Blessures par balle de caoutchouc à Victoriaville : une vidéo contredit la SQ

La Sûreté du Québec (SQ) prend très au sérieux les allégations de témoins affirmant que la jeune Dominique Laliberté a été blessée par une balle de caoutchouc à Victoriaville.

Abdel Hamdi, responsable du service d’ordre de la CSN lors de la manifestation qui a tourné à l’émeute, la semaine dernière à Victoriaville, a déclaré au Devoir qu’il avait vu la jeune Laliberté recevoir une balle de caoutchouc en plein visage, alors qu’elle ne posait aucune menace.


M. Hamdi lui a prodigué les premiers soins. Dans une vidéo publiée sur Facebook, on le voit récupérer aux pieds de la victime un bâton cinétique vert et noir comme ceux utilisés par la SQ.


M. Hamdi a confirmé au Devoir qu’il a été rencontré par les enquêteurs de la SQ pendant 2 heures et demie, jeudi soir. Il leur a dit qu’il se trouvait « à 200 ou 250 mètres de l’hôtel », tout près de Dominique Laliberté, lorsqu’elle a été atteinte « plus ou moins vers 19 h ».

 

Un rayon de 100 mètres


La SQ a exclu jeudi toute possibilité que ses agents aient pu blesser Dominique Laliberté. Les armes à balles de caoutchouc ont un rayon d’action de 100 mètres. Or, M. Hamdi et d’autres témoins situent tous le lieu de l’incident à des distances de 200 à 300 mètres. Qui plus est, l’ordre d’utiliser les balles de caoutchouc a été donné à 19 h. Les premiers témoignages recueillis par la SQ laissaient à penser que l’étudiante avait été blessée bien avant 19 h.


« Il y a une réalité, c’est que ces balles ne sont pas tombées du ciel », a dit hier M. Hamdi. Il veut bien croire la SQ lorsqu’elle dit n’avoir rien à se reprocher. « Ce ne sont pas des gens qui fabulent, mais sont-ils au courant que leurs agents aient pu avancer ou tirer de plus près ? » s’interroge-t-il.


M. Hamdi a coordonné la retraite des manifestants associés à la CSN après les premiers débordements. « On était très loin et on avait un comportement tout à fait normal. Ces balles devraient servir à maîtriser les gens les plus violents et les plus agressifs », estime-t-il.


La SQ cherche à rencontrer d’autres témoins de la scène, et elle fera l’analyse des vidéos. Deux autres manifestants, Alexandre Allard et Maxence Vallade, ont été blessés gravement lors de l’émeute. La SQ ne peut écarter la possibilité que M. Allard ait été atteint d’une balle de caoutchouc. Elle rejette toute responsabilité quant aux blessures qui ont coûté un oeil à M. Vallade.