Les Montréalais sont les automobilistes les moins frustrés

Dans 11 des 15 villes étudiées par IBM, la congestion routière a provoqué entre 2010 et 2011 une augmentation du nombre d’automobilistes qui atteignent le niveau de la «colère» en cette situation.<br />
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Dans 11 des 15 villes étudiées par IBM, la congestion routière a provoqué entre 2010 et 2011 une augmentation du nombre d’automobilistes qui atteignent le niveau de la «colère» en cette situation.
C'est ce que révèle une étude réalisée par la société IBM à partir de sondages dans 20 grandes villes de la planète et des analyses plus précises dans le cas d'une quinzaine d'entre elles, dont Montréal.

Il ressort de cette étude, qui doit être rendue publique ce matin, que les automobilistes de la grande région de Montréal sont les moins frustrés par la congestion urbaine d'après l'indice mis au point par IBM pour mesurer leurs perceptions du phénomène. Alors que Montréal obtient un indice de 21, soit le plus bas comptabilisé dans le monde, la frustration des automobilistes torontois est plus grande avec un indice de 27, ce qui place la Ville reine entre Stockholm (26) et Chicago (28).

Surprise cependant: dans la ville de Québec, la frustration des automobilistes-répondants est plus grande qu'à Montréal.

On est loin ici, cependant, du niveau de frustration des automobilistes de Pékin (95), de Shenzen (95) et de Mexico (108), qui détient le record.

Augmentation généralisée

Dans 12 des 15 villes, dont la perception des automobilistes a été analysée plus en détail, on rapporte une augmentation importante de la frustration des répondants entre 2010 et 2011. Ainsi à New York, le pourcentage d'automobilistes qui se disent stressés par la congestion routière est passé de 13 à 45 %; à Los Angeles, de 21 à 44 %; à Toronto de 14 à 40 %; à Londres, de 19 à 33 % et à Milan, de 38 à 61 %.

Dans 11 des mêmes 15 villes, la congestion routière a provoqué entre 2010 et 2011 une augmentation du nombre d'automobilistes qui atteignent le niveau de la «colère» en cette situation. Et dans la même proportion, les automobilistes répondent que leur efficacité au travail ou aux études a été affectée sérieusement par ces problèmes rencontrés matin et soir.

C'est à Moscou que la congestion dure le plus longtemps (trois heures) alors que le temps de déplacement moyen est de deux heures par jour à Mexico, Pékin, Shenzen et Nairobi. En comparaison, dans une ville comme Stockholm, où on a institué un péage urbain, comme Montréal songe à le faire, le temps moyen de déplacement journalier est de 30 minutes, ce qui se rapproche des temps moyens enregistrés aussi à Singapour, Madrid et Buenos Aires.

Malgré tout, une faible proportion des automobilistes (entre 24 et 30 %) de plusieurs grandes villes perçoivent une diminution de la congestion d'une année à l'autre.

Pour Jean-François Barsoum, qui a dirigé cette étude chez IBM, même si la moitié des Montréalais croient que conduire chaque jour pour aller au travail est nocif pour leur santé à cause du niveau de stress, ils continuent de tenir à leur voiture comme moyen de transport principal, malgré le prix de l'essence et du stationnement. C'est pourquoi, dit-il, les villes ne doivent pas se contenter de répondre uniquement à leurs demandes pour de nouvelles infrastructures routières et de transports en commun, mais elles doivent aussi réduire cette «demande» de services par des techniques comme péage électronique, la prévention des bouchons, le covoiturage, le recours à la moto, etc.
5 commentaires
  • France Marcotte - Inscrite 8 septembre 2011 12 h 32

    Conditionnement

    Et comment se fait-il que les automobilistes montréalais soient moins frustrés que les autres?
    Meilleure résistance au stress, sagesse zen, savoir vivre...ou passivité et apathie?
    Et comment expliquer que les automobilistes tiennent à leur voiture comme des junkys à leur dose, malgré tous les effets secondaires?
    Les images de la publicité, incitative contre tout bon sens, sont très fortes: arrêtés dans un bouchon monstre, on se repasse dans sa tête les images de la télé.

  • paumier1 - Inscrit 8 septembre 2011 12 h 39

    Étonnant !

    Serait-ce parce que nous sommes cons ? Patients ? Pacifiques ? Inconscients ?
    Je suis extrêmement étonné.
    Les humains sont vraiment imprévisibles ou encore cette étude serait-elle biaisiée ?

  • Bernard Terreault - Abonné 8 septembre 2011 13 h 31

    Il faut avoir vécu ailleurs

    Il faut avoir vécu dans une autre grande ville ailleurs dans le monde pour comprendre. J'ai vécu 10 ans à l'étranger et connu la plupart des grandes villes d'Europe et des É.-U., plus Tokyo, Osake et Mexico. Alors on se rend compte que Montréal n'est pas si congestionnée en comparaison. En fait, avant la fermeture partielle du Pont Mercier, et la frénésie récente de travaux, dont certains inutiles comme au croisement de la 132 et de la 20 à la sortie du tunnel. Montréal était très favorisée.

  • France Marcotte - Inscrite 8 septembre 2011 14 h 51

    M.Terreault

    Vous dites donc que cette étude n'a aucune pertinence pour le moment.

    Faudra la refaire plus tard car le nombre de voitures augmente sur nos routes, dans la région de Montréal. Pour plusieurs, il faut se lever de plus en plus tôt pour aller au boulot.
    D'avoir vécu ailleurs vous a-t-il rendu plus ou moins patient?

  • Tim Yeatman - Abonné 13 septembre 2011 02 h 40

    Wow

    Mais on sais pourquoi, nos postes de radio emettre la meilleure musique au monde.