Un an plus tard, les Indignés rappliquent

Manifestation à Montréal en octobre dernier, dans le cadre de «Occupons Montréal».
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Manifestation à Montréal en octobre dernier, dans le cadre de «Occupons Montréal».

Madrid - Un an après, les «indignados» espagnols redescendent dans la rue. De nouvelles manifestations étaient organisées aujourd'hui dans toute l'Espagne pour marquer le premier anniversaire d'un mouvement qui a inspiré des protestataires du monde entier.

Les Indignés comptaient notamment se réunir dans la soirée sur la place de la Puerta del Sol, berceau du mouvement au coeur de Madrid, et y rester trois jours. Mais les autorités ont prévenu qu'elles ne permettraient pas l'installation de campements et près de 2000 policiers anti-émeutes devaient être mobilisés dans la capitale.

«Nous sommes ici aujourd'hui pour célébrer le premier anniversaire [...] du mouvement et même si nous sommes avons réussi certaines choses, la situation s'est beaucoup aggravée, alors il faut continuer le combat [...] et c'est pour cela que nous sommes là», expliquait Ana Pancorvo, une militante de 40 ans, en rejoignant l'un des quatre cortèges madrilènes devant converger vers la Puerta del Sol. Des rassemblements étaient aussi prévus dans d'autres villes d'Europe, comme à Londres.

Les premières manifestations avaient commencé il y a presque un an, le 15 mai 2011, pour exprimer le refus que les populations payent le prix de la crise économique et financière et subissent les conséquences des mesures d'austérité engagées dans toute l'Europe. Un peu partout en Espagne, les Indignés avaient installé des campements, dont celui de la Puerta del Sol, en plein coeur de Madrid.

Les manifestations se sont vite propagées en Europe, mais ont aussi traversé l'Atlantique, avec le mouvement Occupy Wall Street, dénonçant les excès de la finance, qui en a inspiré d'autres en Asie notamment.

Un an après, l'Espagne reste accablée par la récession, avec un taux de chômage désormais qui touche près d'un quart de la population active (24,4%), le plus fort des 17 pays de la zone euro, et frappe un jeune sur deux de moins de 25 ans. La situation économique du pays continue d'alimenter les craintes que le pays n'ait à son tour besoin d'être renfloué, comme la Grèce, l'Irlande et le Portugal.

Le nouveau conservateur de Mariano Rajoy, chef du Parti populaire, a adopté de profondes mesures de restriction budgétaire pour tenter de réduire la dette espagnole, mais beaucoup accusent ces mesures d'aggraver la détresse financière des ménages les plus fragiles.


Retour des Indignés montréalais


Par ailleurs, les indignés du mouvement Occupons Montréal reprennent du service, mais cette fois leur action s'inscrit dans un vaste mouvement mondial qui embrasse plusieurs causes sociales.

À Montréal, les indignés et ceux du collectif JAPPEL se sont donnés rendez-vous au Square Victoria ce matin, où ils doivent rester pendant quatre jours, soit jusqu'à mardi.

Sur place, un des organisateurs du mouvement Occupons Montréal et membre du collectif JAPPEL, Daniel Parker, a expliqué en entrevue à La Presse canadienne que cette fois l'objectif n'est pas d'occuper les lieux la nuit, même si certaines personnes ont indiqué sur les réseaux sociaux qu'elles comptent y apporter leur sac de couchage.

M. Parker a rappelé que cela avait causé bien des problèmes de logistique la dernière fois, sans compter les lois qui interdisent la présence de tentes et des personnes dans le parc en raison d'un couvre-feu après minuit.

Le campement des indignés avait effectivement été démantelé par la police à la fin du mois de novembre dernier, après plus d'un mois et demi d'occupation.

À Montréal, les indignés du Square Victoria - qu'ils ont rebaptisé la Place du peuple - attendent notamment des gens du mouvement étudiant contre la hausse des droits de scolarité. Un groupe d'étudiants proposerait notamment d'en faire le point de départ d'une grande marche qui doit les amener jusqu'au Parlement à Québec où d'autres étudiants se sont donnés rendez-vous.

Toutes les initiatives contre les injustices sociales sont encouragées jusqu'au 15 mai.

À noter que le groupe qui s'est baptisé JAPPEL n'a pas choisi ce diminutif par hasard puisqu'il signifie Journées d'Actions Populaires pour un Printemps Érable et globaL (JAPPEL).

À voir en vidéo