Attentat au discours de Marois: le principal suspect est Richard Henry Bain

Les policiers ont dressé un périmètre de sécurité sur les lieux de l'incident au cours duquel un homme d'une quarantaine d'années est décédé. Richard Henry Bain devrait également être interrogé, alors que le mobile de ce geste n'a pas encore été établi par les policiers.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les policiers ont dressé un périmètre de sécurité sur les lieux de l'incident au cours duquel un homme d'une quarantaine d'années est décédé. Richard Henry Bain devrait également être interrogé, alors que le mobile de ce geste n'a pas encore été établi par les policiers.

L’auteur présumé de la fusillade qui a fait un mort et un blessé lors du rassemblement péquiste au Metropolis, Richard Henry Bain, a été conduit à l’hôpital où il pourrait comparaître par vidéoconférence.

Le Devoir a appris de source sûre, comme plusieurs autres médias, que Bain, 62 ans, est bel est bien l’homme qui a tenté de s’introduire au Metropolis pour s’en prendre à la nouvelle première ministre, Pauline Marois.

Bain est le propriétaire d’une pourvoirie de chasse et de pêche située à la Conception [au sud de Labelle], qui opère sous la raison sociale «Les activités Rick». On ne lui connaît aucun antécédent criminel, si ce n’est qu’une affaire de conduite avec facultés affaiblies.

Il liste l’anglais et le français comme ses langues usuelles sur son profil Facebook, qui ne contient par ailleurs aucune revendication politique.

Les enquêteurs du Service de police de Montréal (SPVM) et de la Sûreté du Québec (SQ) ont érigé deux postes de commandement à l’angle de Maisonneuve et Saint-Dominique, où ils poursuivaient l’analyse de la scène de crime, qui englobe tout le quadrilatère du Metropolis. Ils fouillaient toujours la camionnette du présumé tueur, à l’intérieur de laquelle ils ont retrouvé des liquides inflammables. Une quinzaine de témoins oculaires seront rencontrés.

Bain était en possession d’une arme d’assaut de type AK-47 et d’une arme de poing lorsqu’il a tenté de faire irruption par la porte arrière du Metropolis, alors que Pauline Marois savourait sa victoire. On ignore pour le moment la provenance de ses armes.

Contrairement aux premières informations véhiculées dans les médias, il n’a jamais réussi à entrer à l’intérieur. Il aurait abattu un technicien de scène de 45 ans et blessé un de ses collègues de 26 ans à l’extérieur. Le blessé a été tiré à l’intérieur par des gardes du corps de la première ministre, qui ont verrouillé la porte.

Bain aurait alors mis le feu à l’arrière de l’immeuble avant d’être arrêté et maîtrisé par les agents du SPVM.

C’est un petit miracle que Mme Marois et les 2000 partisans du PQ n’aient pas été blessés. Si Bain avait utilisé une autre porte, il se serait retrouvé directement au pied de la scène, à deux pas de la première ministre.

La SQ a pris l’enquête en charge, puisque c’est son rôle d’assurer la sécurité des chefs d’État. Ses enquêteurs cherchent à établir si l’attentat avait bel et bien des motivations politiques, et si Mme Marois était l’ultime cible du tireur.

Lors de son arrestation, Bain a vociféré des insultes en anglais et en français, affirmant notamment: «les Anglais se réveillent, les Anglais se réveillent». Il portait une cagoule et une robe de chambre.

Bien qu’ils refusent de tirer des conclusions définitives à cette étape de l’enquête, les policiers s’interrogent sérieusement sur l’état de santé de Bain.

Le Journal de Montréal rapporte d’ailleurs de source sûre qu’il était suivi par un médecin pour des troubles de santé mentale, une information non corroborée par la police.

À voir en vidéo