Cogir - «Notre modèle d'affaires s'apparente à celui de la villégiature en hôtel»

Pierre Vallée Collaboration spéciale

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Avec la récente acquisition des cinq résidences Jazz, la société de gestion Cogir renforce sa position sur le marché des résidences pour personnes âgées. Une position qu'elle entend consolider dans les années à venir.

Fondée en 1995, la société Cogir est essentiellement un gestionnaire immobilier. «Au départ, l'idée était d'offrir des services de gestion immobilière à des propriétaires d'immeubles. Notre premier marché a d'abord été les édifices commerciaux, pour ensuite élargir nos activités au secteur résidentiel du multilogements, explique Mathieu Duguay, vice-président exécutif de Cogir. Les résidences pour aînés se sont rajoutées en 2000.» L'entreprise gère aujourd'hui environ 150 immeubles.

La mission de l'entreprise s'est légèrement modifiée il y a environ sept ans, lorsque Cogir a choisi d'investir dans certains des immeubles qu'elle a sous gestion. «La demande est venue de quelques-uns de nos clients qui souhaitaient que l'on devienne leur partenaire financier en plus de voir à la gestion de l'immeuble. On est alors devenus aussi des investisseurs, mais on le fait uniquement à la demande du client. D'ailleurs, sur les 150 immeubles que nous gérons, nous avons investi dans seulement une vingtaine.»

Les résidences pour aînés Azur

Cogir gère aujourd'hui 40 résidences pour personnes âgées sous la bannière Les résidences pour aînés Azur. Ces résidences sont en grande partie situées dans la grande région de Montréal et de Québec, avec quelques résidences en région, comme dans le Bas-du-Fleuve et en Montérégie. Le parc immobilier compte environ 8000 appartements.

La taille des résidences peut varier, mais règle générale, la plupart des résidences comptent environ 200 à 250 appartements. Ces derniers se déclinent en studios ou en logements d'une ou deux chambres à coucher. La clientèle visée est celle des personnes âgées autonomes ou semi-autonomes. Toutefois, un petit nombre de résidences offrent en plus des unités spéciales pour les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer.

Toutes les résidences, par contre, adhèrent au credo de la bannière. «Lorsqu'on a défini la culture que nous voulions donner à ce secteur de notre entreprise, on l'a fait autour de quatre engagements: la confiance, le coeur, la collaboration et la créativité. La moyenne d'âge de nos résidents est autour de 80 ans et 85 % d'entre eux sont des femmes. Le contact humain compte donc beaucoup pour nous et nos employés.»

Offre de services

En plus des services de base compris dans le loyer, comme le chauffage, l'éclairage, le service de sécurité, etc., Les résidences pour aînés Azur offrent à leurs résidents la gamme complète des services complémentaires, soit le service alimentaire, les soins de santé et les activités récréatives. Le résident peut se procurer ces services selon la formule à la carte.

«La formule à la carte est plus accessible parce que le résident achète seulement les services dont il a besoin et au moment où il en a besoin. Ainsi, un résident pourra choisir un jour de cuisiner lui-même son repas dans son logement et le lendemain, acheter un repas au restaurant de la résidence qu'il pourra consommer en salle à manger ou apporter chez lui. Notre modèle d'affaires s'apparente à celui de la villégiature en hôtel, où le service à la clientèle est important.»

Et pour les résidents pour qui la formule à la carte ne convient pas, l'entreprise offre une série de forfaits, qui en plus du loyer et des services de base comprennent des services complémentaires. Le coût mensuel se situe entre 1000 $ et 2500 $ selon le type de logement et les services achetés.

Consolider la bannière


L'ajout de nouvelles résidences, telles les résidences Jazz, vient confirmer l'intention de la société de gestion Cogir de jouer un rôle plus important dans le secteur des résidences pour aînés. «Nous voulons mieux déployer notre réseau sur un plus grand territoire et si l'occasion se présente de procéder à de nouvelles acquisitions avec nos clients-partenaires, nous garderons un esprit ouvert. Par contre, il y aura une certaine accalmie démographique dans les prochaines années qui fera en sorte que le nombre d'aînés n'augmentera pas avant l'arrivée des premiers baby-boomers sur le marché. C'est pour cela que notre engagement dans le secteur résidentiel pour aînés en est un à long terme. Notre défi présent est de consolider la bannière Les résidences pour aînés Azur et de faire en sorte qu'elle soit non seulement mieux connue du public, mais aussi clairement identifiée aux services que nous voulons offrir aux aînés.»

Maintien à domicile

En plus d'être vice-président exécutif de la société de gestion immobilière Cogir, Mathieu Duguay est aussi président du conseil d'administration du Regroupement québécois des résidences pour aînés. C'est à ce titre que le maintien à domicile des personnes aînées lui tient à coeur et qu'il milite pour un meilleur soutien de la part de l'État. Rappelons que l'État québécois a déjà en place un programme d'aide financière au maintien à domicile pour les personnes âgées.

«Mais ce soutien n'est pas suffisant. Plusieurs personnes qui vivent dans des résidences pour aînés ont des revenus qui n'augmenteront pas. Par contre, leurs besoins en soins de santé, eux, augmentent au fil des ans, souvent au point que le résident ne peut plus se payer les soins dont il a besoin. Il n'a alors pas d'autre choix que de déménager dans un établissement public, comme un CHSLD, ce qui à cet âge n'est pas souhaitable. Pourquoi alors ne pas accorder une aide financière à cette personne âgée afin qu'elle puisse acheter auprès de sa résidence privée les soins de santé dont elle a besoin?»

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Collaborateur du Devoir