La SQ rejette tout blâme

La Sûreté du Québec (SQ) rejette toute responsabilité pour l’intervention qui a fait trois blessés graves lors de l’émeute survenue à Victoriaville en marge du congrès du Parti libéral.

« Cette opération s’est bien déroulée », a dit le capitaine Jean Finet, du service des communications. La SQ est si confiante de la probité des agents sur place qu’elle ne juge pas utile de confier l’enquête à un autre corps policier, comme c’est le cas lorsqu’une intervention fait des morts ou des blessés graves. Le pouvoir d’ordonner la tenue d’une enquête indépendante revient au ministre de la Sécurité publique.


La SQ a rencontré deux des blessés (Dominique Laliberté et Alexandre Allard) et elle a sollicité l’expertise d’un pathologiste pour évaluer la nature des blessures qui ont coûté un oeil à Maxence Vallade.


Le capitaine Finet est catégorique : les blessures subies par cet étudiant collégial sont trop importantes pour avoir été causées par l’un des 33 projectiles de caoutchouc tirés par les agents de la SQ vendredi dernier. « La blessure est assez grande pour nous faire dire qu’un seul bâton cinétique [un projectile de caoutchouc] n’aurait pu causer de tels dommages. »


Dominique Laliberté, blessée à la mâchoire, se trouvait à plus de 200 m de l’antiémeute, selon la SQ. Ce serait trop loin pour qu’elle ait été atteinte par les tirs. Abdel Hamdi, responsable du service d’ordre pour la CSN lors de l’événement, donne une tout autre version de faits. « Moi et quelques collègues, on a vu clairement la jeune fille recevoir la balle dans le visage », dit-il. Il a récupéré le projectile et il a fourni les premiers soins à la victime, transportée à l’écart en attendant les ambulanciers.


La SQ est incapable de tirer de conclusion définitive sur la nature des projectiles qui ont atteint Alexandre Allard, qui a subi un traumatisme crânien et une lacération à l’oreille. Elle étudiera plus à fond une vidéo diffusée sur YouTube, dans laquelle un policier le pointe avec une arme à balles de caoutchouc peu de temps avant qu’on le retrouve ensanglanté au sol.


« En aucun temps, nos policiers n’ont tiré ou visé en direction des parties vitales ou de la tête de qui que ce soit », assure M. Finet.

 

Pluie de pierres


La SQ a arrêté 110 personnes lors de cette émeute, « la plus violente » depuis le Sommet des Amériques.


« Certains policiers nous ont même dit : il pleuvait des pierres », a dit M. Finet.


Des membres de groupuscules communistes, du Réseau de résistance du Québecois, de la Milice patriotique québécoise et des gens arrêtés lors du sommet des G8-G20 à Toronto font partie des accusés.


Ils formaient « un noyau dur de casseurs et de bandits » qui sont partis dans les derniers autobus. « Nous avons fait face à des casseurs professionnels, des gens habitués », affirme M. Finet.


Ils ont été relâchés sous promesse de comparaître, principalement pour des accusations d’attroupement illégal et de participation à une émeute.


L’enquête se poursuit toujours avec la collaboration de la police de Montréal. D’autres arrestations pourraient avoir lieu.