À Montréal et Québec, les autorités pressent le démantèlement des abris

À Montréal, les autorités ont relevé 18 structures qui ne seraient pas sécuritaires et ont ordonné aux manifestants de les démanteler avant demain.
Photo: François Pesant - Le Devoir À Montréal, les autorités ont relevé 18 structures qui ne seraient pas sécuritaires et ont ordonné aux manifestants de les démanteler avant demain.

Au Québec, les cols bleus visitent les indignés pour démanteler des abris. Ailleurs au Canada, des villes ont recours aux tribunaux pour tenter d'expulser les manifestants qui occupent des places publiques.

Les indignés de Montréal ont reçu hier la visite de travailleurs municipaux pour démanteler les installations jugées non sécuritaires par la Ville, comme les manifestants de Québec qui, eux, doivent littéralement quitter depuis deux semaines la place de l'Université-du-Québec à la demande du maire, Régis Labeaume.

Quelques cols bleus se sont rendu au square Victoria à Montréal pour aider les indignés à défaire les 18 structures qui ne sont pas sécuritaires selon l'administration. Mercredi, la Ville avait ordonné que le démantèlement se fasse avant demain.

La Ville assure que la visite des cols bleus n'est pas un signe qu'une éviction approche, sans toutefois s'engager à tolérer le mouvement à long terme, comme le souhaitait Occupons Montréal. «On continue d'analyser la situation au jour le jour, on ne se prononce pas pour l'avenir, mais on y va en fonction des progrès constatés sur le terrain et en fonction du maintien de la sécurité publique», explique le porte-parole à la Ville de Montréal Gonzalo Nunez.

Des manifestants assurent que la Ville leur a à tout le moins fourni l'engagement que la police antiémeute ne viendrait jamais les chasser du square Victoria.

Les cols bleus ont simplement demandé à ce que les travaux s'accélèrent, ont-ils raconté. «Ils ont peut-être levé une planche ou deux, mais c'est tout, a dit Éloi, qui s'affairait à dévisser des planches qui formaient un abri. On va tout défaire pour dimanche, mais on a peur qu'après, la Ville interdise d'autres types d'abris.»

Justement, huit grandes tentes militaires devaient arriver sur le site d'Occupons Montréal hier. Et on envisage de les munir de poêles à granules.

À Québec


À Québec, les policiers et pompiers de la ville poursuivaient hier leurs interventions quotidiennes sur le site des indignés sans pour autant forcer leur expulsion.

Une partie du campement d'Occupons Québec, situé au centre-ville, a été démantelée par les autorités le matin. Entourés par un grand nombre de policiers, des employés de la Ville de Québec ont démoli une structure de bois et de tôle. Des outils légers, comme des pieds-de-biche, ont notamment été utilisés. «On est intervenus pour démanteler une construction, puis on va revenir dans les prochains jours», a expliqué un porte-parole de la Ville. «La position de la Ville demeure toujours la même: on souhaite que la place devienne libre de toute installation.»

Depuis deux semaines, les policiers et pompiers interviennent presque tous les jours pour retirer graduellement des installations du site. Le 3 novembre, le maire Régis Labeaume avait donné au groupe quelques heures pour démanteler le campement. Les indignés ont refusé de s'exécuter, mais la Ville ne les a pas expulsés pour autant.

Au dernier conseil municipal, le maire a souligné que, contrairement à ce que certains médias avaient soutenu, il n'avait jamais ordonné l'expulsion des indignés.

Ses propos du 3 novembre laissaient en effet place à plus d'une interprétation. «On leur demande de quitter dans les prochaines heures. Autrement, on devra poser les gestes appropriés pour sécuriser le site», avait-il répété en pesant bien ses mots.

Ailleurs au Canada


À Victoria et à Vancouver, en Colombie-Britannique, deux juges, dans des cas séparés, ont tranché que la nécessité des deux villes de faire respecter les règlements municipaux primait la liberté d'expression des manifestants. Or, à Victoria, la cour n'a pas donné les outils nécessaires aux autorités municipales pour faire appliquer la décision. La Ville devra donc retourner en cour pour pouvoir expulser les protestataires s'ils refusent de rentrer chez eux.

Un juge de la Cour supérieure de l'Ontario, David Brown, doit rendre son jugement dans un dossier similaire concernant Toronto lundi. En cour, hier, il a paru agacé que l'avocate des indignés utilise le terme «expulsion», indiquant que la Ville veut simplement appliquer ses règlements.

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Avec La Presse canadienne

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