Justice - Coupable du meurtre d'une prostituée

Victor Martinez Morales rêvait d'une vie meilleure au Canada, mais pour 20 $ de trop et un sourire narquois de son «escorte» sexuelle fétiche, il s'est abandonné à une rage meurtrière qui lui vaudra un séjour en prison avant son expulsion fatidique vers son pays d'origine, le Mexique.

L'homme a reconnu hier sa culpabilité à des accusations réduites d'homicide involontaire coupable sur Mylène Dupuis, une prostituée, et voies de fait armées sur son chauffeur, Karl Pierre-Louis. Le travailleur mexicain a asséné 14 coups de couteau à sa victime, le 19 février 2011, dans le hall de son logement de Saint-Michel. Ce n'est pas tant les 20 $ que Mylène Dupuis lui réclamait pour le «temps supplémentaire» passé avec lui qui l'ont fait craquer, mais son sourire. Un sourire de satisfaction de la jeune femme de 21 ans, revenue collecter son dû avec Pierre-Louis, un homme costaud muni d'une arme à feu (fausse ou réelle) qui n'a jamais été retrouvée.

Victor Martinez Morales a ressenti «une grande colère et il a perdu le contrôle», a expliqué son avocat, Martin Latour. Il avait développé un attachement malsain pour Mylène Dupuis. «Il était souvent avec elle. C'était la seule [femme] pour lui», a précisé Me Latour.

Le jeune ressortissant mexicain de 35 ans a à peine effleuré Karl Pierre-Louis, qui a réussi à prendre la fuite, pour s'acharner plutôt sur la pauvre femme sans défense. Il est resté au pied du cadavre pendant que les voisins composaient le 911 à sa demande, et il a fait des déclarations incriminantes aux policiers, si bien que des accusations initiales de meurtre non prémédité et de tentative de meurtre ont été portées contre lui.

Lors de l'enquête préliminaire, ses voisins ont insisté sur sa nature «gentille, calme et douce». Il détenait un permis de travail au Canada depuis moins d'un an lors du drame. Il était venu au Canada avec le soutien financier et affectif de sa famille, restée au Mexique, dans l'espoir d'améliorer son sort.

Victor Martinez Morales sera assurément expulsé vers le Mexique dès sa sortie de prison. Les audiences en détermination de la peine auront lieu le 13 mars prochain. En matière d'homicide involontaire, les peines varient du sursis jusqu'à l'emprisonnement à vie selon les circonstances.