Montréal, métropole de prostitution

Montréal est une plaque tournante de la prostitution dans le monde, entre autres parce que les services de prostitués y sont moins chers qu’ailleurs.

Le tourisme sexuel s’y développe en parallèle avec de gros événements internationaux et les prostitués qui s’y prêtent sont majoritairement d’origine québécoise.


C’est ce qui ressortait hier d’une séance de formation donnée par le Service de police de Montréal, dans le cadre du programme Les Survivantes, qui vise à réunir le milieu policier, le milieu des intervenants et le milieu des prostitués pour aider les victimes à s’en sortir.


Alors qu’une ville comme Vancouver ne compte qu’un seul bar de danseuses, Montréal en compte 30, rapporte Dominic Monchamp, superviseur à la Section des enquêtes multidisciplinaires et coordination jeunesse (SEMCJ), volet moralité, du SPVM. Et c’est sans parler de ses quelque 200 salons de massage où l’on pratique autre chose que de la massothérapie traditionnelle.


« Montréal est une destination de tourisme sexuel particulièrement prisée par les Américains », dit-il, ajoutant que Montréal se distingue par l’abondance de l’offre en matière de prostitution.


« Les clients de Montréal ne payent pas ou payent peu », ajoute Diane Veillette, agente de concertation du SEMCJ Ouest du SPVM.


On sait qu’une majorité des clients des prostitués sont des hommes mariés et non des célibataires. Ils exercent, selon Diane Veillette, une forte pression pour avoir des relations sexuelles avec des mineures, comme pour avoir des relations sexuelles sans condom.

 

Grand Prix


Alors qu’un événement comme le Grand Prix de Montréal attire toute une communauté de proxénètes accompagnés de leurs « filles », le congé du printemps des Américains les attire plutôt à Niagara Falls, poursuit Dominic Monchamp.


Le Service de police de la Ville de Montréal distingue différents types de prostitués, qu’il décline d’ailleurs au féminin, mais on peut retrouver les mêmes types de comportements chez les prostitués mâles.


Ainsi, les prostituées soumises forment le groupe le plus fréquemment rencontré par les policiers. C’est celui qui regroupe les prostituées les plus jeunes, ciblées par les proxénètes pour leur carence affective. Souvent, elles n’empochent pas un sou de l’argent qu’elles gagnent. Ce sont typiquement des filles provenant de milieux socio-économiquement faibles. Les prostituées du second groupe, les aventureuses, peuvent provenir de foyers aisés, peuvent avoir confiance en elle et développer avec leur proxénète, avec qui elles partagent leurs revenus, une relation d’affaires. La liberté du début de leur pratique peut cependant se transformer en enfer.


Les indépendantes pratiqueraient quant à elles la prostitution par manque d’occasions d’emploi, et auraient tendance à entrer et à sortir de la prostitution selon leur situation financière. Enfin, les esclaves sexuelles sont des femmes qui sont souvent complètement dominées par leur proxénète, sont traitées comme des objets et ont souvent de graves problèmes de toxicomanie.


À Montréal, une prostituée qui n’empoche pas ses profits peut rapporter en moyenne 1000 $ par jour à son proxénète, poursuit Dominic Monchamp.


C’est en tout cas ce dont se souvient aujourd’hui Marie-Michèle, survivante de la prostitution, qui partageait hier son expérience avec des policiers du SPVM.


« Alors que je gagnais 1000 $ par jour, j’en reçois maintenant 1000 $ par mois », dit cette nouvelle mère qui s’est tirée de l’enfer de la prostitution et d’une relation marquée par la violence avec son proxénète. Aujourd’hui retournée aux études et bénéficiaire de l’aide sociale, elle dit avoir les meilleurs jours de sa vie devant elle.