«Nous sommes tous responsables» de l’attentat du Métropolis

Pauline Marois, entraînée hors de la scène lors de son discours de victoire au Métropolis, le 4 septembre.
Photo: La Presse canadienne (photo) Paul Chiasson Pauline Marois, entraînée hors de la scène lors de son discours de victoire au Métropolis, le 4 septembre.

L’attentat du soir des élections - un mort, un blessé, un tir de carabine Ceska Zbrojovka, tout le Québec encore en état de choc - est, on le sait, un geste décalé. Un acte de psychose, qui visait un symbole - la Première ministre ? les Francophones ? les Souverainistes ? une Femme de pouvoir ? - plutôt qu’une cible singulière. On veut le voir, ce geste, comme le cas isolé et fêlé d’un électron libre. Imprévisible. Incontrôlable. Pour Nicolas Lévesque, philosophe, psychologue et psychanalyste, au contraire, « nous sommes tous responsables ».

«C’est tellement facile de se déresponsabiliser en disant que ce geste est juste une psychose biologique », estime Nicolas Lévesque. « Ceux qui souffrent de psychose lisent tout en terme de symboles : les Français, les Anglais, les Femmes, les Hommes, par exemple, sans être capables de voir la personne singulière en arrière de cette image, puisqu’ils ont souvent été eux-mêmes des enfants réduits à des symboles par leurs parents. Il ne faut jamais laisser les représentations se figer. Et c’est ce qu’on a fait ces dernières années au Québec. On a arrêté de penser. On a fermé la chaîne culturelle de Radio-Canada. On a remplacé les débats sur nos enjeux et nos valeurs supérieures par des guerres de symboles, où on se lance une image figée par-dessus l’autre. »

Pour le psychologue, les réactions violentes à l’attentat vues dans les médias, traditionnels ou sociaux, contre les anglophones, les francophones, les souverainistes ou les fédéralistes, tiennent de la même faillite de la pensée. « On réagit de façon symbolique et manichéenne : la pire réponse à des symboles déconnectés du réel, c’est d’utiliser des symboles déconnectés du réel. Le vrai débat anglo-franco ne peut pas être aussi clivé », analyse celui qui a aussi signé en 2005 Le deuil impossible nécessaire. Essai sur la perte, la trace et la culture.


Lévesque poursuit, persiste et va plus loin : « Le psy qui parle en moi est certain que le délire de cet homme n’aurait pas pris cette forme-là si le Québec était une société où on pouvait vraiment discuter. Nous sommes tous responsables : les intellectuels qui n’osent prendre leur place, les médias qui ont abandonné les idées, les gouvernements, les universités, les Québécois qui n’osent plus discuter à table. »

 

Des idées désincarnées


Un peu fort ? Le Québec, estime Nicolas Lévesque, a réduit ses enjeux à des symboles. Il a simplifié ses idées jusqu’à les désincarner. La laïcité, conception républicaine complexe qui veut voir la séparation de l’Église et l’État, s’est réduite à une engueulade sur la présence du crucifix à l’Assemblée nationale. Les problématiques du multiculturalisme sont raccourcies au port du voile ou du kirpan.


La commission Bouchard-Taylor, qui aurait dû être le point de départ d’un grand débat national, en a plutôt été le point final. « On s’est dit qu’il y avait des arriérés au Québec comme ailleurs, et on a tabletté le rapport. » Basta. Et le référendum ? Réduit à une phrase sur « le vote ethnique et l’argent » devenue traumatisme collectif. Démonisé depuis. « On se retrouve avec des symboles comme les Québécois, les Souverainistes, les Étudiants, les Terroristes, la Laïcité. Il faut remettre ces symboles en rapport avec le réel, et le réel bouge, il est vivant : les souverainistes, comme les femmes ou les étudiants, ne sont plus les mêmes maintenant qu’il y a cinquante ou dix ans. »


Les technologies de la communication nous permettent d’être plus informés que jamais. Et le mot débat se retrouve pourtant sur toutes les ondes. Ce ne serait pas assez ? « Les gens associent la pensée aux débats avec Richard Martineau, aux radios poubelles, aux tables rondes à la 110 %, à Stéphane Gendron ou Mario Dumont : autant de débats qui s’en tiennent aux dichotomies, qui n’utilisent que des symboles et bombardent sans fin une image arrêtée sur une autre. Alors que penser, c’est être en mouvement par rapport à ses propres représentations du monde. Ça vient avec des hésitations, des doutes, des nuances, des essais, des erreurs même. Ce n’est pas une guerre d’images comme au débat des chefs. Est-ce que les politiciens, d’ailleurs, ne devraient pas être ceux qui se laissent ébranler par le peuple et par le réel plutôt que de chercher toujours à imposer leur réalité au plus grand nombre ? », demande celui qui vient de rééditer, aux éditions Nota bene, […] Teen Spirit. Essai sur notre époque, sous un nouveau titre évocateur : Le Québec vers l’âge adulte.

 

Un moment charnière


La pensée, pour Nicolas Lévesque, doit suivre les mutations du tissu social. Maintenant plus que jamais. « Le mouvement, c’est aussi la perte et le deuil. La rue, ce printemps, était un mouvement réel que Jean Charest a nié, à coups de Casseurs, de Violence, de Montréal vs les Régions, de Gauche, emprisonnant tout ça dans un symbole : les Jeunes. Certains ne veulent pas savoir que la jeunesse est en train de changer le Québec. Que le Québec va changer. Souvent, quand il y a un mouvement social, il y a un acte terroriste psychotique qui arrive. » Les femmes commencent à prendre plus de place ? Polytechnique, rappelle le psy-philosophe. Les souverainistes avancent ? FLQ. Ou Lortie. Des gestes décalés, oui, mais à des moments précis et charnières. « Dès qu’il y a un vrai mouvement social, il y a malheureusement, trop souvent, une réponse de quelqu’un qui refuse que son image bouge. Il faut être capable de perdre pour avancer. »


Que faire, alors, quand on se retrouve collectivement devant le Tueur contre les Souverainistes ? Devant le Fou ? L’Anglo ? « Il faut faire bouger les symboles, les mélanger, les penser, les mettre en mouvement, casser les images figées et les clichés, admettre la nouveauté, se rappeler qu’il n’y a pas de Bons et de Méchants. » Avec toute l’imagination et la créativité que l’exercice exige. « On cherche tout de suite à comprendre. Alors qu’il faut d’abord penser. »

156 commentaires
  • Yves Claudé - Inscrit 8 septembre 2012 01 h 23

    Responsabilités de la propagande haineuse anti-québécoise !

    Les errances d’une pseudo-psychologie verbeuse ne sont d’aucun secours pour comprendre les événements de cette tragique soirée électorale. Une autoflagellation faussement humaniste consistant à affirmer que «nous sommes tous responsables», outre le fait qu’elle porte atteinte à la réputation des sciences humaines dont elle se revendique à tort, ne mène à rien.

    Tout comme celle de RTLM (Radio Télévision Libre des Mille Collines) dans le contexte du génocide au Rwanda, la propagande haineuse anti-québécoise constitue un des éléments déterminants du drame du 4 septembre, tout autant que de la catastrophe sociopolitique qui a été, adéquatement ou non, contrée par les forces de sécurité, et qui aurait pu prendre la forme d’une tuerie dont les victimes auraient été la Première ministre du Québec, des députés, ainsi que des membres et sympathisants du PQ.

    Au delà de la responsabilité individuelle d’un présumé meurtrier, c’est donc cette propagande haineuse contre une nation que les “Héritiers de Lord Durham” n’ont jamais réussi à écraser, qui est en cause.

    Par ailleurs, s’il est possible que le présumé meurtrier ait agit d’une manière strictement individuelle, on ne peut exclure non plus le fait qu’il puisse appartenir à un micro-groupe ou à réseau plus ou moins formel d’individus partageant les mêmes représentations politiques.

    Mes recherches sur l’extrême droite (y compris celle anti-québécoise) m’ont amené à identifier un certain nombre de groupes relativement discrets dans différentes régions, y compris un réseau qui était d’actif dans un camp d’entraînement armé dans les moyennes Laurentides dans les années 1980-90 (NB : information validée par les forces policières) …

    C’est donc sur un terrain d’enquête sérieuse que nous pourrions avoir des réponses aux questions qui surgissent, suite au drame du 4 septembre, et non dans des divagations à prétention psychologisantes.

    Yves Claudé - sociologue

    • France Marcotte - Abonnée 8 septembre 2012 10 h 39

      Vous m'enlevez de la bouche les mots que je n'avais pas votre compétence pour trouver de toute façon.

      Ce n'est pas des lumières des psy dont on a besoin actuellement.

      Les sciences humaines et nos intellectuels ont certainement mieux à offrir dans les circonstances, que diable!

      Au secours!

    • Marc Ouimet - Abonné 8 septembre 2012 10 h 43

      vous vous emportes monsieur. d'abord, l'auteur avec qui l'entrevue est faite s'appelle Nicolas Lévesque, c'est un homme et non une femme. vous semblez avoir lu rapidement.

      d'autre part, personnellement, je trouve très intéressante une bonne part de ses idées. j'avoue que le moto "nous en sommes tous responsables" m'agace et m'apparaît facile à moi aussi. mais sa réflexion sur l'absence de véritable débats collectifs dépassant la démagogie de plusieurs communicateurs est très pertinente à mon sens.

      quant à vos remarques sur l'opprobe que ces réflexions jetteraient sur les sciences humaines et dont se réclamerait faussement l'auteur, franchement. on peut ne pas être d'accord avec une certaine veine d'analyse, mais de là à se poser en gardien de la vertu scientifique, c'est un peu mesquin et prétentieux. parole d'historien.

    • Dominique Garand - Abonné 8 septembre 2012 11 h 10

      Vous ciblez des faits qui, peut-être, seront vérifiés dans la réalité. Mais il ne faut pas confondre un épiphénomène avec le système qui le produit. M. Lévesque cible ici un état du discours social, la manière dont nous conduisons les débats publics.

      Les groupuscules dont vous parlez s'inscrivent dans un système relationnel qui s'est vicié, entre autres parce qu'on a appauvri la réflexion en donnant trop de poids à des catégories de pensée qui fonctionnent sur un mode outrancièrement binaire. Voyez comment le gouvernement Charest s'est employé à faire de la «rue» le symbole de «la violence et de l'intimidation». Ce discours met fin à la pensée et il exacèrbe de façon factice les oppositions. Voyez comment Bill Johnson de la Gazette associe le programme du PQ au «nettoyage ethnique», en recourant abusivement à cette expression extrêmement chargée historiquement. Voyez enfin comment on passe allègrement de Baine aux Anglais en général, sans nuance aucune.

      Les propositions de Lévesque en appellent à plus de sagesse. Il ne s'agit pas de dire qu'en bout de ligne personne n'est plus coupable qu'un autre. Sur le plan juridique, il y aura bien UN coupable et non pas 8 millions. Mais chacun, individuellement, peut faire un examen de conscience et se montrer plus attentif au langage qu'il utilise dans les débats.

    • Patrick Papineau - Abonné 8 septembre 2012 14 h 03

      M. ou Mme Garand, les commentaires francophobes qui ont fusé en si grand nombre sur certains sites internet du Canada-anglais qu'ils ont dû être fermés et censurés, ça fait partie de cet épiphénomène ? Je suis bien d'accord avec vous qu'on doive procéder à un examen de conscience !

    • pauline bernard-joos - Inscrite 8 septembre 2012 14 h 16

      Cet article m'a particulièrement intéressé, il faut l'entendre dans sa dimension éclairée, une façon de réactualiser ce que nous apporte bien trop souvent la vulgarisation des mass médias...on en attend autre chose...entre autre, des débats avec des équipes pluridisciplinaires sur l'avenir et les changements de notre société contemporaine....le malaise de la civilisation peut-être abordé sous l'angle de la conversation et si l'on sait à qui s'adresser on pourra y percevoir des avancées qui apaiseront tous et chacun...il faut avant tout se responsabiliser en tant que citoyen et non vivre dans un déni.Le bien dire est de mise...
      Pauline B.J.

    • Henri-C Baudot - Inscrit 8 septembre 2012 14 h 24

      Nous nous doutions bien qu'un texte sur le sujet allait faire couler beaucoup d'encre. CQFD. La journaliste rapporte les opinions d'un psychologue, c'est tout à l'honneur de M. Lévesque que de faire cette réflexion. Je suis d'accord avec ses propos. Je pense que chaque événement de ce genre (Lortie, Lépine, Fabrikant, balin...) nous ramène à des réflexions et heureusement. Oui, Blain semble atteint d'un TSM (trouble de santé mentale); maintenant, seul un Diagniostic pourra le valider, ce que je ne peux pas faire.
      Bien sûr, nous ne sommes pas responsable du geste individuel, qui sera puni. Mais nous sommes responsables de notre climat social, comme tous les acteurs qui en sont: gouvernants, élus, penseurs, parents, éducateurs etc. Certains discours publics (sur Hérouxville, sur les accomodements raisonnables, sur les femmes, les jeunes...) sont plus anecdotiques que réfléchis (selon moi); je suis donc d'accord avec la conclusion de M. Lévesque (et de la journaliste): prenons le temps de réfléchir à cette société, avec un certain sens de la responsabilité mais sans tomber dans de vieux patterns moraux. Et oui, un texte de ce type m'aide à mieux réfléchir, pour mieux agir.

    • Julie Blaquière - Inscrite 8 septembre 2012 15 h 12

      Alors le mot "coupable" est très mal choisi car il réfère à un système de justice presque toujours basé sur la morale et non à un système de pensée tout court. De plus j'aimerais bien comprendre comment un discours politique peut devenir à ce point symbolique. Le choix des mots, d'abord de ceux au "pouvoir" ou ceux qui veulent l'être, n'y serait-il pas pour quelque chose? Ces mots ne sont jamais innocents quand il s'adresse directement au psychisme des gens et non à leur intelligence.

    • maxime belley - Inscrit 8 septembre 2012 15 h 17

      merci

    • Julie Blaquière - Inscrite 8 septembre 2012 15 h 19

      Désolée pour le "coupable" mais "responsable"est aussi relié à la justice avec une nuance, peut-être, dans la peine imposée lors du jugement.

    • France Marcotte - Abonnée 9 septembre 2012 08 h 52

      M.Ouimet,

      M.Claudé ne parle pas d'une «psychologue verbeuse» mais d'une «pseudo-psychologie verbeuse».

    • Yves Claudé - Inscrit 9 septembre 2012 20 h 26

      Lecture trop rapide …

      Monsieur Marc Ouimet,

      Vous m’avez sans doute vous-même lu trop rapidement… je n’ai aucunement évoqué - une - psychologue !

      J’ai justement voulu éviter de personnaliser mon intervention, car il s’agit de contenus et d’idées, du constat de dérives impressionnistes à prétention psychologisantes dont les médias sont souvent friands, à défaut de faire appel à des analyses plus sérieuses, notamment celles des spécialistes de la science politique.

      L’«emportement» n’est donc peut-être pas celui que vous désignez.

      Yves Claudé

    • Marc Ouimet - Abonné 10 septembre 2012 08 h 34

      Je reconnais mon erreur, effectivement c'est moi qui ai lu trop rapidement cette ligne. Pour le reste, l'emportement y compris, je persiste. Vrai que certains analyses psychologisantes dépassent souvent les bornes même du bon sens, mais ce texte comporte des idées (peut-être pas toutes) très intéressantes qu'il est de mauvaise foi de rejeter du revers de la main sous prétexte de non-scientificité.

    • Julie Blaquière - Inscrite 10 septembre 2012 11 h 00

      Personne ne s'en prend à la non-scientificité de cet article. Ce qui est frappant c'est qu'on y rapporte une analyse "psychologiqes" d'un événement mais que le "titre" s'adresse à la "morale" de tout un chacun. Il occulte le vrai travail qui doit être exigé, soit une enquête approfondie multidisciplinaire qui refléterait les différents éléments à considérer dans ce geste "en apparence" de nature psychologique et qui n'ont rien à voir avec une responsabilité quelconque sauf celle de l'individu qui l'a fait. Personnellement j'aurais fait appel à la vigilance des gens pas à leur responsabilité parce les problèmes psychologiques ne sont pas que l'appanage des tueurs, mais de là ça ce que tout le monde se sente responsable de ce que Bain a fait... Ce n'est pas tout de se sentir responsable, les occasions n'étant pas toujours là pour qu'on le soit, mais il faut être conséquent et agir quand on voit le danger que peut représenter certains individus mais la plupart des gens ne le font pas et quand il le font on ne les écoute pas toujours malheureusement.

    • Denis Raymond - Inscrit 11 septembre 2012 02 h 14

      Mr Claudé, avec tout le respect que j'ai de votre statut de sociologue, je doute fortement de votre savoir philosophique et psychologique, dont détient l'auteur. Pourtant c'était évident de sa part, il ne voulait pas signifier par ''nous sommes tous responsables'' une manière accusatrice du genre trop simpliste(j'ai l'impression c'est de cette manière que vous l'avez compris) ''c'est de ta faute tout ce qui arrive'', pour nous faire sentir coupable et responsable. Moi ce que je comprend c'est d'une remise en question de mon mode de pensée, de sentir et ressentir les choses, les gens. Se remettre en question fait-il de moi un être si odieux, où je dois me repentir comme un pénitent et rentré dans un Ordre? Voyons soyons plus éclairé s'il vous plaît, apprenons à penser, si c'est vrai que la philosophie a encore un sens. C'est comme regarder un film, il a un deuxième degré à concevoir le sens, il faut lire entre les lignes, que diantre. Plus facile de concevoir le débat comme ''il a un bon et il a un méchant'', moins épuisant à comprendre et penser.
      J'en reviens pas.

    • Yves Perron - Inscrit 13 septembre 2012 06 h 13

      Je retiens une phrase importante qui selon moi dit tout.:


      ''Il faut d'abord Penser''
      Le drame de notre époque est que plus beaucoup de gens (pensent), on laisse les médias , les intellectuels, les enseignants, les scientifiques, les médecins les gouvernements, les politiciens, etc...Penser pour nous , tout est mâché et digéré pour nous. On n'a qu'à voir comment le scandale du H1N1 a été façile à faire avaler à la majorité des gens qui se sont rués vers la vaccination, pour comprendre que la majorité des gens n'ont plus de sens critique ni de structure de pensée.

  • France Labelle - Inscrite 8 septembre 2012 03 h 03

    Et si Mme Marois avait un peu raison

    J'ai lu des commentaires (public de La Presse cautionné par le blogue des éditorialistes) renvoyant la faute au PQ.
    En deux mots, Mme Marois n'aurait pas dû prendre position dans l'enjeu social des frais de scolarité, polarisé par M.Chrest-blanc-comme-neige, et ne devrait pas prendre position pour le renforcement des pouvoirs du Québec ou du français au risque de mériter la mort.
    Autrement dit, ferme-toi ou tu y passes.

    C'est pas désincarné, ça. C'est la violence et l'intolérance des méchants.

    • Louka Paradis - Inscrit 9 septembre 2012 10 h 35

      Autrement dit, c'est une position assez intégriste et inacceptable pour des gens qui veulent vivre debout, au-delà de la partisanerie, s'entend.
      Louka Paradis, Gatineau

  • Yves Côté - Abonné 8 septembre 2012 03 h 11

    Pardon mais...

    Pardon mais notre psychologue de référence me semble confondre en un seul, deux concepts pourtant différents bien que frères.
    Ne devrait-il pas faire une distinction entre des symboles et ce dont à mon avis il parle vraiment, des stéréotypes ?
    Après tout, il ne s'agit pas de la même chose.
    Peut-être faudrait-il qu'il relise plus attentivement le très classique Totem et tabous ?
    Ceci-dit, je suis entièrement d'accord avec son idée qu'il faut réfléchir. Autant que je suis en désaccord avec sa conclusion qu'il faille plutôt le faire que d'essayer de comprendre ce qui est arrivé.
    Parce que tout humain normalement constitué m'apparaît pouvoir très bien faire les deux en parallèle...

    • Luc Archambault - Abonné 9 septembre 2012 14 h 35

      Bien vu. Les deux : penser, réfléchir, donc aussi analyser, donc aussi exprimer cette pensée, cette réflexion, cette analyse, sans penser pouvoir la faire définitive. Il y a l'analyse à chaud, et l'analyse à distance temporelle, physique et psychique, et elle n'est jamais définitive, à quoi bon sursoir son expression sous prétexte qu’elle n’est pas définitive, elle ne le sera jamais. Se priver de la première est tout sauf fertile, porteur. L'ébauche révèle toujours quelque chose que ne peut absolument pas exprimer le rendu.

      Bien vu aussi pour les distinctions à faire : symboles/stéréotypes ; archétypes/« néo-types ».

      Nous sommes toutes et tous Pauline Marois, la première Première ministre fraichement déclarée élue par le peuple souverain du Québec, nous sommes toutes et tous la démocratie, attaquée armes aux poings, défendue à mains nues par Denis Blanchette criblé des balles qui nous étaient destinées, à NOUS, qui sommes toutes et tous Pauline Marois.

  • Catherine Paquet - Abonnée 8 septembre 2012 06 h 11

    Penser, ce n'est pas se culpabiliser.

    Rien de plus simple que de soutenir que nous sommes tous responsables. Ainsi, personne n'est accusée, et personne ne se sent vraiment tesponsable. C'est comme dire que nous sommes tous responsables des malheurs des pays pauvres. Alors que l'on sait que ce sont nos pays et surtout les pays colonsateurs qui continuent à empêcher les pays du Sud, surtout en Afrique, de se développer en les inondants de nos produits, forçant à l'abandon les petits producteurs locaux qui n'arrivent pas à produire aux même coûts.
    Au sujet de la violence, on fait face au même phénomène. C'est la loi de la jungle, en Affaire, et nos "bons" politiciens s'envoient à la figure, en pleine tlévision, des apostrophes, des interruptions et des injures que le citoyen civilisé ne tolèrerait pas chez-lui.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 8 septembre 2012 13 h 13

      J'ai trouvé très violent le ton de deux chefs lors des débats des chefs. Devinez lesquels.

      À semer du vent, on récolte souvent la tempête.

    • Benoît Landry - Abonné 8 septembre 2012 14 h 21

      Prétendre que nous sommes tous responsables, n'élimine pas de facto la responsabilité de contrôle de ses propres actes. En psychologie comunautaire, on tente de cpmprendre les phénomènes en faisant ce qu'on appelle une analyse écologique. L'individu est au centre d'une famille d'un quartier, d'un milieu de travail d'une ville, d'une province, d'un pays d'un système de valeur etc.... Il s'agit alors de faire des analyses en tenant compte de tout le système et intervenir à tous les niveaux sinon on ne culpabilise que les individus ou que les autres.

    • Sylvain Lévesque - Abonné 9 septembre 2012 09 h 26

      J'ai envie de faire un aveu bien personnel, ça aura l'avantage d'être parfaitement honnête, puisque ça n'engage que moi. Il m'est arrivé plutôt souvent au cours des derniers mois de lire ou d'entendre des propos (de politiciens, ou de commentateurs, y compris de M.Paquet, je dois avouer) qui me semblaient tellement de mauvaise foi et vides de sens que je ressentais un surcroît de colère et de haine, un peu les prémisses d'une envie de tuer (je suis dans l'ordre symbolique bien entendu).

      Je suis un individu suffisamment équilibré pour garder cette folie à l'intérieur de moi, mais c'est évident qu'il y a des gens autour de nous qui sont plus facilement les jouets de leurs pulsions. Alors, je suis parfaitement d'accord avec M.Nicolas Lévesque qu'il faut changer les modes de dialogue qui sévissent actuellement.

      Merci M.Paquet pour m'avoir fait réaliser ceci, que de se donner la peine d'entendre quelqu'un, aussi éloigné de votre entendement soit-il, finit toujours par être profitable, au contraire que de l'exclure par la démonisation ou le mépris.

  • Michel Lebel - Abonné 8 septembre 2012 06 h 54

    Nous ne sommes pas tous responsables!

    Bizarre d'article! Quand on est tous responables, cela veut en fait dire qu'il n'y a pas de responsables! Mais ici, dans cette tuerie du Métropolis, il y a un responsable, et c'est Richard Bain. Responsable est un bien grand mot, car le pauvre homme était vraisemblablement en crise de folie.

    Nous rendre tous responsables, c'est une obervation-culpabilisation facile. Mais c'est faux! Il ne faut pas suivre cette voie. Oui! Notre société est imparfaite, mais elle est faite en premier de personnes individuellemet responsables de leurs actes. Nous ne sommes pas tous resposables des gestes de tous et chacun. Une évidence, il me semble!


    MIchel Lebel

    • Lydia Anfossi - Inscrite 8 septembre 2012 12 h 26

      Il y a des conditions sociales qui rendent fou, non?

    • Alexis Lupien-Meilleur - Inscrit 8 septembre 2012 14 h 39

      Je ne crois pas que vous avez raison M. Lebel. La société est effectivement constituée de personnes individuellement responsables de leurs actes, certe, mais est-ce que ça signifie que ses agissements n'affecte pas ces concitoyens?

      M. Bain a peut-être des troubles psychologiques, malgré tout, rien dans les médias n'aura pu le guider vers un choix plus éclairé. Pourquoi lisez-vous le devoir? Plus que le journal de Québec ou de Montréal? Pourquoi autant d'individus respectent tous, je dis bien tous, les propos tenus par les radios poubelles (Choi Radio X), certain chroniqueurs (M. Duhaime) et certaines émissions de télévision (Dumont 360)? Ne croyez-vous pas que l'absence de raisonnement, d'argumentation profonde n'inhibe l'effervescence intellectuelle de bien des gens? J'ai cité quelques acteurs de ces méfaits mais tous partis politiques confondus utilisent les symboles à leur avantage (oui, oui, même ON et QS, peut-être en moindre partie mais quand même).

      Blâmer une personne est bien plus simple que de blâmer une société en entier. Assignons lui l'étiquette (le symbole) de fou et c'est encore plus aisé, c'est rendu un problème que nous ne pouvons pas ou presque pas régler.

      La société est en plein éveil. Ça viendra, un jour, nous pourrons nous avouer impuissants face à ces cas isolés, mais avant cela, pour l'instant, aillons au moins l'audace de souligner et de remarquer ce qui est à corriger, à travailler.

    • Sébastien Paquin - Inscrit 8 septembre 2012 17 h 41

      Pourquoi se précipiter pour dire que Bain est fou? Il n'a pas été diagnostiqué à ce que je sache.

      Pourquoi tout se suite mettre de coté l'idée que celu-ci savait exactement ce qu'il fesait et qu'il voulait tuer Marois et des Péquistes?

    • Marc Savard - Inscrit 9 septembre 2012 12 h 53

      Je suis bien d'accord avec vous Michel Lebel. Nous sommes un assemblage de 8 millions de personnes possédant forces et faiblesses. Il y a place à amélioration, j'en conviens, mais de vouloir rendre toute la meute responsable du dérapage d'une de ses composantes est d'orienter la réflexion dans la mauvaise direction.

      S'il faut commencer à décortiquer le degré de responsabilité qui incombe à tous les Québécois dans cette affaire, pas un seul d'entre nous sera vivant lors du rendu de la sentence finale.

      C'est bien valereux de dire que nous devrions mieux communiquer entre nous, selon moi, il faudrait seulement réinstaurer la valeur du mot RESPECT dans notre environnement quotidien et une grande partie du problème social qui nous affligent serait solutionné.

      @Sébastien Paquin

      Parce que quelqu'un qui tue une personne est un fou. Point barre.

      Qu'une personne soit malade ou non. Pensez-y froidement, faut être complètement malade pour élaborer de tuer quelqu'un en étant sain d'esprit. À la limite, mon cognitif trouverais ça plus "logique" qu'une personne tue parce qu'elle est atteinte d'une maladie mentale, le geste reste tout autant horrifiant dans les deux situations malgré tout.

    • Luc Archambault - Abonné 9 septembre 2012 14 h 41

      Richarg Bain n'est pas le « responsable » du drame, lui, c'est « l'acteur ». Les responsables ce sont les auteurs de son texte, de sa mise en scène, et nous sommes toutes et tous responsables, car il n'y de faits politiques que collectifs. Quand il prend son fusil, il est produit par la société qui le fabrique, vend, promeut son utilisation permissive. Quand il invoque le « réveil des anglos », il reprend à son compte ce qui a été produit par la société, ici, le discours canadianisateur qui refuse de respecter la souveraineté démocratique du peuple souverain du Québec dans un État qui n'a jamais obtenu le clair OUI référendaire du peuple.

    • Cyril Dionne - Abonné 9 septembre 2012 15 h 30

      @ Marc Savard

      Je suis d'accord avec vous. Il me semble qu'on associe souvent d'actes horribles à des moments de folie passagère pour tout simplement disculper le coupable ou servir le climat politique.

      Dans le cas de Richard Bain, il s'agit de bel et bien d'un attentat politique envers la Première ministre et d'un meurtre prémédité envers Denis Blanchette même si beaucoup veulent rationaliser la situation jusqu'à affirmer que tous devraient se sentir coupable parce qu'il s'agit d'actes perpétrés par une personne qui n'avait pas, supposément, toutes ses facultés. Je n'achète tout simplement pas ce scénario; il s'agit de bel et bien d'actes horribles et d'un crime haineux.