Un Québec indépendant... dans 100 ans?

34,2 % des répondants à un sondage orchestré par Le Devoir estiment que dans 100 ans, le Québec aura finalement accédé au statut de pays, après avoir acquis son indépendance.<br />
Photo: Agence Reuters Mathieu Bélanger 34,2 % des répondants à un sondage orchestré par Le Devoir estiment que dans 100 ans, le Québec aura finalement accédé au statut de pays, après avoir acquis son indépendance.

Virtuellement, ce n'est pas encore totalement fait! Questionnés sur la situation politique du Québec en 2112, 34,2 % des répondants à un sondage orchestré par Le Devoir estiment que dans 100 ans, la province aura finalement accédé au statut de pays, après avoir acquis son indépendance. Au total, 726 personnes ont accepté de répondre à ce questionnaire en ligne entre le 7 et le 25 février dernier.

Le projet indépendantiste projeté dans l'avenir ne fait toutefois pas l'unanimité puisque 60 % des répondants envisagent un autre destin pour la province. Détails: 29,3 % rêvent d'un statu quo et la voient toujours en élément d'une fédération canadienne stable dans le temps, alors qu'un autre tiers estime que le Québec pourrait avoir dévié de sa route initiale, tracée entre autres par René Lévesque, pour devenir une «province autonome composante d'un État continental nord-américain» ou encore «le département d'un État mondial». Autre époque, même dilemme.

«Ce genre de projections est loin d'être farfelu, résume le philosophe Benoît Castelnérac de l'Université de Sherbrooke. Il y a 100 ans, la situation politique du Québec était déjà une préoccupation dans la société. Pourquoi dans un autre 100 ans, ça ne le serait plus?» Et ce, d'ailleurs, sur un échiquier mondial dont la structure aura bien changé, si l'on se fie aux anticipations de nos lecteurs.

«Beaucoup de pays vont disparaître et les frontières seront différentes», rapporte Lise, une enseignante qui a soumis l'exercice prospectif à ses élèves. «L'ONU [...] est chose du passé», écrit Jean Delorme qui, en guise de prédiction ne s'est pas contenté d'envoyer un courriel, mais plutôt un... livre, L'anse aux hommes libres, publié en 2000 à compte d'auteur. L'action s'y situe en Gaspésie dans le futur. Un chapitre se passe en 2100. «L'intégration verticale a tout avalé, même les gouvernements. [La société des 33] s'est partagée la Terre en trente-trois régions autonomes, chacune administrée par un régent, le tout chapeauté par un chef qu'on appelle simplement le Maître.»

Sortir de l'impasse

«C'est sombre, mais c'est révélateur d'une époque qui cherche une manière de sortir de l'impasse dans laquelle elle a l'impression d'être, résume l'historien Jacques Ruelland de l'Université de Montréal. Actuellement, on sent cette quête de solution. Le système politique est arrivé à la fin d'un cycle. Il nous faudrait une nouvelle philosophie du pouvoir et tant qu'il n'y en aura pas une, rien ne changera» et, du coup, l'humain continuera à envisager le pire.

Julien, qui précise avoir 18 ans, résume le cul-de-sac en une prédiction: «Un gouvernement mondial sera établi pour permettre de réagir et de remédier aux nombreux problèmes qui se présenteront un peu partout à travers le monde», écrit-il. «La Chine aura conquis la Lune et Mars en 2075», ajoute Benoît. «Le Québec sera toujours dépendant du Commonwealth britannique, n'ayant su se libérer de ce joug, prédit Delphine. Et nous parlerons tous anglais.»

Dans ce concert d'oiseaux de mauvais augure, qui évoquent ici une «grande famine en 2038» et là «une hausse des niveaux des mers», sources de tension entre les États, des voix dissonantes et positives se font un peu entendre, comme celle de Claude: «en 2112, nous aurons un gouvernement mondial qu'on pourrait qualifier d'éco-social-démocrate, écrit-il. Il assurera le bien-être d'une dizaine de milliards d'êtres humains et de quelque 200 milliards de machines intelligentes qui auront le statut de citoyen.»

Gabriel, quant à lui, sourit en regardant en direction de ce demain lointain, mais pas trop: «Le Québec sera une place incontournable pour le géotourisme, une forme avancée de l'écotourisme, et pour le tourisme authentique, expose-t-il. Le Québec sera fort, indépendant, avec un coussin financier épais.» Seule ombre au tableau: «Il aura comme langue officielle... l'espagnol. Le français sera la langue seconde.»

Comme quoi: aujourd'hui comme dans 100 ans, il y aura finalement autant de portes que de façon d'y voir midi devant.
4 commentaires
  • Maurice Monette - Inscrit 8 avril 2012 09 h 09

    Tout ça c'est bien beau mais,...

    ...c'est sans compter l'apocalypse qui se produit inévitablement après chaque période d'environ 2000 ans de révolution de la terre autour de notre soleil et nous sommes entrain de vivre un tel phénomène cyclique.

    Ces illuminés qui font de si belles prédictions, ne pensent pas aux multiples preuves des civilisations qui ont été englouties et desquelles des vestiges sont découverts aux fonds des mers. Alors, on a beau faire des prédictions sur ce que sera le Québec dans cent ans mais, celui-ci aura-t'il la même forme géographique qu'aujourd'hui ? Aura-t'il des liens terrestres encore carossables entre la Gaspésie et Montréal ?

    Bref, ce genre d'élucubrations est très aléatoire et n'entretien que de faux espoirs chez certains(es) "illuminés(es)".

    Maurice Monette
    Biologiste #939

  • France Marcotte - Inscrite 8 avril 2012 11 h 05

    Le Québec comme noyau irradiant


    Terre de créativité, d'art et d'invention, le Québec sera devenu indépendant par sa seule vitalité, elle se sera imposée d'elle-même.

    Le Québec rayonnera dans le monde, il sera un phare dans la confusion, un repère.

    Il sera puissant mais exercera son pouvoir de façon différente, inédite. Il ne cherchera pas à écraser, il ne sera pas impérialiste.

    Les femmes y tiendront une grande place, elles exerceront une grande influence et c'est ce qui rendra le Québec unique au monde et si singulier.

  • Denis Paquette - Abonné 8 avril 2012 11 h 09

    Préparer une nouvelle vision de l'état

    Selon moi, ce qui définit, le vivre ensemble et les structures politiques, c’est la mobilisation des gens prise dans leur sens tres tres large.
    Je ne peux m’empecher de penser que nous nous retrouvons devant des cycles comme on en retrouve dans la nature et chez la plupart des organismes
    ll y aurait au centre de l’évolution, une sorte de balancier qui permettrait de faire l’expérience d’une chose et de son contraire
    Voire des situations permettant de nouvelles adaptations, un peu comme agissent les maladies, celui qui a souffert d’une maladie étant souvent immunisé
    Je crois qu’il en va de meme des sociétés
    Une société est un organisme qui possède sa dynamique et ses catéristiques,
    En immunologie quelque fois ca se passe relativement rapidement et d'autres fois ca prend une éternité, en fait je crois que c'est un probleme de structures et de communications a des nouveaux que meme encore aujourd'hui, nous avons du mal a l'expliquer. Pourquoi certaines prostitués n'attrappent jamais le sida. Qui aurait pu prevoir qu'a cause peut etre du contexte mondiale, que notre jeunesse spontanément résisterait avec autant de forces, Beaucoup de gens ne croyaient plus ca possible. J'ai la conviction que ce sont des traces qui vont rester et préparer une nouvelle vision de l'état

  • France Marcotte - Inscrite 8 avril 2012 11 h 18

    Et bien sûr français


    On réalisera que c'est justement de sa particularité francophone et le combat qu'il a été forcé de mener pour survivre que le Québec tire sa résilience et sa vitalité.
    Sa particularité sera la clef de son pouvoir.

    Il n'aura pas besoin d'armée. Il aura une armée de diplomates polyglottes appelés partout dans le monde pour aider à résoudre les conflits.
    Le français du Québec sera son bien le plus précieux, il expliquera la subtilité de sa pensée, son goût du dialogue pour résoudre les différends.
    Le Québec sera l'espoir du monde par tout ce à quoi il a pu survivre pour durer.