Prével retraite - «À nous de faire une offre qui fera en sorte que les gens auront le goût de venir chez nous»

Marie-Hélène Alarie Collaboration spéciale
Si Prével organise différents types d’activités, c’est pour que les locataires puissent socialiser et se recréer un milieu social. C’est un facteur de bonheur très important de la vie en résidence.<br />
Photo: Source Prével Si Prével organise différents types d’activités, c’est pour que les locataires puissent socialiser et se recréer un milieu social. C’est un facteur de bonheur très important de la vie en résidence.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Le marché des résidences devrait se rétablir vers 2015 avec l'arrivée des baby-boomersAu cours des prochaines années, les baby-boomers arriveront en grand nombre dans les maisons de retraite. Cette réalité force les propriétaires de résidences à s'adapter. Mais comment?

Quel avenir réserve-t-on aux maisons de retraite? Dorénavant, on devra choisir le type d'établissement qui conviendra au nouveau type de locataires. Mais devra-t-on aussi augmenter le nombre de résidences ou adapter les infrastructures existantes?

C'est ce genre de question que se posent aujourd'hui les propriétaires qui doivent jongler avec des tendances qui peuvent sembler contradictoires: nous assistons actuellement au vieillissement de la population, ce qui représente un plus grand nombre de personnes âgées; toutefois, ces mêmes personnes ont une plus grande capacité de vie autonome et désirent vivre dans un environnement des plus stimulants. Jacques Vincent, le vice-président de Prével retraite, tente de faire le tour de la question.

On dit toujours que les baby-boomers auront un comportement différent quand viendra le moment d'habiter dans une résidence. Mais, selon Jacques Vincent, «les gens aujourd'hui viennent ici pour des raisons précises, soit pour sortir de la solitude, parce qu'il y a trop d'entretien dans une grande maison, ou pour avoir un sentiment de sécurité. Ces motivations resteront les mêmes avec la clientèle des baby-boomers». Peu importe la génération, pour qui que ce soit la décision de quitter sa maison est toujours difficile et elle repose sur des motifs semblables.

«C'est à nous de faire une offre qui fera en sorte que les gens auront le goût de venir chez nous», souligne Jacques Vincent. On se rappelle que quand les baby-boomers sont arrivés sur le marché plus traditionnel de l'habitation, ils ont eu des exigences particulières, mais sans toutefois transformer le marché au grand complet. Il a fallu s'adapter à des gens avec une vie sociale plus importante que la génération d'avant. Puis est arrivée l'ère du «coconnage», où l'on se devait d'avoir plus de confort dans une maison. Ce sont ces transformations dans le comportement qui ont fait évoluer le monde de l'habitation. «Aujourd'hui aussi, les gens souhaitent rester dans leur maison le plus longtemps possible. Il nous faut être très à l'écoute de leurs désirs.»

La petite séduction

Chez Prével retraite, on opte pour le confort des locataires. La nourriture est souvent un point négatif dans une résidence: «Comme on mange trois fois par jour et qu'on risque de le faire au même endroit pendant plusieurs années, c'est important que ce soit bon.» Aujourd'hui chez Prével retraite, on tente de faire de l'heure des repas une expérience en soi: «On augmente nos standards en allant chercher des chefs cuisiniers avec plus d'expérience, on va vers la variété et le raffinement», précise M. Vincent. Dans la résidence Cambridge de Pointe-Claire, les résidents peuvent prendre leurs repas dans une grande salle ou choisir un lieu plus intime avec des airs de bistro français.

Quand on pense aux habituelles activités proposées aux locataires, ici on est loin du sempiternel bingo. «On propose des conférences culturelles et sociales de toutes sortes; sur le voyage, la santé, la mise en forme...» Si on organise ce type d'activités, c'est évidemment pour que les locataires puissent socialiser et se recréer un milieu social. C'est un facteur de bonheur très important de la vie en résidence.

Les entreprises Prével ont toujours oeuvré dans le domaine de la copropriété avec des standards de construction élevés. «On s'est dit, pourquoi ne retrouverait-on pas dans un complexe locatif la même qualité que dans nos constructions de condos?»

Prével a alors climatisé ses appartements, y a installé des planchers de bois franc, a mis de l'insonorisation entre les murs ainsi qu'une douche séparée dans la salle de bains. Ces améliorations devenaient nécessaires pour attirer une clientèle quittant une maison confortable. C'est l'expérience acquise dans le monde de la copropriété qui est appliquée aujourd'hui au domaine de la maison de retraite. «Bien connaître la clientèle et être continuellement dans un processus d'écoute de nos clients et même anticiper les besoins pour procurer plus de confort et de raffinement. C'est comme ça qu'on va arriver à ce que nos complexes soient attirants pour tous», rappelle Jacques Vincent.

Le complexe Le Cambridge de Pointe-Claire est un bel exemple de la pensée Prével. On y trouve plus de 500 logements avec de nombreux espaces communs. En plus d'un spa, une serre est mise à la disposition des locataires qui aiment jardiner. Dans la salle de réception, les familles peuvent se retrouver pour un événement spécial, mais la salle sert aussi pour des séances de dégustation de vins ou des cours de cuisine. On trouve aussi des celliers, où chacun peut monter une collection d'une centaine de bouteilles. Toutes ces attentions permettent aux gens de se sentir plus à la maison.

L'avenir

À l'heure actuelle, Prével retraite dispose de 1100 appartements dans quatre résidences. Aujourd'hui, les personnes qui arrivent dans les résidences sont nées dans les années 30-40, en pleine crise économique. C'est une période où les familles sont moins nombreuses, on assiste à un creux démographique.

«Nous ne sommes pas présentement dans une phase d'expansion. Nous profitons plutôt d'opportunités, par exemple pour la construction du Graham à Mont-Royal», explique Jacques Vincent. Pour Prével retraite, acheter un terrain à Mont-Royal représentait un investissement à long terme surtout parce que des maisons de retraite, il n'y en a pas dans le secteur. «C'est une clientèle qui veut rester dans sa communauté pour continuer à avoir accès aux petits commerces et aux gens du coin.» C'est exactement ce type de développement que privilégie Prével actuellement.

On dit que le marché devrait se rétablir vers 2015 avec l'arrivée des baby-boomers. Prével sera assurément présent et plus entreprenant à ce moment-là, mais tout en poursuivant les objectifs que le groupe s'est donné. «C'est à nous d'être inventifs et créatifs pour offrir un produit de qualité, attrayant et adapté», conclut Jacques Vincent.

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Collaboratrice du Devoir