Guy Turcotte restera incarcéré encore un an

L'ex-cardiologue Guy Turcotte, trouvé non criminellement responsable du meurtre de ses deux jeunes enfants, devra demeurer détenu à l'Institut Philippe-Pinel mais pourra profiter de sorties limitées.

La décision rendue ce matin par la Commission d'examen des troubles mentaux survient près d'un an après le verdict qui avait semé la consternation à travers le Québec en marge de cette cause très médiatisée.

Sorties encadrées

Dans sa décision écrite, le tribunal administratif, exceptionnellement composé de cinq commissaires plutôt que trois, indique que, pour les trois premiers mois, Guy Turcotte pourra sortir accompagné d'un membre de sa famille immédiate ou d'un employé de l'Institut pour une durée qui sera augmentée progressivement jusqu'à huit heures par jour.

Pour les deux mois suivants, il pourra bénéficier de sorties sans accompagnement dont la durée sera, là aussi, augmentée progressivement jusqu'à huit heures par jour.

À compter du sixième mois, la durée de ces sorties sans accompagnement pourrait être augmentée jusqu'à 16 heures par jour et comporter un coucher chez un membre de sa famille immédiate si l'un d'eux se trouve également sur place.

En tout temps, il lui sera interdit de communiquer avec son ex-conjointe, Isabelle Gaston, le nouveau conjoint de celle-ci et de se trouver à moins d'un demi kilomètre de leur résidence ou lieu de travail.

La Commission tiendra une nouvelle audience pour réévaluer le dossier en décembre 2012.

Après le verdict de non responsabilité, Guy Turcotte avait été incarcéré à l'Institut Philippe-Pinel.

Il a reconnu avoir poignardé à 46 reprises Olivier, âgé de 5 ans, et Anne-Sophie, âgée de 3 ans, le 20 février 2009 dans la maison qu'il louait à Piedmont depuis sa séparation avec la mère des enfants, Isabelle Gaston, trois semaines plus tôt.

Il avait ensuite tenté de se suicider en avalant du liquide lave-glace.

Lors de son procès, ses avocats avaient plaidé que ses actes étaient le fruit d'un trouble d'adaptation jumelé à de l'anxiété et à une humeur dépressive.

Le 5 juillet 2011, le jury composé de sept femmes et de quatre hommes l'avait jugé non criminellement responsable en raison de troubles mentaux.

Lors des audiences de la Commission, le docteur Pierre Rochette, psychiatre traitant de Guy Turcotte à l'Institut Philippe-Pinel, avait avoué ne pas avoir encore compris pourquoi son patient avait commis un acte d'une telle violence sur ses propres enfants et recommandé qu'il demeure hospitalisé.

Mme Gaston s'était également opposée à la libération de son ancien conjoint, disant qu'elle craignait pour sa propre vie et le qualifiant de manipulateur.

Guy Turcotte et ses proches avaient pour leur part plaidé en faveur d'une libération sans restriction, Turcotte se disant un homme transformé et affirmant qu'il souhaitait recommencer à pratiquer la médecine, refaire sa vie avec une autre femme et peut-être même ravoir des enfants.
17 commentaires
  • Marc-André Fortier - Abonné 5 juin 2012 10 h 35

    Passer à autre chose?

    «Turcotte a assuré aux commissaires qu'il était un homme transformé, qu'il souhaitait recommencer à pratiquer la médecine, refaire sa vie avec une autre femme et peut-être même ravoir des enfants.»

    Refaire sa vie avec une autre femme et peut être ravoir des enfants!

    Personnellement j'ai suivi ce procès avec intérêt et j'ai beaucoup d'empathie pour Mme. Gaston ET M. Turcotte. J'ai peine a imaginer l'état d'esprit et la détresse de cet homme au moment de commettre ces actes.

    Je ne suis pas psychiatre ni même psychologue, le fait que M. Turcotte affirme être un homme transformé ne fait pour moi aucun doute. Je me questionne toutefois sur la nature de cette transformation, que M. Turcotte trois ans seulement après les évènements puisse affirmer vouloir et pouvoir reprendre le cour normal de sa vie et même ravoir des enfants est pour le moins troublant.

    Il semble qu'il aura une autre année pour mûrir ses projets...

  • Carole Dionne - Inscrite 5 juin 2012 10 h 59

    OUF

    Un an? Un homme transformé? Mon oeil

  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 5 juin 2012 11 h 35

    La justice s'achète

    Si Turcotte avait été pauvre, il aurait été condamné. Comme il en avait les moyens, il a pu s'offrir un des meilleurs avocats.

    Quant aux psychiatres, qui sont d'abord et avant tout des donneurs de pilules, ils vendent leur «expertise» à qui les paie.

    Et le jury? Un groupe de braves gens incapables d'imaginer qu'un médecin ait pu commettre un tel geste à moins d'être fou. Le mythe du «bon docteur» toujours vivant dsns nos chaumières.

    La justice s'achète.

    Desrosiers
    Val David

  • Daniel Lambert - Inscrit 5 juin 2012 12 h 09

    Le temps

    Quelqu'un qui souffre de «folie passagère» ne doit pas vivre dans la société C'est un danger public. Qui dit qu'il ne s'en prendra pas à d'autres? Quelqu'un qui massacre de sang-froid ses enfants peut recommencer n'importe quand.

    Si Turcotte était Américain, il serait sur la «death row»...

  • Michel Lebel - Abonné 5 juin 2012 12 h 41

    Trop laxiste!

    Toute cette affaire est si triste. J'aurais préféré qu"il reste une autre année vraiment complète à Pinel pour évaluation et traitement. Ces sorties prévues me semblent pématurées, du moins pour l'opinion publique.