Scouts Canada : un rapport « troublant » sur les cas d’agressions sexuelles

Un examen indépendant des dossiers des soixante dernières années de Scouts Canada révèle que, dans 65 cas d’allégations d’« inconduite sexuelle », l’organisation n’a pas relayé l’information à la police. Et certains de ces cas sont relativement récents.

Pas moins de 13 cas, sur les 65 soulevés, ont été portés à l’attention de la direction de Scouts Canada depuis 1992, date à laquelle il est devenu obligatoire de signaler tout comportement suspect aux policiers, indique-t-on dans le rapport de la firme KPMG, publié hier. « Je présume que ce qu’il y a de plus troublant dans le rapport, c’est lorsqu’on fait mention de ces moments où nos processus et procédures, nos politiques et notre personnel ont échoué, a mentionné le commissaire en chef de Scouts Canada, Steve Kent. Nous avons manqué à nos propres politiques et procédures. »


Scouts Canada a fourni tous les documents litigieux trouvés dès l’instant où KPMG a relevé des incidents non signalés, a poursuivi M. Kent. « Je peux vous assurer en toute confiance que nous avons partagé avec les forces de l’ordre de tout le pays l’ensemble des dossiers liés à des cas présumés d’agressions », a-t-il renchéri.


L’organisation de loisirs pour jeunes a accueilli 17 millions d’enfants au Canada depuis 1905. En 2011, Scouts Canada comptait 102 609 membres pour quelque 24 000 bénévoles.


Scouts Canada a demandé à KPMG d’examiner l’ensemble de ses documents après qu’une enquête du réseau anglais de Radio-Canada, l’automne dernier, eut dévoilé des dizaines d’ententes de confidentialité, dont l’esprit empêchait essentiellement les victimes de dénoncer leur agresseur au fil des ans. L’organisation avait d’abord indiqué à KPMG que 350 dossiers devraient être révisés. Ce chiffre a toutefois été augmenté à 468. KPMG n’a pas conclu à une intention systématique d’effacer ou de cacher des incidents d’inconduite sexuelle, a déclaré M. Kent.