Le maire invite les indignés de Montréal à quitter «la tête haute»

Aujourd'hui, les indignés ont convoqué les médias à une conférence de presse à leur campement du square Victoria, au centre-ville de Montréal, afin d’annoncer le lancement de la «phase trois» de leurs actions.
Photo: - Le Devoir Aujourd'hui, les indignés ont convoqué les médias à une conférence de presse à leur campement du square Victoria, au centre-ville de Montréal, afin d’annoncer le lancement de la «phase trois» de leurs actions.

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, invite poliment les participants au mouvement «Occupons Montréal» à quitter le square Victoria, qu’ils occupent depuis maintenant plus d’un mois.

Dans un communiqué transmis en fin de journée, aujourd'hui, M. Tremblay a fait valoir que «les indignés peuvent quitter la tête haute» puisque leurs préoccupations ont été entendues.

Tout en affirmant que la Ville de Montréal a «clairement démontré qu’elle était une ville tolérante», le maire Tremblay en appelle au sens des responsabilités des occupants, histoire d’éviter que l’expérience ne prenne fin de façon désolante, comme ce fut le cas dans d’autres villes nord-américaines.

Quelques heures auparavant, lors d’un point de presse organisé au campement improvisé dans le parc du centre-ville, les indignés avaient promis de mener une série d’actions dans les semaines à venir.

Ils ont refusé de révéler la nature de ces actions, qualifiées de «directes et pacifiques», mais ont assuré que celles-ci se dérouleraient aux quatre coins de la ville afin d’accroître leur visibilité. Loin de baisser les bras à l’approche de l’hiver, ils ont promis que des citoyens se mobilisaient dans certains quartiers de la métropole.

L’un des participants mandatés pour livrer le message lors du point de presse a expliqué que les actions cibleront certains groupes en particulier.

«Étant donné qu’on est bien établi ici, qu’on commence à vraiment avoir une bonne préparation pour l’hiver, on va avoir davantage d’actions ciblées sur les acteurs dont on considère qu’ils contrôlent, par exemple, le milieu financier, le niveau économique, le niveau politique et qui sont un peu à la source des problèmes que l’on identifie», a-t-il dit.

Les indignés souhaitent que leurs actions engendrent «un effet domino sur l’ensemble de la société». À ce titre, les citoyens sont invités à s’impliquer dans le mouvement.
«Beaucoup de gens critiquaient notre mouvement, [disant] qu’on était une bande de campeurs, des drogués qui ne prenaient pas d’actions. [...] C’est pour ça qu’on invite tous les acteurs à nous dire comment on peut, justement, aller au-delà d’une simple occupation et que ça ait un impact sur l’ensemble de la société», a lancé un participant.

Ils ne comptent toutefois pas cesser l’occupation du square Victoria, qu’ils ont renommé «Place du peuple». Toutefois, certains participants se relaieront afin de permettre aux indignés fatigués de rentrer chez eux de temps en temps.

Bien qu’il soit difficile d’obtenir des chiffres exacts, un manifestant a évalué à entre 50 et 60 le nombres de personnes dormant toujours entre les gratte-ciel.

La présence d'itinérants


Répondant aux questions concernant la présence d’itinérants, de toxicomanes et de personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale parmi les participants, les indignés ont assuré qu’ils tentaient du mieux qu’ils le peuvent de prendre soin des «exclus» de la société, leur mouvement se voulant «inclusif». Ils ont affirmé qu’ils ne voyaient pas de problème à accueillir tous ceux qui viennent chercher refuge auprès d’eux, mais qu’ils aimeraient obtenir plus d’aide de la part des autorités.

Rappelons que «Occupons Montréal» a débuté le 15 octobre dernier, dans la foulée d’un mouvement ayant vu le jour à New York. Les protestataires dénoncent entre autres l’influence grandissante du monde la finance et déplorent que 99 pour cent de la population soit exclue de la richesse et des décisions.

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