Trop de condos, peu de logements

Le nombre de logements vacants est en baisse un peu partout au Québec. Et la situation est particulièrement criante en Abitibi et dans les villes de Saguenay, de Gatineau et de Québec.

C’est ce dont témoigne un avis de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) rendu public hier. Selon cet avis, le taux d’équilibre, en ce qui a trait aux logements vacants, est de 3 %. Or ce taux est présentement de 2,2 % dans les centres urbains du Québec et à Montréal. À Saguenay, ce taux d’inoccupation est de 0,7 %, alors qu’il est de 0,2 % à Val-d’Or, de 0,3 % à Rouyn-Noranda et de 0,1 % à Amos. En fait, les seules villes du Québec où la situation du logement s’améliore, selon cet avis, sont Sherbrooke et Trois-Rivières.


Pendant ce temps, le nombre de chantiers de condos explose, au point que le Mouvement Desjardins s’inquiète d’un excès, notamment dans les villes de Montréal et de Québec.


« En fait, les mises en chantier annuelles sont aujourd’hui plus de deux fois supérieures à leur niveau de 2001 », écrit l’IRIS.


Selon Louis Gaudreau, de l’IRIS, qui a participé à cette étude, cet état de fait n’est pas étranger aux politiques appliquées par la Société canadienne d’hypothèques et de logements (SCHL).


« La croissance effrénée du marché de l’immobilier depuis plus de dix ans, qui entraîne avec elle des problèmes d’accessibilité et d’abordabilité, est généralement attribuée à la faiblesse des taux d’intérêt. Mais bien que ceux-ci aient effectivement contribué à stimuler l’activité immobilière, ils ne fournissent qu’une explication partielle à ce phénomène », lit-on dans l’avis.


Selon l’IRIS, une priorité doit être accordée à la relance de la construction d’immeubles locatifs, en particulier de logements sociaux, qui proposent des loyers ajustés aux revenus des locataires. « Rappelons qu’en 2009, 32 % des locataires consacraient plus de 30 % de leurs revenus à se loger. En ce qui concerne les propriétaires, ce taux tombait à 7 % », écrit l’IRIS.


Selon Louis Gaudreau, 880 milliards de prêts sont garantis par le gouvernement du Canada, tandis que la SCHL n’a dans ses coffres que 10 milliards de dollars pour couvrir les cas de faillite.

***

Ce texte a été modifé après publication

À voir en vidéo