Occupons Québec: les autorités demeurent prudentes

Les manifestants du mouvement «Occupons Québec» avaient reçu ordre de quitter le parc qu'ils occupent avant la fin de la journée de lundi
Photo: Yan Doublet - Le Devoir Les manifestants du mouvement «Occupons Québec» avaient reçu ordre de quitter le parc qu'ils occupent avant la fin de la journée de lundi

Québec — Les autorités municipales de Québec jouaient de prudence, aujourd'hui, quatre jours après avoir signifié un ordre d'éviction aux quelques dizaines d'«indignés» résolus à poursuivre l'occupation de la place de l'Université-du-Québec.

Des représentants des occupants étaient attendus en soirée à l'hôtel de ville à l'occasion de la réunion du conseil municipal.
 
Comme ils l'avaient fait vendredi dernier, les policiers de Québec ont visité le site aujourd'hui pour saisir du bois de chauffage, des bâches et autres équipements de fortune. L'opération s'est déroulée sans heurts.
 
La Ville invoque des raisons de sécurité pour mettre un terme à l'occupation des lieux.
 
Pour l'instant, il n'est pas question d'employer la méthode forte pour déloger les manifestants, a indiqué le porte-parole de la Ville de Québec, Jacques Perron.
 
«On veut qu'ils quittent les lieux — notre message est très clair. Qu'ils viennent manifester chaque jour s'ils le désirent, mais qu'ils partent le soir venu. Ce n'est pas un endroit pour s'installer de façon permanente. On continue de dialoguer pour les convaincre de défaire les tentes, c'est notre plan pour les 24 ou 48 prochaines heures», a dit M. Perron.
 
Quant à leur présence à la réunion du conseil municipal de lundi soir, M. Perron a indiqué qu'«ils sont libres d'intervenir à la période de questions, mais ce n'est pas une tribune pour faire le débat».
 
Ordre de quitter

Les manifestants du mouvement «Occupons Québec» avaient reçu ordre de quitter le parc qu'ils occupent avant la fin de la journée d'aujourd'hui, les autorités municipales estimant que l'endroit n'est pas sécuritaire.
 
La semaine dernière, les dirigeants avaient confisqué des bonbonnes de gaz et d'autres objets représentant un risque après qu'un petit incendie ait éclaté dans une des tentes.
 
Ailleurs au pays, des dizaines de manifestants d'«Occupons la Nouvelle-Écosse» qui campaient à l'extérieur de l'hôtel de ville d'Halifax ont remballé leurs tentes, aujourd'hui, pour déménager vers un nouvel emplacement.
 
Les manifestants, qui se sont installés il y a environ trois semaines, procédaient aujourd'hui au nettoyage des environs et déposaient les tentes dans une fourgonnette. Ils disent vouloir permettre la tenue des cérémonies du jour du Souvenir, vendredi, autour du principal monument commémoratif de la guerre de la ville.
 
Le porte-parole Shawn Wilson a déclaré qu'il était prévu que l'ensemble des 60 protestataires transféreraient leurs tentes au parc Victoria voisin d'ici demain, mais que ceux-ci devaient revenir sur la place publique samedi.
 
Par ailleurs, les participants au mouvement «Occupons Victoria» ont aussi commencé à déménager leurs tentes, pendant que les manifestants installés à Vancouver ont reçu un premier avertissement formel de quitter au moment où les autorités municipales intensifient leurs efforts pour les chasser.
 
Les manifestants de Victoria se sont déplacés, aujourd'hui, vers un secteur plus près de l'hôtel de ville, un geste de conciliation qu'ils disent poser pour permettre la construction d'une patinoire pour le temps des Fêtes.
 
Un des participants, Robert Barron, affirme que les manifestants n'ont pas l'intention de s'éloigner du centre-ville et qu'ils comptent sensibiliser les familles qui fréquenteront la patinoire.
 
Les autorités de Victoria pourraient commencer à demander des injonctions judiciaires ordonnant aux manifestants de quitter les lieux, pendant que les dirigeants de Vancouver s'apprêtent à adopter une mesure similaire. Ce matin, les autorités vancouvéroises ont affiché des avis demandant aux manifestants de se disperser, une première étape avant que la Ville ne demande une injonction des tribunaux ordonnant leur départ.
 
Une participante au mouvement de Vancouver est morte samedi, vraisemblablement d'une surdose de drogue.
4 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 7 novembre 2011 17 h 22

    mode solution ??

    "Qu'ils viennent manifester chaque jour s'ils le désirent, mais qu'ils partent le soir venu. Ce n'est pas un endroit pour s'installer de façon permanente. ".... me semble une solution, si on veut garder une image publique..

    Une autre serait d'offrir un sous-sol d'église pour qu'ils discutent autant qu'ils veulent et invitent leurs concitoyens à se joindre à eux pour trouver des solutions, au-delà de la constatation d'indignation..

    Mais ces gens sont-ils en mode solution ou cherchent-ils à jouer les "martyrs de capitalisme" et provoquer les policiers ? L'idéalisme peut rendre aveugle aussi..

  • Nelson - Inscrit 7 novembre 2011 18 h 53

    Précisez vos messages stratégiques

    Si vous ne voulez pas les abus et excès de la droite...ne votez pas pour la droite.

    Si vous voulez plus de régulations, réglementations, surveillance du privé...élisez des gouvernements que ne couchent pas avec le privé.

    Si vous voulez plus d'équité fiscal, et meilleure répartition des richesses et ressources de nous tous...votez par des gouvernements progressistes de centre-gauche.

    Le Capitalisme n'est pas l'ennemie, il est juste un instrument...bon si utilisé par des bons politiciens....mauvais si utilisé par des politiciens prostitués.

    Élisons des bons politiciens pour éviter les abus du privé.!!!

  • Jean Michaud - Inscrit 7 novembre 2011 19 h 29

    Respect aux gens qui veulent parler.

    Ils sont propre, non-violent, nos devons donner notre appui à cette idée qui se veut..... la parole aux citoyens. Ces gens ne vous coûtes rien en argent. Les dépenses de nos politiciens, eux, vous savez.

    Pourquoi eux (les politiciens) peuvent dormir dans de grands hôtels et les indignés, eux, ne peuvent dormir dehors!!!!Quel beau paradoxe!!!

  • Simon Michaud-Blais - Inscrit 8 novembre 2011 00 h 33

    Personne ne cherche à jouer les martyrs là-bas.

    Les médias relatent les faits organisationnels du campement de Québec, mais ne couvrent pas les fondements du mouvement, le but du campement, ni même l'indignation. C'est donc normal que plusieurs personnes se questionnent sur la nécessité du dit campement. Moi je vous dis, venez faire un tour, c'est la seule manière de comprendre pourquoi ils sont là, pourquoi ils veulent rester et pourquoi c'est nécessaire. Ensuite vous pourrez décider si vous trouvez ça pertinent ou non. Venez faire un tour. Participer à une assemblée générale.

    Personnellement, je pense que la démocratie n'a tout simplement plus cours aujourd'hui. Il me semble que quand la grande majorité de la population a de forts doutes sur un potentiel réseau de corruption et de collusion directement en lien avec les représentants qu'ils élisent et qu'ils ne peuvent même pas être assurés qu'une enquête publique juste aura lieu, c'est qu'on n'est plus en démocratie, où le peuple aurait le pouvoir. La démocratie une fois aux quatre ans? Sûrement pas!

    Je vous entend dire "oui mais proposez au lieu de chialer!". Au campement ils font encore mieux que ça. Ils ne font pas que lancer des idées, ils testent. Le concept de démocratie directe est testée dans des centaines d'occupation à travers le monde. Et si ça ne fonctionne pas, une chose et sûr, c'est ce système qui permettra de trouver collectivement une manière de procéder véritablement démocratique et efficace.