La CLASSE s'invite à la marche contre la brutalité policière

Les grenades en caoutchouc et les grenades en métal doivent être lancées au-dessus de la tête des manifestants. Lors de l’implosion, elles génèrent une déflagration importante et elles libèrent un irritant chimique. Elles ne sont pas censées faire de fragments.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les grenades en caoutchouc et les grenades en métal doivent être lancées au-dessus de la tête des manifestants. Lors de l’implosion, elles génèrent une déflagration importante et elles libèrent un irritant chimique. Elles ne sont pas censées faire de fragments.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) se prépare à une journée mouvementée aujourd'hui alors que des étudiants s'invitent à la marche annuelle du Collectif opposé à la brutalité policière (COBP), un événement qui s'est conclu par du grabuge 13 fois en 15 ans.

La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) invite ses membres à participer à la marche du COBP à compter de 17h. Le président de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, sera présent pour dénoncer l'utilisation excessive de la force par les policiers lors des manifestations récentes des étudiants à Québec et à Montréal.

Un étudiant, Francis Grenier, a été blessé gravement à un oeil, le 7 mars dernier, lors de l'occupation du siège social de Loto-Québec, où se trouvent les bureaux de la CREPUQ.

Selon la CLASSE, il a reçu des fragments d'une grenade assourdissante lancée dans la foule. Deux autres étudiants ont aussi subi des blessures mineures. L'incident fait toujours l'objet d'une enquête interne de la part du SPVM. Selon l'inspecteur en chef de la planification des opérations, Alain Bourdages, il est encore trop tôt pour établir avec certitude la cause des blessures subies par le jeune Grenier.

Armes intermédiaires

Le SPVM utilise les grenades assourdissantes et irritantes pour contrôler les foules lors de manifestations depuis 2008, et il n'a pas l'intention de renoncer à ces armes intermédiaires. C'est à la suite de l'émeute survenue à Montréal-Nord que la police a revu ses modes d'intervention en présence de foules hostiles. Une policière avait alors été atteinte d'une balle à la jambe lors de cet affrontement où les policiers travaillaient avec leurs bâtons télescopiques pour tenter de disperser les émeutiers.

Le SPVM a cru bon de mettre une distance entre policiers et manifestants que permet l'utilisation de grenades assourdissantes ou irritantes. Ces dispositifs servent à éloigner la foule quand celle-ci refuse d'obtempérer aux ordres. Pour la première fois, le SPVM a fait un long exposé aux médias hier sur le fonctionnement et l'utilité de ces armes intermédiaires.

Les grenades en caoutchouc et les grenades en métal doivent être lancées au-dessus de la tête des manifestants, en principe. Lors de l'implosion, elles génèrent une déflagration importante (jusqu'à 175 décibels) et elles libèrent un irritant chimique (le CS). Elles ne sont pas censées faire de fragments. «L'utilisation des grenades, c'est pour éviter justement le plus de blessures possible avant d'en arriver au bâton», a dit M. Bourdages.

Lors de la manifestation du 7 mars, les policiers du SPVM ont utilisé 37 jets d'aérosol CS, 9 grenades de caoutchouc et une grenade métallique afin de disperser les étudiants. Ils bloquaient le siège social de Loto-Québec depuis environ 50 minutes lorsque l'antiémeute a décidé de reprendre le contrôle de la rue. Certains étudiants ont offert une résistance passive, mais d'autres ont lancé des bouteilles en direction des policiers.

L'inspecteur Bourdages a invité le mouvement étudiant à une plus grande collaboration pour éviter la confrontation. Il conseille aux manifestants de se disperser rapidement lorsque les policiers l'exigent, et il invite les organisateurs à fournir l'itinéraire de leurs marches pour des raisons de sécurité. La CLASSE et le COBP refusent tous deux d'accéder à cette demande.

Gabriel Nadeau-Dubois se méfie du SPVM. Il craint de faciliter les arrestations de masse par la police en donnant l'itinéraire des manifestations de la CLASSE. «Ne pas donner le trajet d'une manifestation, c'est un droit protégé par les chartes, mais se servir d'un engin explosif au milieu d'une foule, ce n'est pas un droit», a-t-il dit.

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Prudence, prévient Montréal

L'administration du maire Gérald Tremblay recommande aux étudiants de ne pas s'associer à la manifestation du Collectif opposé à la brutalité policière qui aura lieu cet après-midi. «Si j'étais les leaders étudiants, je me tiendrais loin de cette manifestation-là, a indiqué hier Claude Trudel, responsable de la sécurité publique au comité exécutif de la Ville. On va respecter leur droit s'ils veulent s'y joindre, mais il y a des risques parce que ça finit malheureusement toujours par un peu de casse. Je ne voudrais pas que les étudiants, qui manifestent de bonne foi et qui ont un message à passer, soient pris dans une situation qui risque d'être délicate.» Claude Trudel n'a par ailleurs pas voulu condamner l'utilisation par les policiers de grenades assourdissantes même si l'une d'elles a blessé un manifestant la semaine dernière. «On verra ce que l'enquête révélera sur l'incident de la semaine dernière, mais je pense que c'est un moyen qui, théoriquement, et lorsque bien employé, est moins risqué qu'un coup de bâton», a-t-il expliqué.
6 commentaires
  • Jacques Anar - Inscrit 15 mars 2012 09 h 25

    Bonne journée!

    Les étudiants vont apprendre quelque chose aujourd'hui. Ils sont déjà passés dans la moulinette mais cette journée-ci est mythique. Les flics se croient au-dessus des lois depuis toujours alors, jeunes amis, soyez très prudents. Vous serez infiltrés comme toujours, soyez vigilants.

    Bravo de vous impliquer pour une société meilleure, plus ouverte, plus instruite et plus juste. La Boétie écrivait: "Ils ne sont forts que de votre faiblesse..."

  • Sebas124 - Inscrit 15 mars 2012 09 h 52

    Surpris?

    Vous êtes surpris que le police Quebecoise fasse preuvent de brutalité dès qu'ils en ont l'occasion? Faites moi rire, entre la police de Québec qui fait du profilage basé sur l'habillement des jeunes, la police étatique qu'est SQ et le SPVM qui s'ammuse a donner le 1/3 de ses contraventions à des itinérants souffrant de maladies mentales vous vous attendiez à quoi? Qu'ils fassent preuve de jugement?

    Ben voyons...Ce sont toujours les polices de vilages qui se prennent pour des shériffs qui sont les plus brutaux. Les services policiers qui ont la vie dure et qui ont appris à être professionels ne cherchent pas le trouble, ils cherchent une solution...

  • Alex Perreault - Inscrit 15 mars 2012 11 h 19

    Spécialisation et division du travail

    En accord avec Sebas124. Le SPVM est une grosse entité.
    Les policiers de quartier ont développé cette courtoisie au contact de la population et de leurs problèmes plus ou moins graves au quotidien.
    Bien sûr ils n'ont que du ressentiment pour les gens "extraordinaires", par exemple les intinérants, les personnes qui s'affichent marginales, car leur métier n'est pas de se soucier de leur sort mais de protéger "la société". Ils sont par définition plus conservateurs que la moyenne des ours.

    Cependant, il existe dans leur fraternité des individus qui travaillent en escouades. Crimes, Drogues, Meurtres et finalement Émeutes. Ces derniers, sont militarisés, progressivement désensibilisés à la peur qui habite la plupart d'entre nous lors d'événements extrêmes. C'est sans compter qu'ils sont sélectionnés en fonction de leur capacité à exercer une grande violence sans trop d'état de conscience.

    Ils sont entraînés à détester ceux qui s'opposeront à eux!
    À cet égard, un certain nombre de casseurs seraient de très bonnes recrues, si ce n'était de leur rejet radical de l'autorité, principe fondamental d'un militarisme radical.

    Les policiers anti-émeutes sont des fondamentalistes! ;-)

  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS - Inscrit 15 mars 2012 12 h 25

    bonne chance

    Je souhaite une bonne chance au manifestants en souhaitant qu'il n'y a pas d'hurluberlu causant du grabuge et dommage.

  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS - Inscrit 15 mars 2012 13 h 21

    bonne chasse

    Et si il y a du grabuge, j'espère que les policiers entreront rapidement et virilement en action pour limiter les dommages et arrêter tous les coupables.