Le pont Champlain peut être remplacé en cinq ans, selon des gens d'affaires

Le pont Champlain pourrait être remplacé plus rapidement selon des leaders économiques.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le pont Champlain pourrait être remplacé plus rapidement selon des leaders économiques.

Des leaders du milieu économique souhaitent l'accélération des travaux de remplacement du pont Champlain afin de doter la région d'une nouvelle infrastructure dans un délai de cinq à six ans plutôt que les dix ans prévus par le gouvernement fédéral.

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain croit possible la construction d'un nouveau pont selon un calendrier plus serré, comme le lui ont confirmé quatre firmes de génie-conseil. «Il faut toutefois qu'il n'y ait aucun obstacle politique ou administratif pour ralentir les travaux. Et surtout, le gouvernement devra résister à toutes demandes de réduction de la capacité du prochain pont», a affirmé Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce.

M. Leblanc participait hier matin aux consultations menées par le ministre des Transports, Denis Lebel concernant le nouveau pont qui enjambera le Saint-Laurent. Le ministre Lebel a annoncé le 5 octobre dernier que le gouvernement du Canada irait de l'avant pour remplacer le pont Champlain qui a atteint sa durée de vie utile.

Corridor commercial

La Fédération des chambres de commerce a également soulevé la question des délais, qui représente un véritable enjeu, selon elle. «Quand le ministre Lebel a parlé d'une décennie, on a tous sursauté. On ne veut pas que le festival des cônes orange se poursuive pendant dix ans», a déclaré le vice-président de la Fédération, Denis Hamel.

Pour ce dernier, il est clair que plus les travaux s'étireront dans le temps, plus il y aura un risque de réduire l'attrait de Montréal ainsi que celui du corridor commercial avec les États-Unis que représente le pont Champlain. «Sans être prophète de malheur, il y a un risque réel d'un déplacement d'entreprises vers l'Ontario. Là où l'on est le plus inquiet, c'est du côté du Port de Montréal. La tentation sera grande d'utiliser le chemin de fer que l'on prévoit entre Windsor et Detroit. Les entreprises vont aller là où le transport est plus fluide», a expliqué M. Hamel.

Au Port de Montréal, on souligne que la réputation de l'organisation est basée sur la rapidité d'expédition. «On veut garder notre compétitivité. Cela implique que la construction le plus rapidement possible, c'est le mieux», a commenté la directrice des communications du Port, Michèle Beaubien.

Par ailleurs, la Chambre de commerce a demandé au ministre Lebel de mettre sur pied un bureau de projet afin de coordonner l'ensemble des travaux. Une telle concertation existe déjà depuis quelques mois du côté provincial. Mais le fédéral n'y a jamais participé.

Pour ce qui est de la question du péage, la Chambre de commerce s'est dite ouverte au concept, mais a posé trois conditions: le péage ne doit entraîner aucun ralentissement de la circulation, l'argent recueilli doit être réservé à l'entretien du pont et les tarifs doivent être stables et prévisibles à long terme. Le ministre Lebel entend poursuivre ses consultations au cours des prochaines semaines, notamment auprès du gouvernement du Québec et des municipalités.
5 commentaires
  • Christian Lemay - Inscrit 1 novembre 2011 06 h 55

    Faut-être réaliste

    Bien beau souhaiter accélérer la construction d'un nouveau pont Champlain, mais il faut quand même prendre le temps de bien concevoir ce nouveau pont pour ne pas hériter d'un autre pont qui ne durerait que 50 ans... Et puis il y a les autorisations environnementales à obtenir, 2 ans minimum, qui peuvent avoir un impact sur le concept, ce qui rend l'échéancier de 5 ou 6 ans irréaliste. Dans un mode "urgence", 8 ans est pratiquement le plus rapide qui pourrait être fait...

  • Sylvain Auclair - Abonné 1 novembre 2011 08 h 18

    Et l'architecte

    Et n'oublions pas un concours international d'architecture. Et peut-être une formation pour certains ingénieurs, car nos ponts les plus durables ne sont-ils pas des constructions en acier plutôt qu'en béton ?

  • bourgeoisgentilhomme - Inscrit 1 novembre 2011 08 h 35

    pourquoi pas 5 ans

    le Pont de la Confédération a été complété en moins de temps que cela et il est beaucoup, beaucoup plus long et les marées sont sûrement beaucoup, beaucoup plus fortes et les hivers aussi.

  • Sylvain Auclair - Abonné 1 novembre 2011 10 h 36

    Comparaison avec le pont de la Confédération

    Il ne faut pas oublier que le pont de la Confédération est peut-être plus long, mais il n'offre que deux voies...

  • bgm - Inscrit 1 novembre 2011 10 h 38

    trains

    Pourquoi ne pas investir dans le transport ferroviaire s'ils veulent rester compétitifs? Un nouveau pont ne fera que retarder très légèrement le problème, puisqu'on ne pourra jamais augmenter significativement la capacité (et quelle absurdité d'avoir des 18 roues pris dans le traffic partout à Montréal).

    Au lieu de gaspiller leur temps/argent à se battre contre les citoyens (qui ne veulent pas d'augmentation de la capacité), qu'ils utilisent cette énergie pour proposer des solutions plus intéressantes.