Guy Turcotte: le Directeur des poursuites criminelles interjette appel

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales interjette appel dans le dossier du cardiologue Guy Turcotte, qui avait été reconnu non criminellement responsable du meurtre de ses deux enfants. Le Directeur l’a fait savoir cet après-midi, par voie de communiqué.

Le comité des appels du Directeur des poursuites criminelles et pénales affirme qu’après avoir procédé à l’analyse des directives du juge Marc David, de la Cour supérieure, il en est venu à la conclusion qu’il pouvait interjeter appel.

Dans son communiqué, le Directeur des poursuites criminelles et pénales dit estimer que «le juge a erré en droit sur des points susceptibles d’avoir influencé le jury dans ses conclusions quant à la non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux» du docteur Turcotte. Le Directeur des poursuites précise qu’il ne fera aucune autre déclaration publique.

Olivier, 5 ans, et Anne-Sophie Turcotte, 3 ans, avaient été poignardés à plusieurs reprises par leur père, le cardiologue Guy Turcotte, le 20 février 2009, dans sa résidence de Piedmont, dans les Laurentides. M. Turcotte supportait mal la rupture de sa relation avec sa conjointe, Isabelle Gaston, urgentologue au même centre hospitalier que lui.

Joint au téléphone, l’avocat de M. Turcotte, Me Pierre Poupart, s’est refusé à tout commentaire.

La mère des enfants, Isabelle Gaston, s’était dite déçue du verdict, mais avait souhaité que la Couronne ne dépose pas de requête en appel, afin de pouvoir tourner la page sur ce tragique épisode de sa vie.

Le verdict du jury, rendu le 5 juillet dernier, avait causé tout un émoi dans la population, alimentant les réseaux sociaux, les tribunes téléphoniques, les sections de lettres des lecteurs dans les quotidiens, de même que plusieurs émissions d’information et d’affaires publiques. Une manifestation était même prévue le 6 août, à Montréal, contre le verdict de non-responsabilité criminelle pour troubles mentaux du docteur Turcotte. Une pétition en ligne avait été lancée, réclamant «un verdict plus approprié» pour celui qui a admis avoir tué ses deux enfants.

14 commentaires
  • Marie-France Legault - Inscrit 22 juillet 2011 16 h 53

    Enfin on se réveille...

    il n'est jamais trop tard...Au Québec on a trop de sympathie pour les criminels, on les exuse facilement, on les comprend....
    les victimes sont OUBLIÉES...elles ne comptent pas du tout...

    La justice est une affaire de procédurite...

  • michel lebel - Inscrit 22 juillet 2011 17 h 21

    Bonne décision

    Voilà une bonne décision. Je la souhaitais.

    Michel Lebel
    Avocat(non en exercice) et ancien professeur de droit

  • Helpaul - Abonnée 22 juillet 2011 19 h 42

    Soulagement

    Cette sentence soulevait trop de questions et pouvait représenter un dangereux précédent.

  • Catherine Paquet - Abonnée 22 juillet 2011 20 h 25

    Une bonne et sage décision

    Il subsistait trop d'incompréhension au sujet du crime et au sujet du verdict. Il fallait que quelque chose soit fait pour redonner confiance aux citoyens dans la rigueur et l'impartialité du système de Justice.
    Trois juges de la Cour d'Appel diront si le juge avait un préjugé, et si l'opinion d'un "supposé" expert devait prévaloir sur l'apparence de Justice.

  • Claude Kamps - Inscrit 22 juillet 2011 20 h 49

    politiquement il le fallait

    mais allez dire que onze jurés se sont trompés, est un dénis de justice, si la folie n'existe pas quand il y a crime on devrait simplement dire que personne ne peut avoir de moment de folie, comme dire que la mort ça n'existe pas...

    Rendre les fous responsable de leurs actes est pour moi difficile à croire et curieusement on pardonne plus facilement à une femme de tuer ses enfants qu'a un homme.... Il y a bien plus d'infanticide fait par les femmes que par les hommes.

    Plus de 1200 décisions de jugements sont basée sur la folie, qui oui peut être passagère...

    Pour rappel il est pas encore libéré et le sera peut être jamais, sauf si finalement il parvient à se suicider...