La justice sociale a été remplacée par la charité selon Françoise David

Le Québec a remplacé la justice sociale par la charité, plus consterné qu'il est devant la misère des riches que la misère des pauvres, estime la député solidaire de Gouin, Françoise David.
 
Après la levée de boucliers qui a suivi l'annonce — révisée depuis — d'une hausse d'impôts pour les Québécois les plus nantis afin de compenser l'abolition de la taxe santé, Mme David, qui assistait dimanche à l'événement «Pour que la solidarité mette fin à la pauvreté» du Collectif pour un Québec sans pauvreté, discute de la pauvreté avec passion.
 
Elle se dit choquée d'entendre parler de la misère des riches davantage que de celle des pauvres. Quand l'idée d'augmenter «un tant soit peu les impôts des plus riches», pour reprendre son expression, «c'est le tollé dans les milieux qui représentent les plus nantis».
 
Pourtant, dénonce-t-elle, cette indignation n'est pas au rendez-vous quand il s'agit «des gens les plus mal pris de la société», comme quoi certains préjugés sont tenaces, à commencer par celui du «Bougon» qui profite du système mis en place par l'État.
 
Loin d'être sympathique

Franche et visiblement agacée, Mme David admet entendre ad nauseam, depuis le début de ses actions militantes, des commentaires sur les bénéficiaires de l'aide sociale, «ces BS qui se complaisent à rester dans la pauvreté», selon certains.
 
Pourtant, ajoute-t-elle, «c'est loin d'être sympathique d'être pauvre», et l'État devrait attaquer cette problématique de front.
 
«Comment on fait pour vivre avec 600 $ par mois à Montréal?», demande Mme David, en évoquant le montant que reçoivent mensuellement les bénéficiaires de l'aide sociale.
 
«Il faut accompagner les gens qui sont capables d'intégrer le marché du travail. Il y a des personnes qui pourraient retourner au travail avec des conditions adaptées ou avec l'aide d'entreprises d'insertion, par exemple. Ça prend un plan d'action global.»
 
L'événement «Pour que la solidarité mette fin à la pauvreté» réunissait divers spécialistes, dont Riccardo Petrella, Vivian Labrie, Dan Bigras et Laure Waridel, afin qu'ils partagent leurs réflexions et leurs visions «pour favoriser la solidarité et éliminer la pauvreté».
 
La Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté de l'Organisation des Nations Unis aura lieu le mercredi 17 octobre prochain. La soirée du vendredi 19 octobre marquera le début de la 23e Nuit des sans-abris dans plusieurs villes du Québec également.
 
Marie-Michèle Sioui, La Presse canadienne
3 commentaires
  • France Marcotte - Inscrite 14 octobre 2012 17 h 01

    Par le bon bout de la lorgnette

    La vie des pauvres gens, vue à leurs côtés, est certainement bien différente de l'idée qu'on s'en fait de loin, en voyeurs insensibles, expliquée par ceux qui s'en fichent.

  • Stan Tremblay - Inscrit 14 octobre 2012 17 h 10

    Y a pas juste les pauvres

    Et que dire des gens "oridnaire" qui travaillent au salire minimum et qui doivent payer le 200$.

    Pendant ce temps, il y en a pour s'offusquer d'une petite augmentation d'impôt aux gens qui gagnent plus de 150 000,00$.

    Drôle de société.

    Heureusement qu'il y a des gens comme Mme David pour dire le contraire des Libéraux.

  • Jacques Morissette - Inscrit 14 octobre 2012 22 h 16

    Glissement en effet vers...

    C'est un point de vue fort intéressant de Madame David..