Différents pays, différentes approches

Un policier de l’escouade antidrogue participe à l’incinération de stupéfiants saisis au Pérou.<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Cris Bouroncle Un policier de l’escouade antidrogue participe à l’incinération de stupéfiants saisis au Pérou.

Au Canada

À Vancouver, le site d'injection supervisée (SIS) du Lower East Side est fréquenté par quelque 800 héroïnomanes chroniques, qui peuvent s'y injecter leurs doses en toute sécurité avec du matériel stérile. Dans ce quartier miné par une épidémie de drogue, Insite a permis de réduire du tiers le taux de mortalité par surdose. C'est une baisse trois fois plus élevée que dans le reste de la ville.

À Montréal, un million de seringues stériles sont distribuées bon an mal an, mais il en faudrait 15 millions pour répondre aux besoins, selon la Santé publique. N'empêche, selon une récente étude du Centre de recherche du CHUM, ces efforts ont permis de réduire les nouvelles infections au VIH de 1992 à 1998. Les utilisateurs de drogues injectables (UDI) courent cinq fois moins de risques de contracter le VIH s'ils s'approvisionnent auprès des organismes du réseau.

En Suisse

La Suisse, l'un des premiers pays européens frappés par l'épidémie de drogues injectables dans les années 1980, a développé des programmes de prescription d'héroïne sous la supervision des médecins, pour les injecteurs jugés irrécupérables. Ces programmes ont permis de réduire la consommation et le nombre d'utilisateurs. À titre indicatif, Zurich recensait 850 nouveaux accros par année en 1990, comparativement à 150 en 2005. Les UDI qui ont pu trouver leur héroïne dans le cabinet du médecin ont réduit de 90 % les vols et cambriolages autrefois nécessaires pour se payer leurs doses.

Aux Pays-Bas

De tous les pays de l'Union européenne, les Pays-Bas enregistrent la plus faible proportion d'héroïnomanes. L'admission simplifiée dans les programmes de traitement, l'échange de seringues et la distribution d'héroïne et de méthadone à grande échelle ont permis de juguler la crise. Le groupe des héroïnomanes a chuté de quelque 30 000 personnes à 18 000 entre 2001 et 2008.