Charte d'appartenance - «L’idée, c’est d’amener les gens à agir, à travailler en collaboration»

Martine Letarte Collaboration spéciale
Dominique Violette
Photo: Dominique Violette

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

La Charte d’appartenance du réseau Les Arts et la Ville sera présentée et adoptée officiellement le 16 mai, journée d’ouverture du colloque annuel de l’organisation.

Depuis presque trois ans, le comité de la Charte d’appartenance du réseau Les Arts et la Ville travaille sur le projet. Il est maintenant temps de récolter le fruit de son labeur. La prochaine étape sera de passer de la parole aux actes. « La Charte d’appartenance, c’est Les Arts et la Ville. On ne demandera pas aux membres de la signer. Si on adhère au réseau, c’est parce qu’on adhère à la Charte. C’est l’affirmation des valeurs et des principes du réseau depuis toujours, avec une certaine actualisation », explique Dominique Violette, membre du conseil d’administration du réseau Les Arts et la Ville et présidente du comité de la Charte d’appartenance.


Le document compte 16 engagements. Les Arts et la Ville a accepté d’en partager deux en primeur avec les lecteurs du Devoir :


- protéger et respecter les droits des artistes, la liberté d’expression et le processus de création ;


- encourager la pratique de toutes les formes d’expression artistique dans un esprit d’ouverture et d’enrichissement, tant personnel que collectif.


« C’est certain que, avec les engagements, on pousse un peu plus loin. L’idée, c’est d’amener les gens à agir, à travailler en collaboration pour arriver à des résultats », précise Mme Violette, qui est également la directrice générale du Carrefour international de théâtre de Québec.


Les membres du réseau Les Arts et la Ville ont tout de même déjà une bonne idée de ce qui se trouvera dans la Charte. Au colloque tenu l’an dernier, une première version leur avait été présentée.


« Le processus de consultation a été assez ouvert. Les gens pouvaient regarder la Charte et la présenter à leur entourage. À la suite des consultations, nous avons fait beaucoup de changements. Ils ne portent pas sur le fond des principes, mais nous avons apporté des précisions et nous avons éliminé tout ce qui pouvait être redondant », indique Dominique Violette.

 

Regarder ce qui se fait


Une fois que les 500 municipalités et les 140 organismes culturels membres du réseau Les Arts et la Ville auront pris connaissance de la Charte et qu’ils auront adhéré à ses principes et à ses valeurs, ils devront s’engager sur la voie des actes. Les Arts et la Ville conseille d’abord aux membres, avant toute nouvelle action, de regarder ce qui se fait chez eux.


« Il faut regarder tout ce qui se fait dans son milieu et voir si cela pourrait être associé à un ou plusieurs engagements et principes de la Charte, indique Mme Violette. Il y a déjà énormément de choses qui se font. Il y a 20 ans, il y avait une quantité incroyable de municipalités qui n’avaient pas de politique culturelle. Il y a un chemin énorme qui s’est fait depuis ce temps. »


Elle donne l’exemple de Saint-Élie-de-Caxton. « Peu de gens avaient déjà entendu parler de cette municipalité avant le succès de Fred Pellerin et, tout d’un coup, on a découvert une identité culturelle hyperforte. Lorsque les gens voient ce genre de chose, ça leur donne le goût eux aussi. L’idée de faire le bilan permet de valoriser les actions des gens sur leur territoire et cela suscite l’envie d’aller plus loin », remarque Mme Violette.


Les Arts et la Ville accompagnera littéralement les municipalités dans ce travail d’association entre les engagements et les réalisations. « Les Arts et la Ville fera une tournée des régions. Les membres en avaient manifesté le désir lors du dernier colloque. Nous voulons rendre le processus vivant, parce que des chartes, il y en a. Nous ne voulons pas seulement que ça aboutisse dans le site web du réseau et sur des tablettes. Notre défi sera d’incarner tout ça, qu’il y ait une appropriation », affirme Dominique Violette.

 

En faire plus


Une fois que cette partie du bilan sera réalisée, les municipalités et les acteurs du milieu artistique et culturel pourront aller plus loin.


« Lorsque les gens regardent ce qui se fait dans leur milieu et où ils sont forts, automatiquement ils voient les engagements où ils ont du chemin à faire. Un milieu peut être très fort en arts visuels, alors qu’un autre le sera en poésie. Chaque milieu a ses particularités en fonction de sa réalité, des artistes et des organisations culturelles présentes », explique Dominique Violette.


Elle espère que la Charte amènera les différents acteurs à se donner des défis pour enrichir leur milieu et qu’ils travailleront ensemble pour y arriver. « Tous comprennent maintenant l’importance de la culture et de la présence d’artistes dans un milieu, remarque Mme Violette. C’est un facteur de rayonnement local qui crée de la vitalité. Si une municipalité souhaite attirer et garder des artistes sur son territoire, que doit-elle faire ? Elle doit entre autres penser au processus de création. Si elle veut attirer un festival de danse, elle doit penser à la salle et à l’équipement. C’est pour ça qu’on parle du processus de création dans un des engagements. La Charte est un outil qui, j’espère, donnera un coup de pouce au développement de projets. »


Le réseau Les Arts et la Ville devra maintenant se pencher sur la façon de mettre en valeur les différentes initiatives des membres pour faire suite à l’adoption de la Charte d’appartenance. « Pour le moment, c’est certain qu’on pourra suivre le fil des événements dans le site web et dans les bulletins du réseau Les Arts et la Ville, précise Mme Violette. Il pourrait être intéressant par la suite de profiter des colloques annuels pour poursuivre l’exercice. On verra. »


La Charte d’appartenance du réseau Les Arts et la Ville a été inspirée par le mouvement international des Agendas 21 de la culture, fondés sur les principes énoncés dans la Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle.


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Collaboratrice