Sondage sur les jeunes Québécois - Des cyberdépendants souffrant de solitude

Être branché ne sort pas nécessairement de l’isolement.
Photo: Agence Reuters Punit Paranjpe Être branché ne sort pas nécessairement de l’isolement.

Ouvert sur le monde, mais pas très «vert», grand consommateur et cyberdépendant, mais nostalgique et souffrant du mal de vivre. Voilà le portrait du jeune Québécois brossé à grands traits par un sondage Léger Marketing commandé par Hebdos Québec dévoilé aujourd'hui. Si certains résultats ne surprennent guère, d'autres viennent secouer des idées préconçues. «Ce qui m'a frappé c'est le côté vert des jeunes, qui n'est pas si présent, et leur grande solitude», a dit Gilber Paquette d'Hebdos Québec.

Il est vrai que l'image de grands sauveurs de la planète pourfendant «les baby-boomers pollueurs» colle davantage aux 18-29 ans. Mais, devant les résultats du sondage, force est d'admettre qu'ils ont du chemin à faire avant d'être exemplaires. Alors que 70 % des Québécois ont fait un geste en ce sens, seulement 59 % des jeunes de 18-29 ans l'ont fait. Les jeunes seraient également plus pessimistes que la moyenne des Québécois au sujet de l'amélioration de la qualité de l'environnement: 25 % d'entre eux croient que celle-ci va se détériorer au cours des cinq prochaines années dans leur coin de pays, alors que ce taux est de 17 % pour le Québec. «Certains avancent la théorie que les jeunes ont jeté l'éponge par rapport à l'environnement», a dit M. Paquette, bien qu'il admette que cela nécessitera une autre enquête pour en déterminer les raisons.

Toutefois, les jeunes semblent plus ouverts d'esprit, alors que seulement 39 % d'entre eux considèrent que l'arrivée au Québec d'immigrants d'origines ethniques différentes représente une menace pour la culture québécoise, alors que le taux est de 42 % pour l'ensemble du Québec.

Maladie mentale


De tous les Québécois, ce sont les jeunes (23 %) qui se sentent les plus seuls, révèle l'enquête. Et cette fois, les jeunes de la métropole s'en ressentent particulièrement. Les 18-29 ans ont également une plus grande peur de développer une maladie mentale ou une dépression (25 %) contre 18 % chez la moyenne des Québécois. Les jeunes seraient également nombreux à rêver de vivre à une autre époque (58 %). Et 62 % d'entre eux ont répondu qu'ils trouvaient difficile de ne pas se connecter à Internet pendant quelques jours, contre 54 % pour l'ensemble des Québécois.

«Il y a une corrélation entre ceux qui voudraient vivre à une autre époque et qui disent qu'Internet les isole de leur entourage. C'est comme si les 18-29 ans étaient devenus accros de quelque chose qui ne les comble pas», a analysé M. Paquette.

Autre fait intéressant, les diverses tendances ne suivent pas des logiques géographiques. «Je ne peux même pas dire que l'Est et l'Ouest pensent de la même façon. Le Québec est un gruyère. Il y a des façons de faire et de penser qui sont propres à un milieu. Mais à 50 kilomètres de là, les gens peuvent penser complètement différemment», a noté M. Paquette.

Intitulée Découvrez le vrai visage du Québec, cette enquête a été réalisée dans 149 localités auprès de 29 016 Québécois hommes ou femmes de 18 ans et plus. La marge d'erreur totale des résultats est de l'ordre de 0,58 %, et ce, 19 fois sur 20, tandis que celle d'un marché individuel est d'environ 6,93 % (basée sur un marché de 200 répondants), et ce, également 19 fois sur 20.

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