Commission sur le droit de mourir dans la dignité - Oui à l'euthanasie, si elle est bien encadrée

Le coeur des 22 recommandations de la commission porte sur les moyens à mettre en place pour éviter aux grands malades l'odieux de devoir supplier qu'on les aide à mourir.
Photo: Agence Reuters - Archives Le Devoir Le coeur des 22 recommandations de la commission porte sur les moyens à mettre en place pour éviter aux grands malades l'odieux de devoir supplier qu'on les aide à mourir.

Québec - Un grand malade devrait pouvoir réclamer l'aide d'un médecin pour mourir, et ce, en toute légalité.

Après plus de deux ans de travaux, la commission parlementaire qui s'est penchée sur le suicide assisté et l'euthanasie en est venue à cette conclusion, dans un rapport de 180 pages rendu public aujourd'hui.

Pour réclamer l'aide d'un médecin pour abréger ses jours, un malade devrait être majeur, être atteint d'une maladie incurable et estimer endurer des souffrances physiques ou psychologiques intolérables. La demande devra provenir du malade lui-même.

De plus, la demande devra être formulée par écrit et deux médecins devront certifier sa conformité.

La Commission sur le droit de mourir dans la dignité, qui regroupait 12 députés de toutes les formations politiques, recommande donc au gouvernement de modifier les lois dans le sens de faire en sorte qu'on ne puisse plus poursuivre un médecin ayant aidé un mourant à en finir avec la vie, en autant qu'un ensemble de balises strictes auront été respectées.

Mais, pour l'essentiel, le coeur des 22 recommandations de la commission porte sur les moyens à mettre en place pour éviter aux grands malades l'odieux de devoir supplier qu'on les aide à mourir.

Elle recommande donc au gouvernement d'augmenter substantiellement l'offre de services palliatifs, que ce soit à l'hôpital, en centres d'hébergement ou à la maison. De plus, les services palliatifs devraient faire partie du continuum de services aux malades, incluant ceux souffrant de maladies dégénératives.

Cette commission avait connu un record de participation, ayant reçu quelque 300 mémoires et entendu 400 témoignages.
9 commentaires
  • Notsag - Inscrit 22 mars 2012 12 h 23

    insignifiant et inutile

    Les conditions sont tellement restrictives que c'est équivalent au statut quo, avec une note en pied de page avec une police de 6 points.

    De toute façon, si des changements ont lieu à la loi sur l'euthanasie, cela sera décidé par le ROC. Donc, oublions cela, et passons à autre chose.

  • Francois Nicolas Tetreault - Inscrit 22 mars 2012 12 h 47

    Alléger les souffrances de l'État ?

    Débattre de la mort est-il vraiment de bon gout ? Puisque de toute façon elle finira par nous arrivez tôt ou tard en pleine face .
    Ne nous cachons pas la tète dans le sable comme des autruches , mourir dans la dignité , les médecins s'en occupent déjà en donnant des surdoses des tranquillisants à leur patients .
    La population du Québec est vieillissante . Impossible d'avoir un médecin de famille en Montérégie et dans biens d'autres coin du Québec. Après avoir abandonné les vieux dans des mouroirs style CHSLD , Je vois ici une façon détournée, comme une démission de l'état dans la solution miracle afin d'alléger le système de financement des soins de longues durée de régler les problèmes par des mesures radicales comme la mort assistée . Le nombre de pilule qu'une personne agée ou atteint de mal sérieux doit avaler dans une journée me questionne sérieusement ..cela aussi ca pourrait faire une bonne commission d'enquete ..

    La mort , sonne ici comme délivrance.

    Mourir au Québec : Le coté divinatoire à été totalement évacué puisque maintenant faute de moyens financiers ( 14,000 dollars un enterrement ) nous enterrons les cendres et non le corps d'un décédé . Les Québécois délaissent leurs morts . Ils est interdit de déposer ou de planter des arbres et des fleurs dans les cimetières Québécois sauf peut-être dans les grandes villes.
    Si vous allez à Paris cet été , allez visiter le cimetière Père Lachaise . On a perdu ici le respect de nos vieux et de nos aïeuls ,et bientot naturellement les grands malades , se sentiront coupable de vivre .

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 22 mars 2012 14 h 53

      Je m'apprêtais à répondre à... la Presse canadienne (j'aurais dû m'en douter), je fais donc ça court car c'est plutôt le texte de Francois Nicolas Tétreault qui m'a touchée.

      1. L'article en question est coiffé d'un titre quelque peu mensonger puisque la commission a volontairement évité d'utiliser les termes euthanasie, suicide assisté et même mourir dans la dignité. Le reste est donc à l'avenant ou à la va comme je te pousse.

      2. Combien vous avez raison, M. Tétreault, quand vous écrivez "Les Québécois délaissent leurs morts". Mais... et j'ai été pour ainsi dire payée (en souffrance et en stress) pour l'apprendre, ce n'est pas toujours volontaire...

      Il y a ceux dont on enterre les cendres mais aussi les autres de plus en plus nombreux (un excellent article dans le journal gratuit "24 heures" de l'automne dernier témoignait), qui finissent leurs jours dans une fausse commune ou au service de la science, sans l'avoir désiré, cela dans l'anonymat et l'indifférence générale. J'ai vécu cette situation fin 2009, lors du décès d'un ami proche, un homme très impliqué socialement, mais bénéficiaire de l'aide sociale. Et le 2,500$? Ouais.. y paraît.

      Comme vous l'avez écrit en titre ce sont ses souffrances (économiques) que l'état veut soulager sur les dos des travailleurs, des plus démunis et des mourants. Ne pouvant pas m'étendre j'ai pensé laisser mon adresse électronique, mais comme je l'ai lu dans les conditions il est maintenant difficile de le faire: ce n'est ni interdit ni permis. Alors dans le doute je m'abstiens.

      Ça m'a donné une idée: proposer une lettre ou un texte dans la section Idées, lors de l'anniveraire de son décès. Informer de la loi du silence qui sévit, et met à mal notre pseudo laïcité. Mais cet ami a eu l'idée de mourir du cancer un 29 décembre... Serai-je publié alors, dans une période de réjouissances familiales? On verra, comme dirait l'autre...

  • Gilbert Talbot - Abonné 22 mars 2012 13 h 31

    Que dira le Fédéral ?

    Je suis bien d'accord avec le rapport de la Commission, mais que dira le Fédéral ? Connnaisant les positions religieuses réactionnaires du gouvernement Harper, ne devrait-on pas s'attendre à ce qu'il s'y oppose par le biais du code criminel, qui relève du fédéral ? Peut-on invoquer le pouvoir des provinces sur la santé, pour justifier le droit au suicide assisté et à l'euthanasie ? Il me semble, à prime abord qu'il y a là un litige important que la Cour suprême devra un jour ttrancher, comme elle l'a fait pour reconnaître le droit à l'avortement ? La Cour va-t-elle reconnaître enfin le droit à la mort d'une personne en fin de vie, qui n'est que souffrances sans espoir de guérison ?

    • Notsag - Inscrit 22 mars 2012 16 h 26

      Non, M. Talbot, il n'y aura pas de litige devant la Cour Suprême. C'est très clair pour tout le monde, autant à Québec qu'à Ottawa, que cela relève à 100% du fédéral.

      Québec pourra être consulté, si Ottawa le veut bien. Mais en définitive, ce sera la majorité canadienne qui primera. Et cette majorirté, se trouve dans le ROC.

  • Geneviève Laplante - Inscrite 22 mars 2012 14 h 19

    Déplorable et consternant

    Après deux ans de travaux, de collaborations, d'auditions, de discussions, voilà qu'une personne malade aura le droit de «réclamer l'aide d'un médecin pour abréger ses jours, [si elle est] majeure, atteinte d'une maladie incurable et estimer endurer des souffrances physiques ou psychologiques intolérables». On a donc enfin défini ce qu'est une «douleur intolérable», physique ou psychologique. Tiens, c'est nouveau, ça. Je croyais que le seuil de tolérance était variable d'une personne à l'autre, tout comme le niveau d'entêtement peut atteindre des sommets inimaginables (on en a la preuve régulièrement par les temps qui courent).

    La Montagne a accouché d'une toute petite Souris, comme d'habitude. Des milliers d'arbres sacrifiés pour imprimer l'opinion d'honnêtes gens (dont je suis), des heures de délibérations, des hochements de tête, des airs compassés, des attitudes faussement compréhensives, voilà ce que la Commission nous a donné.

    Le déficit du Québec étant ce qu'il est, on aurait pu nous éviter cette farce et réaliser d'immenses économies.

  • France Marcotte - Inscrite 22 mars 2012 15 h 41

    On parle de souffrances intolérables


    Peu importe l'état de santé de notre systèmes de soins (en admettant même qu'il soit idéal), il restera toujours que pour certains les souffrances de la mort seront intolérables, cela est une certitude.
    Mais il faut être bien certains de ne pas mélanger les choses.

    Si je supplie de mourir tellement je souffre et qu'on me le refuse, on fera preuve de cruauté à mon endroit. Le problème, c'est que je suis pas certaine d'être capable de faire une demande écrite...cela m'angoisse.