même QS - ne veulent pas en entendre parler.

    Par contre, c'est certain, ce n'est uniquement à l'État d'agir. Les citoyens ont aussi leur responsabilité. Il y a encore au Québec - et c'est navrant - beaucoup de francophones qui font peu d'efforts pour bien écrire et parler leur langue. S'ils l'aimaient et tenaient à mieux la préserver, ils agiraient autrement !

  • Jonathan Barr - Inscrit 24 octobre 2012 11 h 38

    Je pense que cela démontre que le gouvernement puisse proposer mille lois 101 plus fortes, la réalité c'est que ça ne change rien car on ne peut jamais légiférer ce que le gens pensent ou souhaitent. Le Quebec n'est pas un etat fascite. Les gens ne vont jamais cesser de parler leur langue chez eux et si on devient de plus en plus sévère, les immigrants vont choisir d'aller ailleurs. La persuasion est toujours préférable aux mesures coercitives. Si on veut renverser la tendance sur l'île, on doit examiner pourquoi les gens preferent les banlieues et peut-etre offrir des incitations financières pour demeurer à Montréal.

    • Éric Alvarez - Inscrit 24 octobre 2012 12 h 02

      Sans la loi 101, la situation serait bien pire. On peut entre autres imaginer que la majorité des immigrants enverraient leurs enfants à l'école anglaise.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 24 octobre 2012 12 h 56

      La réalité c'est que la politique linguistique d'un état a une influence très grande sur l'évolution sociolinguistique d'une société. Pourquoi nier ce fait incontestable de la sociolinguistique?

      Laissez les délires sur le fascisme à la Gazette de Montréal. La grande majorité des états impose une langue d'usage public.

      Ainsi les États-Unis ont pour politique linguistique une éducation publique anglophone. En Suisse les services et l'école ne sont offerts que dans la langue officielle du canton, etc. La majorité des états du monde sont fasciste selon vous?

      Ensuite, quel rapport avec les banlieues? Encore une tentative de diversion en prétendant faussement que le français meurt à Montréal parce que les francophones vont en banlieue? C'est faux. De plus il faudrait expliquer pourquoi le français recule aussi en banlieue avant de vous risquer à répéter parreille hypothèse. Parce qu'il devrait y progresser si votre hypothèse se tenait.

      Mais ça n'a aucun rapport avec l'article ici qui parle du portrait pour le Québec au complet, pas de Montréal.

      La loi 101 aux cégeps est un premier pas dans la bonne direction.

    • henri -s garneau - Inscrit 24 octobre 2012 14 h 41

      Bon de toute façon, get life! Ce qu'ils parlent à la maison ne nous regardent pas on est pas des dictateurs talibans, ils peuvent bien rire, jouir dans leur langue on s'en fout. Une loi 101 pour quand t'as fermé ta porte et que tu es rendu dans la rue OK mais pour lr reste pfff! Laissez les gens vivre.

    • Phil Roberts - Inscrit 24 octobre 2012 21 h 21

      Djosef Bouteu:«Ensuite, quel rapport avec les banlieues? Encore une tentative de diversion en prétendant faussement que le français meurt à Montréal parce que les francophones vont en banlieue? C'est faux. De plus il faudrait expliquer pourquoi le français recule aussi en banlieue avant de vous risquer à répéter parreille hypothèse. Parce qu'il devrait y progresser si votre hypothèse se tenait.»

      Non, c'est vous qui est tort, M.Bouteu, car même les élites qui t'on endoctriné disent que les familles francophones ont une tendance de s'établir en banlieues, surtout sur la Rive-Nord, Longueuil, Varennes, et St.Julie. Cependant, je vous accorde que Brossard, Laval et Vaudreuil-Dorion "s'anglicisent", whatever that means.

      «Mais ça n'a aucun rapport avec l'article ici qui parle du portrait pour le Québec au complet, pas de Montréal.
      La loi 101 aux cégeps est un premier pas dans la bonne direction.»

      C'est le temps de Juste Pour Rire encore. Il y bien des francophones qui ne veuillent pas que ça passe, sans parler des anglophones et quelques allophones, et sont les raisons pour lesquelles que ça passera pas. Si nous voulons assurer que le français croisse significativement au Québec il faudra augmenter le nombre d'immigrants de la francophonie. C'mon, think BIG, don't just protect the French langauge, grow it. Au lieu d'immigrer des gens de la Bangladesh, il faudra miser sur des immigrants francophones, car c'est eux qui utilisent le français à la maison et sont des locuteurs francophones à leur arrivée au Québec.

  • Emmanuel Denis - Inscrit 24 octobre 2012 14 h 34

    À peine 24% des allophones parlent français au foyer...

    Il n'y a rien de positif dans ce que je vois des statistiques linguistiques quand je remarques que moins du quart des allophones utilisent le français à la maison !

    De plus, 80% des allophones qui utilisent le français à la maison sont déjà des locuteurs francophones à leur arrivée au Québec, car ils proviennent des pays arabes (Algérie, Syrie, Maroc, Tunisie et Liban), créoles (Haiti, Martinique, Guadaloupe et Guyane française), roumanophones (Roumanie et Moldavie) et d'Indochine (Viet-Nam, Laos et Cambodge) où le français est la langue seconde et où l'éducation se passe en grande partie en français

    Pour ces immigrés allophones qui sont néanmoins d'excellents locuteurs francophones, nous devont saluer non pas la loi 101 ou les cours de francisation, mais plutôt leurs pays d'origine qui les ont francisés

    Relativement aux immigrés allophones qui n'ont pas le français comme langue seconde, c'est moins de 10 % d'entre eux qui utilisent le français à la maison. La nouvelle loi 101 est fait sur mesure pour franciser les immigrés allophones adultes qui ne sont pas des locuteurs francophones en les obligeant à fréquenter les cégeps et les écoles professionnelles francophones !!!

    Pour connaître la force d'attraction du français au Québec et savoir si la loi 101 et les cours de francisation atteignent leur objectif de franciser les immigrés, Statistiques Canada doit plutôt comptabiliser les immigrés qui parlent le français à la maison et qui n'ont pas le français comme langue maternelle et aussi comme langue seconde

    Statistiques Canada doit également comptabiliser la proportion d'immigrés allophones adultes n'ayant pas le français comme langue seconde et qui étudient dans les cégeps, les écoles professionnelles et les universités francophones, car ce sont les établissements postsecondaires qui francisent le marché du travail et influent sur la langue parlée à la maison chez les familles allophones

    Statistiques Canada cache-t-il des réalités anglicisantes ?

    • henri -s garneau - Inscrit 24 octobre 2012 15 h 44

      Ça devient ébnervant à la fin..les allophones parlent leur langeu dans la maison qu'ils ont payés, ils parlent leur langue quand ils se parlent dans l'auto, c'est quoi de vouloir qu'ils parlent français dans leur chambre à coucher?? S'ils le parlent dehors, au travail OK le reste on s'en fout!

    • Djosef Bouteu - Inscrit 24 octobre 2012 21 h 14

      Henri, en anglais, on appelle ce que vous faites du «hand-waving». Ici on discute des tendances sociolinguistiques au Québec. On ne se «fout» pas de la connaissance sociolinguistique comme on ne se «fout» pas les autres sciences.

      D'ailleurs, n'ont été évoquées dans les commentaires que des mesures dans la sphère publique pour promouvoir le français, des mesures bien plus molles que dans la grande majorité des états du monde.

    • Gwenn Scheppler - Inscrit 24 octobre 2012 21 h 51

      Les allophones parlent majoritairement leur langue maternelle à la maison (55%). Puis un quart parlent le français (24 %). Puis un cinquième (20%) parlent l'anglais. C'est quand même encourageant. Ce qui est plus préoccupant, c'est l'augmentation du nombre de Québécois francophones qui ne parlent pas français à la maison entre 2006 et 2012 (25% à 28%). Alors, intéressons-nous au vrai problème.

  • David Kristal - Inscrit 24 octobre 2012 18 h 01

    Je suis allophone

    Moi, je suis allophone et je ne comprends pas les gens qui s'énervent quand on ne parle pas français a la maison.

    Mais, voyons donc ..... si un francophone s'en va en Chine avec sa femme francophone, quelle langue vont-ils parler à la maison? Chinois? Impossible, bien sûre qu'ils vont parler français, ca c'est leur langue maternelle. Même s'ils parlent déjà chinois, à la maison ils parleront français toute sa vie.

    La politique d'immigration québecoise (et en géneral, canadiene) demande des travailleurs qualifiés avec quelques années d'expérience, et géneralment ca se passe à un âge ou on est déjà marié. Alors, quand le couple allophone arrive ici, il parle à la maison une autre langue. Si Québec veut changer ca, il faudra attirer des immigrants plus jeunes sans beaucoup d'éxperience de travail et qui géneralment ne sont pas mariés et dans ce cas-là, il y a aura un "melange" de cultures parce que si le mari parle une langue et sa famme une autre langue, ils parleront soit français soit anglais à la maison.

    Merci pour avoir lu tout ca et excusez-moi si j'ai fait de fautes.

    • Gilles Théberge - Abonné 24 octobre 2012 22 h 03

      Ya pas de souci David. Vous faites moins de fautes que bien des Québécois.

      Personne ne s'énerve parce que les gens parlent une autre langue que le français à la maison. C'est dans l'espace public qu'il importe que le français soit la langue commune. Et notamment dans le marché du travail.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 24 octobre 2012 22 h 10

      @David Kristal : Tu écris très bien le français.

      Il ne faut pas prendre ces préoccupations comme un reproche personnel. C'est normal qu'un couple utilise sa langue maternelle à la maison une fois qu'il a immigré au Québec.

      La langue parlée à la maison est la langue qui est transmise aux enfants. On s'intéresse aux transferts linguistiques. Ce débat est quasi-abscent du Canada anglais parce que la question ne se pose pas, c'est tout à l'anglais.

      Le Québec est l'endroit en Amérique du Nord où les langues des immigrants perdurent le plus longtemps au fil des générations. Ce n'est pas un problème en soit. C'est un avantage pour les immigrants qui ne souffrent pas autant du choc culturel.

      De toute évidence le Québec fournit un contexte culturel très favorable à la rétention des langues de l'immigration. Elles se transmettent à plus de 60% ici. À titre de comparaison, le français en Saskatchewan ne se transmet qu'à 25%.

      Le problème, c'est que quand transfert linguistique il y a, ce qui est largement le cas rendu à la troisième génération, le français n'en profite pas beaucoup au Québec.

      Au Canada anglais, les transferts se font à plus de 99% vers l'anglais. Donc au Québec on s'attendrait à un transfert à 99% vers le français.

      Ce n'est pas le cas, c'est plutôt 50-50 dans l'ensemble du Québec et 65-35 en faveur de l'anglais à Montréal, ce qui démontre clairement qu'il y a un problème d'intégration culturelle. Une minorité anglophone de 8 à 10% attirant 50% des transferts linguistiques ; quelque chose cloche.

      À long terme, le français n'y survivra pas en dehors du folklore. Les immigrants allophones (sélection aidant) sont beaucoup plus ouverts au français aujourd'hui qu'il y a 30 ans mais la dénatalité fait en sorte que le français recule encore rapidement. (Les deux transformations démographiques se sont presque compensées l'une-l'autre.)

      La conclusion est que le français souffre d'un manque de soutient institutionnel et d'un faible prestige social au Québec.