«Le péage peut frapper durement les résidants des banlieues»

Pierre Vallée Collaboration spéciale

Ce texte fait partie du cahier spécial Transport - Grand Montréal

Sur la rive nord de Montréal, le transport collectif est la responsabilité de la Société de transport de Laval (STL). Le prolongement du métro à Laval aura été l'occasion pour elle d'accroître son achalandage. Mais pas pour la raison qu'on imagine en premier.

«En fait, l'arrivée du métro à Laval nous a enlevé des clients, soutient Jean-Jacques Beldié, président du conseil d'administration de la STL. Comme ces derniers prennent dorénavant le métro, nous n'avons plus à mettre autant d'autobus sur la route en direction de l'île de Montréal. Nous aurions pu alors faire des économies, mais nous avons plutôt choisi d'investir les sommes économisées dans l'augmentation de notre offre de services sur l'ensemble du réseau.» Ainsi, depuis l'arrivée du métro à Laval, la STL a augmenté de 35 % son offre de services sur l'ensemble de son réseau. Ce qui se traduit par une hausse annuelle de l'achalandage de 3,5 %, qui devrait se poursuivre à ce rythme durant les prochaines années. Le budget de la STL en 2012 s'établit à 188,5 millions, en hausse de 13,1 %.

Nouveaux investissements

D'ici les trois prochaines années, la STL investira 34,6 millions dans l'achat d'autobus. La grande majorité des coûts seront assumés par les divers programmes de soutien au transport collectif du gouvernement du Québec. Outre l'achat d'autobus, les prochains investissements de la STL se feront dans les mesures préférentielles ainsi que dans la mise en place de voies réservées.

Deux projets majeurs sont dans les cartons de la STL. Il y a d'abord le prolongement du métro à Laval, qui ensuite regagnerait Montréal et ainsi permettrait de boucler le circuit orange. «Il y a plusieurs projets de prolongement du métro qui sont présentement à l'étude. On verra plus tard lequel de ces projets aura en premier l'aval des autorités.»

La STL jongle aussi avec un projet de tramway aérien. «Le projet est à l'étude et c'est cette étude qui nous donnera le trajet et la faisabilité du projet. Pour le moment, on estime ce projet à 77,5 millions de dollars.»

Sources de financement

Pour financer les investissements en transport collectif, la STL privilégie une augmentation de la taxe sur l'essence de 5 cents le litre. «C'est d'abord la source la plus équitable, puisque c'est la personne qui se déplace le plus en automobile qui sera la plus mise à contribution. De plus, une hausse graduelle jusqu'à 5 cents le litre ne m'apparaît pas comme un fardeau trop grand pour l'automobiliste, sans compter que c'est aussi un moyen d'induire un meilleur comportement quant à l'usage de l'automobile.»

Quant au péage sur les ponts, il n'a pas la faveur de la STL. «Le péage peut frapper durement les résidants des banlieues qui veulent entrer dans l'île de Montréal. Est-ce qu'on veut vraiment réduire le nombre de banlieusards qui fréquentent Montréal? Le péage sur les ponts pourrait avoir un effet de découragement. S'il devait y avoir un péage dans l'île, il faudrait alors que ce soit un péage à cordon, comme à Londres.»

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Collaborateur du Devoir
1 commentaire
  • Caroline Pilon - Abonnée 14 avril 2012 11 h 22

    Lien entre l'article et son titre?

    Bien franchement, je cherche encore le lien entre le titre de l'article et son contenu... Hormis le dernier paragraphe, qui contient uniquement des conjectures, l'article traite plus des développements positifs de la STL plutôt que de péages! Article intéressant mais qui ne donne pas suite au titre.