Après avoir hésité, Ottawa confirme l'aide au logement abordable

Le nouveau «Cadre de référence pour le logement abordable 2011-2014» d’Ottawa laissera aux provinces le soin de concevoir les programmes répondant à leurs priorités.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le nouveau «Cadre de référence pour le logement abordable 2011-2014» d’Ottawa laissera aux provinces le soin de concevoir les programmes répondant à leurs priorités.

Le gouvernement fédéral, qui avait annoncé son intention de revoir les programmes d'aide au logement, a finalement confirmé hier ses investissements dans le logement abordable. Il appartiendra toutefois aux provinces de déterminer quelle forme prendra cette aide.

Ensemble, les ministres fédéral, provinciaux et territoriaux responsables des dossiers du logement ont annoncé un investissement combiné de 1,4 milliard d'ici 2014.

Une somme de 1,9 milliard, provenant du fédéral seulement, avait déjà été annoncée en 2008 pour cinq ans.

Toutefois, le fédéral avait alors fait savoir qu'il réévaluerait les programmes, tout en assurant que les sommes promises seraient maintenues jusqu'en 2014, a rappelé en entrevue François Saillant, coordonnateur du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

C'est ce financement provenant du fédéral et des provinces qui a été confirmé hier, moins les fonds déjà annoncés pour la stratégie de lutte contre l'itinérance.

Le FRAPRU se dit d'un côté soulagé de voir que les sommes sont maintenues, mais déplore qu'au bout du compte, cela ne représente que 57,7 millions par année de la part du gouvernement fédéral pour le Québec. Il s'agit là des sommes les moins importantes depuis 2001, déplore M. Saillant.

«On est soulagés qu'il [le gouvernement fédéral] en mette, parce qu'à un moment donné, on n'en était plus sûrs du tout, après les élections où il n'a pas dit un mot là-dessus, après le dernier budget qui ne parlait pas du tout de ces investissements-là. Au moins, maintenant, il y a de l'argent. Mais il faut voir que c'est des peanuts, c'est vraiment des peanuts! Le Québec là-dessus devrait recevoir même pas 60 millions par année», s'est exclamé M. Saillant.

Il a ajouté que, dans le dernier budget des dépenses du gouvernement fédéral, qui avait été présenté avant les élections, «on annonçait même la fin de ces initiatives-là et le gouvernement fédéral allait économiser cet argent-là». Il semble donc y avoir eu changement de cap de la part du gouvernement fédéral.

Ce nouveau «Cadre de référence pour le logement abordable 2011-2014» laissera aux provinces le soin de concevoir les programmes répondant à leurs priorités: construction, rénovation, aide à l'accession à la propriété, suppléments au loyer, allocations-logement, hébergement de victimes de violence familiale.

Dans chaque entente, le fédéral s'engage à mettre 50 % du montant et les provinces 50 %. La part provinciale de 50 % peut toutefois inclure une contribution municipale ou provenant d'une autre source.

Au Québec, une entente bilatérale devra être conclue entre la Société d'habitation du Québec et la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) afin de confirmer l'adhésion de la province au programme.

Traditionnellement, le Québec a choisi d'investir dans le logement social, pour aider les ménages plus démunis, et le FRAPRU espère qu'il continuera à agir ainsi.

«Maintenant, c'est clair qu'on va s'adresser au gouvernement du Québec pour s'assurer qu'à tout le moins l'argent qui allait autrefois au programme Accès logis va continuer d'y aller, que le gouvernement du Québec ne profitera pas de cette ouverture-là pour mettre fin à ses propres investissements dans le logement social ou encore à les diminuer», a prévenu M. Saillant.
3 commentaires
  • Gaston Bourdages - Abonné 5 juillet 2011 06 h 10

    Est-ce une «bonne» nouvelle ou une simple reconfirmation que...

    ...cette décision n'est UNIQUEMENT et SEULEMENT celle qui se devait d'être prise ?
    Je n'ai ces expériences de celles et ceux bénéficiant des avantages conférés par le logement dit social. Dès lors, je ne puis dire que je «les comprends». Je mentirais.
    Simple citoyen, spectateur, je dirais, de cette partie de la scène publique qu'est le logement dit social, je ne puis que me réjouir de cette annonce de poursuite dans les investissements favorisant le logement de la dignité. Cette dignité incarnée par Madame et Monsieur en besoins de logement social.
    Mes respects,
    Gaston Bourdages
    Simple citoyen - écrivain en devenir
    Saint-Valérien de Rimouski
    www.unpublic.gastonbourdages.com

  • André Michaud - Inscrit 5 juillet 2011 09 h 26

    surtout pour les familles

    Ce sont surtout les 5 et 6 pièces pour les familles qui semblent manquer le plus, on devrait privilégier ce type de logement...

    Pour les autres, il faut réaliser que si on n' a pas un bon métier pour gagner sa vie, il faut se mettre à au moins 2 pour payer un loyer..

    L'éducation est LA VRAIE solution pour beaucoup, afin d'avoir les revenus nécessaires pour payer les loyers d'aujourd.hui.

  • Gilbert Talbot - Abonné 5 juillet 2011 11 h 44

    C'est mieux que rien, mais on est loin du compte.

    D'après le FRAPRU il faut construire cinquante milles logements sociaux d'ici cinq ans. Un logement social c'est celui qui fait partie d'un HLM, d'une coop d'habitation ou d'un Organisme sans but lucratif (OSBL). À chaque mois de juillet revient cette crise qui témoigne, même si elle est moins forte cette année, du manque de logement à prix abordables pour les familles à plus faible revenus. On estime que le coût d'un logement ne devrait pas dépasser 25 % du revenu mensuel. Or, la réalité c'est que dans bien des cas, le coût du logement demande plus de 50% du revenu. C'est là qu'il faut aider. C'est là que les gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux doivent réinvestir rapidement: dans l'aide aux logements pour les plus pauvres et non dans les subventions aux constructeurs privés, qui s'en mettent plein les poches de toute façon.