Amnistie internationale demande au Canada d'arrêter George W. Bush

L’ex-président américain George W. Bush est attendu la semaine prochaine en Colombie-Britannique. Sur notre photo, M. Bush assistait en fin de semaine à un match de baseball en compagnie de sa femme, Laura.<br />
Photo: Agence Reuters Hans Deryk L’ex-président américain George W. Bush est attendu la semaine prochaine en Colombie-Britannique. Sur notre photo, M. Bush assistait en fin de semaine à un match de baseball en compagnie de sa femme, Laura.

Ottawa — La section canadienne d'Amnistie internationale demande à Ottawa de passer les menottes aux poignets de l'ex-président américain George W. Bush lors de son passage en Colombie-Britannique la semaine prochaine.

Human Rights Watch, pour sa part, prône une solution moins expéditive, mais demande au gouvernement fédéral d'ouvrir une enquête sur les gestes posés par l'ancien président américain.

Amnistie internationale plaide que les lois canadiennes et le droit international obligent le gouvernement à détenir George W. Bush et à ouvrir une enquête pour crimes de guerre et torture.

«Il revient aux fonctionnaires canadiens d'enquêter, d'arrêter et de traîner devant les tribunaux l'ancien président Bush pour torture lorsqu'il arrivera au Canada la semaine prochaine», a affirmé le secrétaire général d'Amnistie internationale Canada, Alex Neve.

George W. Bush et Bill Clinton doivent participer la semaine prochaine à une conférence économique à Surrey, en Colombie-Britannique.

L'arrestation d'un ancien président américain pourrait causer des tensions entre les deux voisins, mais «une position basée sur des principes vaut bien ce type de problèmes», a fait valoir M. Neve.

Autoriser la torture

Il a soutenu hier devant la presse à Ottawa que l'ancien président a lui-même avoué dans ses mémoires qu'il avait autorisé l'utilisation de la torture contre des suspects dans des affaires de terrorisme.

M. Neve a fait valoir que les Américains avaient utilisé une vaste gamme de méthodes de torture pour faire parler des détenus, dont la simulation de noyade, les agressions physiques et la privation de sommeil. «Tout cela a été approuvé, autorisé et instauré à travers ses décisions répétées», a affirmé Alex Neve en parlant de George W. Bush.

Il a ajouté qu'Amnistie internationale avait fait parvenir un document au gouvernement fédéral exposant l'ensemble de ses obligations en vertu du droit international, et l'incitant à agir. «Il s'agit d'une cause qui fait l'unanimité au sein de notre mouvement», a affirmé M. Neve.

Le bureau du ministre fédéral de la Justice, Rob Nicholson, n'a pas voulu commenter le dossier.

Human Rights Watch, une organisation qui oeuvre dans le même secteur qu'Amnistie, demande à Ottawa de se pencher sur le feu vert donné par l'ancien président à la torture de prisonniers. Le refus de Washington d'enquêter dans ce dossier rend encore plus importante la tâche d'Ottawa, plaide l'organisation.

La Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles a lancé le même appel, soulignant que des ressortissants canadiens avaient été victimes du programme mis en oeuvre par George W. Bush.
1 commentaire
  • Daniel Bérubé - Inscrit 19 octobre 2011 12 h 31

    Voyons... voyons donc...

    Le silence de Rob Nicholson en dit beaucoup...

    S'il s'agirait d'un dirigeant d'une province canadienne... pas problème, même que la chose serait possiblement déjà faite, mais le faire pour un ex-président américain... le gouvernement canadien va sans doute s'excuser à genoux devant G.W.Busch d'avoir... seulement osé lire l'envoie d'Amnistie Internationnal...