Travail, famille, p'tite Patrie

Deux ans après le livre Sacré dépanneur!, la journaliste Judith Lussier et la photographe Dominique Lafond s'installent entre les caisses de 24 et les nouilles déshydratées du très québécois dépanneur Ying Jia.
Photo: Source: Office national du film Deux ans après le livre Sacré dépanneur!, la journaliste Judith Lussier et la photographe Dominique Lafond s'installent entre les caisses de 24 et les nouilles déshydratées du très québécois dépanneur Ying Jia.

Ying Jia, le nouveau documentaire web de l'Office National du Film (ONF) entraîne le spectateur à la découverte de la famille derrière le dépanneur Marché d'la p'tite Patrie.

Deux ans après le livre Sacré dépanneur!, la journaliste Judith Lussier et la photographe Dominique Lafond s'installent entre les caisses de 24 et les nouilles déshydratées du très québécois dépanneur Ying Jia.

«Ce qui nous a attirées, c'est l'hybridité entre la culture chinoise et québécoise, explique Judith Lussier à propos du petit commerce de la famille Lu. On y trouve aussi bien de la Tremblay que du ginseng ou du thé».

Après des mois passés à écumer les dépanneurs de la province pour leur livre, les deux auteures ont été frappées par «l'air de nostalgie» qui règne encore dans les rayons de l'ancien Marché d'la p'tite Patrie, à l'angle de Rosemont et De La Roche, quartier pure laine s'il en est.

C'est assez courant pour les propriétaires asiatiques de conserver les éléments et les décorations des anciens propriétaires par respect, constate Judith Lussier. Chez les Lu, une photo noir et blanc des années trente rappelle les grandes heures du magasin général des Fiset, leurs prédécesseurs. «Notre boutique a presque cent ans, alors au début je voulais tout conserver. Bien sur, j'ai du m'adapter aux nouveaux besoins des gens», reconnaît Mme Xiang Lu.

Pour Dominique Willieme, producteur à l'ONF, «c'est un dépanneur typique du Québec d'aujourd'hui. Alors, notre idée était d'aller au-delà du cliché, derrière la caricature, et d'aborder à travers la réalité de cette famille des problématiques plus vastes telles que l'immigration, l'intégration et la francophonie».

En cinq sections, la balade interactive donne la parole à la famille sur des sujets aussi actuels que les racines, la langue, ou les valeurs.

L'occasion de briser quelques stéréotypes, ou d'en confirmer d'autres. Le père est ingénieur civil, la mère professeur d'anglais et ils ont tout quitté pour refaire leur vie ici. L'aînée rêve d'animation 3D, mais sa mère la voit en médecin. «Derrière chaque dépanneur anonyme, il y a l'histoire d'une famille proche de ses clients», rappelle Judith Lussier.
1 commentaire
  • Jean-Pierre Ducon - Inscrit 7 avril 2012 09 h 28

    Le titre...

    Attendez... "Travail, famille, [...] patrie," ce n'était pas le $#?&* slogan de Pétain et Vichy??? Si c'est le cas, la référence est assez moyenne...