Le ton monte entre la CCQ et le syndicat

Le ton a monté d'un cran hier dans le litige opposant la Commission de la construction du Québec (CCQ) et le Syndicat des employés professionnels et de bureau (SEPB-FTQ).

Le directeur exécutif du SEPB, Serge Cadieux, a demandé hier l'arbitrage, une proposition «faite de bonne foi» pour rétablir «la paix industrielle» dans le secteur de la construction. «Il y a une façon civilisée de régler le différend. Ça ne se fait pas nécessairement par une grève ou un lockout», a dit M. Cadieux.

Cette stratégie de la main tendue a aussitôt été rejetée par la présidente-directrice générale de la CCQ, Diane Lemieux. Les membres du conseil d'administration ont reconduit le mandat pour déclencher un lockout accordé en novembre dernier à Mme Lemieux. «Le lockout, on en a discuté, mais je vais m'en tenir à ça. Le mandat existe toujours», a-t-elle dit.

Puisqu'il faut l'accord des deux parties en droit du travail pour aller en arbitrage, l'impasse persiste.

La partie patronale compte présenter une proposition détaillée au SEPB lors de la prochaine rencontre de conciliation, le 27 mars. Il s'agira pratiquement d'un ultimatum afin de trouver une solution définitive au déficit du régime de retraite, évalué à 136 millions par la CCQ. «C'est pas mal clair où je vais atterrir sur le contenu. On cherche des solutions pour faire des modifications au régime et le préserver», a expliqué Mme Lemieux.

Le SEPB et la CCQ sont propriétaires à parts égales du régime de retraite. Dans un contexte où il y a un manque à gagner, le syndicat est dans une position inconfortable, estime Mme Lemieux. À son avis, c'est ce qui expliquerait les sorties coup sur coup en deux jours de Serge Cadieux pour faire état de la menace imminente d'un lockout et suggérer l'arbitrage de différends. «Le vrai fondement de ces grandes manoeuvres stratégiques, c'est que ce n'est pas facile pour le syndicat. C'est une négociation où on doit faire l'admission, de part et d'autre, que le régime de retraite est en danger. Si on veut le préserver, il faudra tous faire des sacrifices», estime-t-elle.

Ce à quoi M. Cadieux rétorque que le SEPB a fait des propositions pour renflouer le régime en juillet dernier, sans obtenir de réponse de la CCQ.

À ces difficultés s'ajoute le flou juridique entourant l'accréditation syndicale du personnel de la CCQ. Le SEPB représente à la fois les 600 employés de bureau de la CCQ et les 300 employés habilités à faire des enquêtes. En vertu de la nouvelle Loi concernant la lutte contre la corruption, les enquêteurs doivent faire partie d'une unité syndicale distincte qui n'a aucun lien avec les syndicats de la construction.

Le SEPB conteste les dispositions de la loi devant la Commission des relations du travail (CRT) au nom du droit fondamental à la liberté d'association. Une décision à ce sujet est attendue en juin. Dans l'intervalle, le SEPB continue de représenter les 300 enquêteurs, mais il ne peut pas renouveler la convention collective en leur nom.

Cette bataille constitutionnelle n'est pas un frein à la reprise des pourparlers, affirme Mme Lemieux. La CCQ exige cependant que le SEPB abandonne les procédures pour faire suspendre les négociations dans l'attente d'un jugement sur la question de l'affiliation. La CRT a débouté le SEPB le 23 février dernier, estimant la requête en suspension des négociations prématurée. Les avocats du syndicat ont confirmé par écrit qu'ils prenaient acte de la décision, mais ils n'ont pas renoncé explicitement à leur droit d'appel.

Serge Cadieux a dit hier en conférence de presse que le syndicat n'interjetterait pas appel, mais Diane Lemieux reste sur ses gardes. Elle exige un engagement clair et par écrit du syndicat à ce sujet.

M. Cadieux et Mme Lemieux n'ont pas cessé de se répondre par l'intermédiaire des médias hier, une preuve irréfutable que le torchon brûle entre les deux parties.
2 commentaires
  • Moteur - Inscrit 7 mars 2012 04 h 53

    Un filon intéressant!

    Pour faire dérailler le train!
    Sinon y restera toujours les fameux :''Je m'en souviens pus!''

  • Carole Dionne - Inscrite 7 mars 2012 16 h 09

    Mme Lemieux a été engagé pour son style

    De lionne!! Il faut bien qu'elle montre qu'elle a du cran. Presque partout où elle a passé, elle s'est fait connaitre pour sa rigidité et faire comme Stéphane Gendron: faire le contraire pour garder sa notoriété de lionne.