Matricule 728: les personnes bousculées attendent encore un appel du SPVM

De plus, Serge Lavoie, Simon Pagé et Rudi Ochietti étaient, jusqu'à nouvel ordre, toujours passibles d'être accusés.

En fait, un seul contact avait été établi: en entrevue avec La Presse canadienne, Rudi Ochietti a en effet indiqué qu'un représentant du SPVM avait téléphoné à Serge Lavoie pour la première fois ce vendredi afin de connaître «leurs intentions», une expression dont aucun des trois individus n'était pas certain de saisir le sens. M. Ochietti a cependant précisé que ses amis et lui-même n'avaient encore pris aucune décision quant à un éventuel recours juridique contre la policière ou le SPVM, bien qu'ils aient écarté l'idée d'aller devant le Comité de déontologie.

«On s'est rendu compte que si on déposait une plainte en déontologie, il ne se serait rien passé», a indiqué M. Ochietti pour expliquer leur décision de transmettre aux médias les images de l'événement et l'enregistrement des propos de la policière. «Elle aurait continué à faire son "beat" dans la ville et à tabasser du monde.»

Comparution

Quoi qu'il en soit, Serge Lavoie et Simon Pagé doivent se rendre ce vendredi dans un poste de police afin de faire prendre leurs empreintes digitales et leur photo aux fins d'identification. Leur comparution est toujours prévue mercredi prochain. Rudy Ochietti, lui, doit se soumettre aux mêmes procédures d'identification à la fin du mois d'octobre.

Les trois hommes font l'objet de plaintes de voies de fait contre un policier et d'entrave au travail des policiers. MM. Lavoie et Pagé pourraient aussi faire face à des accusations d'intimidation.

M. Ochietti s'est toutefois dit heureux de voir que le directeur du SPVM, Marc Parent, ait fait des excuses publiques mais il ne se fait pas d'illusions sur le sort qui aurait été réservé à leur cas s'il n'avait pas été médiatisé.

Selon lui, le maintien en poste de cette femme en dépit des multiples plaintes à son endroit démontre clairement l'existence d'un problème systémique au sein du corps policier et d'une culture de protection des policiers entre eux. Il illustre également l'inefficacité du système de surveillance actuel des policiers.

«Il faut que la façon dont sont traitées les plaintes change parce que l'agent 728 sévit de plainte en déontologie en plainte en déontologie depuis 1995.»

L'histoire

Rudi Ochietti, Serge Lavoie et Simon Pagé ont fait l'objet d'une arrestation excessivement musclée, le 2 octobre dernier, dans un local d'artistes qu'ils partagent avec d'autres artistes sur la rue Papineau à Montréal. Les images ont été diffusées à la télévision et sur les réseaux sociaux. L'enregistrement d'une conversation subséquente de la policière avec ce que l'on croit être un superviseur, également largement diffusé, démontre que celle-ci véhicule de multiples préjugés et un langage ordurier à l'endroit, notamment, des artistes, des habitants du Plateau Mont-Royal et des sympathisants du mouvement étudiant du printemps dernier.

La policière avait décidé d'intervenir lorsque Rudi Ochietti, une bière à la main, était allé ouvrir la porte du local à Simon Pagé qui arrivait avec sa contrebasse, estimant qu'il consommait de l'alcool sur la voie publique.

Ne pas faire sa propre justice

Par ailleurs, Simon Pagé a senti le besoin d'intervenir sur une page Facebook dénonçant la policière au désormais célèbre matricule 728, pour rappeler que celle-ci «est d'abord et avant tout un être humain», qui mérite la dignité et le respect.

M. Pagé s'est dit dégoûté par le fait que des gens aient pu divulguer l'adresse personnelle de la policière et tenu des propos discriminatoires à son égard. M. Pagé ajoute «qu'il est tout à fait inapproprié de tenter de faire sa propre justice dans ce dossier».
 
5 commentaires
  • André Laflamme - Inscrit 12 octobre 2012 15 h 20

    Dégoût et insécurité

    Essayer de sauver les apparences par des excuses publiques.
    Aucune excuse personnelle et la direction du SPVM maintient les accusations tout en sachant que ce sont de fausses accusations fabriquées par le matricule 728.
    Comment voulez-vous qu'on leur fasse confiance ?
    J'ai déjà vu au centre-ville une policière mettre les menottes, traiter sans ménagement comme un criminel un sans-abri et l'amener au poste de police parce qu'il mangeait paisiblement sur un banc public à côté du Complexe Desjardins. Il ne dérangeait personne, mais elle avait dû avoir l'ordre de nettoyer les environs du Complexe Desjardins. Ça m'a laissé plutôt un sentiment de dégoût vis-à-vis de la police qui abuse trop de leur pouvoir. Il faut avoir du courage pour les contredire même avec diplomatie lorsque leur intervention n'est pas justifiée ou abusive. Attendez-vous à des poursuites et à des amandes salées. Lorsque je vois un policier, je me sens plutôt insécure.
    Dans le cas du matricule 728, pour que la leçon soit retenue, à défaut de poursuites au criminel pour fausses accusations, elle devrait être mise à pied. Cette situation ne serait jamais tolérée dans une organisation sérieuse au service des citoyens.
    Je comprends un peu mieux comment plusieurs manifestations lors de la grève étudiante ont tournées au grabuge. D'où venaient les provocations ? Y avait-il des agents provocateurs infiltrés ?

    • - Inscrit 12 octobre 2012 16 h 42

      Je pense que votre dernière question ce pose. Il faut une enquête indépendante qui montre les dessous de la grève étudiante du printemps passé. Je suis sûr qu'on trouverait dans le même camps de la provoc des policiers, des journalistes jaunes et peut-être une organisation derrière tout ça.

  • Pierre Germain - Inscrit 12 octobre 2012 16 h 22

    Qu'attend le directeur des poursuites pénales et criminelles pour déposer des accusations de voies de fait et de fabrication de preuve à l'endroit de 728?

    Voilà pourquoi la population n'a plus aucune confiance en ses policiers; toujours deux poids deux mesures, la culture interne du silence, les policiers qui ne dénoncencent pas leurs collèguent lorsque ces derniers posent des gestes répréhensibles.

    Le lien de confiance est irrémédiablement rompu entre la population et le SPVM car l'épisode de matricule 728 n'est que l'expression d'un malaie plus profond, une sous-culture tolérée, voire entretenue à l'intérieur du SPVM. Il faut envisager que soit limogée la direction du SPVM et que ce dernier soit placé sous tutelle.

  • Yves Corbeil - Inscrit 12 octobre 2012 23 h 28

    Problème psychologique

    Cette policière a de très graves problèmes et le SPVM doit vraiment songé à lui apporté les soins nécessaires avant de la congédier.

    Une personne saine d'esprit n'agit pas de la sorte. Plus j'écoute l'enregistrement et plus je me rends compte que cette femme aurait pu tué quelqu'un sans menaces justifiées sur sa personne ou celle de quelqu'un d'autre.

    La haine qui l'habite est épeurante. Ca donne froid dans le dos de penser que quelqu'un qui est armé pour accomplir son travail soit aussi dérangé et que ses patrons et collègues ne soit pas intervenus avant. Gros examens de conscience à faire Messieur.

  • Vincent Bussière - Inscrit 13 octobre 2012 00 h 06

    Bonjour La Police

    L'affaire de la policière nous dévoile sans équivoque qu'il y abus du pouvoir des policiers envers le citoyen ordinaire, pire pour celui qui dérange ou pour le sans abris et la personne qui souffre de maladie mentale et qui errent dans la ville sans aide ni soutien. Elle nous montre aussi qu'au sein des corps policiers il y a une loi du silence. Que ce serait-il passé si par malheur ou bonheur, l'évènement récent n'avait pas été filmé et enrgistré, la réponse est simple, rien du tout aucun des 25 policiers qui ont participés à la fameuse soirée pour aider leur consoeur qui souffrait de la vache folle, aucun de ces policiers n'auraientt levées la voix! Celui avec qui elle parlait ne semblait nullement surpris ni dérangé par le langage ordurier de sa consoeur. Le gouvernement est responsable du choix du chef de police, le chef est repsonsable des recrues qui deviennent des policiers, qui a choisi cette personne et comment la police peut - elle regagner la confiance du citoyen?