Des militants dénoncent la publicité dans le paysage urbain

«De notre point de vue, ce n’est pas juste les immenses panneaux qui devraient disparaître, mais tout l’affichage publicitaire dans l’espace public», a expliqué Pascale Brunet, porte-parole d’Artung!
Photo: Jacques Nadeau -Le Devoir «De notre point de vue, ce n’est pas juste les immenses panneaux qui devraient disparaître, mais tout l’affichage publicitaire dans l’espace public», a expliqué Pascale Brunet, porte-parole d’Artung!

Dans le but de dénoncer l’omniprésence de la publicité dans le paysage urbain, des équipes de militants du collectif Artung! se sont déployées tôt ce matin dans les rues de Montréal pour remplacer clandestinement les publicités sur les colonnes Morris par des affiches créées pour l’occasion par des artistes.

Armés de tourne-vis, les commandos sont entrés en action vers 8h dans le quartier Villeray pour se disperser dans les rues de la ville, notamment dans le Plateau-Mont-Royal et dans Rosemont-La Petite-Patrie.

L’objectif était d’apposer quelque 200 affiches de création originale pour remplacer des affiches publicitaires présentes sur le territoire, essentiellement sur les colonnes Morris. Certaines affiches comportaient des messages à connotation sociale ou environnementale alors que d’autres ne présentaient qu’une image, un dessin ou un collage.

Artung! a lancé le projet pour répliquer aux compagnies d’affichage Astral Média, CBS Affichage et Jim Pattison Industries qui menacent de contester, devant les tribunaux, le règlement sur l’affichage adopté par le Plateau Mont-Royal l’an dernier.

Rappelons que ce règlement forcera les trois entreprises à démanteler les panneaux publicitaires géants du territoire, d’ici la fin de l’année. «De notre point de vue, ce n’est pas juste les immenses panneaux qui devraient disparaître, mais tout l’affichage publicitaire dans l’espace public», a expliqué Pascale Brunet, porte-parole d’Artung!

«Il y a d’autres endroits dans le monde qui ont adopté des lois pour réduire ou carrément interdire la publicité dans l’espace public, entre autres à Sao Paulo, au Brésil, dans le Maine ou le Vermont, poursuit-elle. On espère que ça va semer une petite étincelle et que d’autres arrondissements vont emboîter le pas pour que Montréal devienne la première ville sans publicité dans l’espace public.»

Si Mme Brunet reconnaît que des affiches publicitaires ont été retirées pour faire place aux œuvres d’art, les structures elles-mêmes n’ont pas été abîmées. Selon elle, il s’agit d’une «action directe légitime».

Les afficheurs ne sont pas du même avis. «C’est du vandalisme. D’aller enlever une publicité qui a été payée, c’est comme barbouiller une pancarte électorale, estime Jeannot Lefebvre, porte-parole du Regroupement de l’industrie de l’affichage extérieur au Québec. Ce n’est pas une bonne façon, en démocratie, de se faire entendre et de se faire voir.»

Des actions semblables se sont déroulées ailleurs dans le monde pour protester contre la présence envahissante des panneaux publicitaires, notamment à Toronto, Madrid, Paris et New York.
8 commentaires
  • camelot - Inscrit 31 mai 2011 17 h 02

    Enfin !

    Une saine réaction ! Il était temps que quelqu'un explique à ces vandales de la publicité qu'on en a ras-le-bol. Niaiseries, vulgarités, imbécilité, voilà leur menu. J'en ai soupé.

    Bravo à Artung !

  • France Marcotte - Abonnée 31 mai 2011 17 h 19

    Bravo!

    C'est fou, ces affiches font maintenant tellement partie du paysage qu'on ne trouve pas étrange leur omniprésence. Merci de le rappeler.
    C'est vrai que des oeuvres d'art à la place, ça nous rendrait pas mal plus allumés qu'aliénés!
    Et des poèmes aussi!

  • Francois Pedneault - Inscrit 31 mai 2011 17 h 23

    Ceci n'est pas une pub

    L'action dont il est question est documentée à l'adresse suivante www.cecinestpasunepub.net

  • Stéphane Melançon - Abonné 31 mai 2011 19 h 19

    Publicité le long des autoroutes

    Si ma mémoire est bonne, c'est bien sous le gouvernement de Lucien Bouchard qu'il est devenu permis d'ériger des panneaux publicitaires le long des autoroutes. Qu'est-ce qui motive tant M. Bouchard à privatiser le bien public ? Bravo à Artung!

  • V. Dion - Inscrit 31 mai 2011 20 h 50

    Les représentants de cette industrie jouent à la victime

    C'est pourtant un acte valable, pour les citoyens (et consommateurs, de surcroît) qui se considèrent (avec raison) victimes quotidiennement de la publicité omniprésente, surtout en ville.

    J'appuie ce type d'action visant entre autres à faire réfléchir la population sur notre société de consommation par une utilisation judicieuse de l'art.