Plage horaire urbaine

Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir

Pour un bain de soleil après le déjeuner, entre deux réunions au bureau ou un 5 à 7 cancunesque, Montréalais et visiteurs ont rendez-vous sous les parasols de la nouvelle plage de l’Horloge des quais du Vieux-Port de Montréal. Dès demain, la ville sentira bon la lotion solaire, le sable chaud et les vacances.

Le sable. Les parasols. Les chaises Adirondack. La promenade en bois. Les symboles de la vraie playa sont tous réunis à la plage de l’Horloge, replacés dans un contexte de métropole à 12 minutes de marche de la station de métro Champ-de-Mars (selon les calculs savants de Google Maps). Le fort courant empêche la baignade dans le Saint-Laurent et des brumisateurs prennent le relais pour rafraîchir les bronzés, mais bon, ça y est, comme l’ont initié Paris, Berlin, Amsterdam, Budapest et Toronto avant elle, Montréal a enfin son carré de sable pour bambocher, faire provision de vitamine D et profiter de l’accès au fleuve.
 
Cette nouvelle attraction touristique — l’un des premiers jalons des projets de développement du secteur qu’entreprend la Société du Vieux-Port de Montréal — est la troisième réalisation balnéaire de l’équi­pe de Claude Cormier et associés, architectes du paysage, après HTO Urban Beach et Sugar Beach à Toronto. Une quatrième est en incubation puisque la firme québécoise vient de remporter l’appel d’offres pour ancrer ses parasols au pied de l’Université Queen’s à Kingston, en Ontario.
 
Claude Cormier, qu’on con­naît notamment pour son ciel de boules roses égayant la rue Sainte-Catherine Est, a offert la même signature pop à sa plage de Montréal, misant encore sur les accents bonbons tout en jouant de simplicité. Pour poursuivre dans la même veine, Cormier a repris l’idée des conteneurs alimentaires et commerciaux alignés sur les quais pour les transformer en salles d’essayage.
 
Même la buvette du chef Apollo, où les plagistes pourront casser dignement la croûte et s’hydrater de vins de sélection pendant les 5 à 7, est mise en boîte. La tour de l’Horloge est entourée d’un emmarchement dans le style de l’esplanade de la Place-des-Arts et permettra de luncher et de servir d’amphithéâtre.
 
Mais le sable… Revenons-en au sable puisqu’il fera assurément jaser. Beau, blond, brillant, il invite au farniente, à la pause-lecture, au prélassement dans la chaleur de ses bras. Venu de l’Ohio, il charme depuis 2010 les adeptes de la Sugar Beach torontoise.
 
Parmi tous les sables testés, l’équipe de Claude Cormier a été séduite par la texture soyeuse, mi-sable, mi-silice, de ces grains manufacturés pour les terrains de golf. « Ce sont des petits détails nonos, mais il y a différentes sortes de granulométrie. Le sable qu’on a essayé venant du Québec et de l’Ontario est éteint, il man­que d’éclat, explique le gars de plages. Le sable reste du sable, mais on voulait magnifier l’expérience de la plage urbaine. »
 
Qu’importe qu’ils ne puissent se plonger dans le fleuve que des yeux, les vacanciers d’un jour auront 1214 mètres carrés de ce beau blond pour faire saucette.
 
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La plage de l’Horloge

Situation : sur les quais du Vieux-Port de Montréal. Levez la tête et cherchez l’Horloge. Tout simple. Entrée libre, exceptionnellement, demain et dimanche. Jusqu’au 2 septembre : ouverte tous les jours de 10 h 30 à 19 h 30 ; fermeture à 23 h les soirs de feux ou d’événements. Du 3 au 23 septembre : ouverte les fins de semaine.
Plusieurs rendez-vous artistiques et culturels au menu. Programmation, tarifs quotidiens et abonnement de saison.

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Un plongeon ailleurs au Québec

La plage du parc national d’Oka

Dans son sac à dos, on glisse un billet de train de banlieue à côté de son maillot car la plage d’Oka est accessible en transport en commun. En train ou en auto, on arrive tôt car ses eaux baignables sont très prisées. Le parc vient tout juste de recevoir la « Mention Kéroul » afin de souligner ses efforts pour rendre accessibles ses installations aux personnes à mobilité réduite. Cette clientèle peut même profiter de la baignade dans le lac en fauteuil roulant de plage. Tarif d’accès au parc : entre 2,75 $ et 6 $. De la gare centrale de Montréal, prendre la ligne Deux-Montagnes jusqu’à la gare de Deux-Montagnes, puis l’autobus Express d’Oka qui débarque les gens aux portes du parc national d’Oka. 2020, chemin d’Oka, 450 479-8365.
 
Le parc-nature du Bois-de-l’Île-Bizard

À Montréal, les plages de sable naturel des parcs-nature du Cap-Saint-Jacques du Bois-de-l’Île-Bizard s’étalent pour offrir saucette aux baigneurs. Ceux qui ont la bougeotte pourront pagayer dans une embarcation de location, explorer la faune, bref prendre un bon bol d’air avant de retourner dans leurs quartiers. Horaires et tarifs. Parc-nature du Cap-Saint-Jacques, 20099, boulevard Gouin Ouest, Pierrefonds, 514 280-6871. Parc-nature du Bois-de-l'Île-Bizard, 2115, chemin du Bord-du-Lac, Île-Bizard, 514 280-8517.
 
La baie de Beauport

Ayant récemment fait peau neuve, la baie de Beauport a de quoi plaire autant à la petite famille qu’aux adeptes de plein air. Bien que la baignade y soit prohibée, les plaisanciers peuvent traverser le Saint-Laurent en kayak ou prendre un cours de voile pendant que les mousses s’éclaboussent dans les jeux d’eau. Étendu sur sa serviette de plage, on a une vue splendide sur l’île d’Orléans et la rive-sud. Tout ça à cinq minutes du centre-ville. Animation tout au long de la saison. Ouvert tous les jours de 10h à 21h. Entrée libre, stationnement à 10 $. En raison des travaux en cours, la navette du Parcours du littoral (autobus 400) ne desservira pas le secteur. 1, Henri Bourassa, Beauport. 418 266-0722.
1 commentaire
  • Bernard Terreault - Abonné 15 juin 2012 10 h 41

    Scandaleux

    Six dollars pour s'étendre dans un transat ou marcher dans le sable, et même pas de baignade. A quand le péage pour le Mont-Royal ou le parc du coin ?