Le mouvement canadien s'essouffle en raison des avis d'expulsion

Les «indignés» de Victoria, en Colombie-Britannique, ont vu leur nombre fondre comme neige au soleil à la suite de la publication d'un avis d'expulsion samedi, alors que leurs camarades de Toronto ont juré de poursuivre leur combat même s'ils devaient perdre la bataille juridique visant à protéger leur campement.

La police de Victoria a indiqué que la majorité des protestataires avaient choisi d'obéir à l'ordre de la cour les obligeant à quitter les lieux avant 7 h, si bien qu'il ne restait plus que quelques tentes samedi matin au Centennial Square.

Le parc avait déjà compté jusqu'à 70 tentes, mais il n'en avait plus que 12 samedi, au moment du délai fixé par le tribunal.

La Ville retournerait devant les tribunaux la semaine prochaine afin de demander une ordonnance si des contestataires refusaient de plier bagage, ont fait savoir les forces de l'ordre.

À Toronto, le juge de la Cour supérieure d'Ontario David Brown décidera ce matin du sort du campement du parc St. James, mais les membres d'Occupy Toronto ont affirmé samedi que le mouvement continuerait même si les tentes devaient être retirées.

Les campements des villes d'Halifax, de Regina et de Saskatoon ont été démantelés, tandis que les «indignés» de Vancouver et de Calgary font face à des avis d'expulsion, tout comme ceux de Victoria et de Toronto.

À Victoria, le juge de la Cour suprême de la Colombie-Britannique Terence Schultes a tranché vendredi, affirmant que la liberté d'expression n'était pas un argument suffisamment fort pour outrepasser les règlements municipaux.

Le maire de la ville, Dean Fortin, s'est dit satisfait de l'arrêt, soulignant que le ton de la manifestation avait changé en cours de route. «Les inquiétudes croissantes pour la sécurité et la santé publiques ont fait en sorte que le campement n'est pas compatible avec les autres événements de la collectivité», a-t-il fait valoir.

Du côté d'Occupy Edmonton, les manifestants ont reçu samedi l'ordre de quitter le terrain privé où ils se sont installés de la part de Melcor Developments sous peine d'être attaqués en justice s'ils n'obtempéraient pas.

À la fin d'octobre, l'entreprise avait exigé le départ des contestataires, mais son président, Ralph Young, avait ensuite déclaré qu'ils pouvaient rester tant qu'ils occupaient l'endroit de manière responsable et pacifique.

Climat extrême


La police d'Edmonton a demandé samedi soir aux organisateurs du campement de surveiller étroitement chaque occupant du site en raison des températures extrêmement froides annoncées et des risques d'empoisonnement au monoxyde de carbone liés à l'utilisation d'appareils de chauffage.

La température est descendue à -25 degrés Celsius dans la capitale de l'Alberta au cours de la nuit de samedi à dimanche.

Les protestataires de Vancouver ont eux aussi reçu un avis d'expulsion, l'échéance ayant été fixée à 14 h, aujourd'hui.

La juge de la Cour suprême de la Colombie-Britannique Anne MacKenzie a donné raison aux avocats de la Ville, arguant que les protestataires installés devant la Vancouver Art Gallery occupaient illégalement des terrains municipaux.

Malgré les critiques formulées à son endroit sur la façon dont il a géré l'occupation des indignés dans sa ville, le maire de Vancouver, Gregor Robertson, a été réélu à son poste samedi. M. Robertson a été reporté au pouvoir pour un deuxième mandat lors des élections municipales qui se déroulaient en Colombie-Britannique. Le maire de Victoria, Dean Fortin, a aussi été réélu.

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D'après La Presse canadienne

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