Québec consacre 15 millions à créer 20 postes de juges

Le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, a annoncé hier des investissements de près de 15 millions visant à créer 20 nouveaux postes de juges à la Cour du Québec et à aménager six salles de plus à Montréal pour la tenue de mégaprocès.

Critiqué de toutes parts lors du conflit de travail avec les procureurs de la Couronne et les juristes de l'État, le ministre Fournier a poursuivi ses efforts pour augmenter le financement de la justice.

Le nombre de juges à la Cour du Québec passera donc de 270 à 290, une mesure dont le coût est évalué à 12,5 millions de dollars. La Cour du Québec retrouvera la totalité des postes perdus en 1997 lors d'une cure minceur opérée par le gouvernement Bouchard. Sept des vingt nouveaux juges siégeront à la chambre criminelle et pénale, neuf à la chambre de la jeunesse et quatre à la chambre civile.

Le ministère de la Justice procédera par ailleurs au réaménagement de six salles d'audience au palais de justice de Montréal, au coût de 1,7 million, afin de faciliter la tenue de procès impliquant de multiples accusés, une chose très fréquente dans les affaires de crime organisé. Des mesures de sécurité «supplémentaires et permanentes» seront aussi adoptées au palais de justice, a dit le ministre Fournier sans fournir de détails.

Enfin, l'indemnité versée aux jurés passera de 90 $ à 103 $ par jour, et à 160 $ par jour pour les procès de plus de neuf semaines, une mesure dont le coût est évalué à 400 000 $.

Toutes ces initiatives visent à «accélérer» l'audition des causes, a indiqué Jean-Marc Fournier à la sortie du Conseil des ministres.

Encore des négociations

Le ministre Fournier a confirmé que des pourparlers étaient toujours en cours avec les procureurs de la Couronne afin de bonifier leurs conditions de travail, en dépit de la loi spéciale adoptée en février dernier.

Le ministère de la Justice paie un lourd prix pour sa conduite et celle du Conseil du trésor lors des négociations. Amers et démoralisés par leur retour forcé au travail, après deux semaines d'une grève légale, les procureurs ont choisi de boycotter la nouvelle Unité permanente anticorruption (UPAC).

M. Fournier espère encore en arriver à une entente avec l'Association des procureurs aux poursuites criminelles et pénales (APPCP). «Je ne négocie pas sur la place publique, c'est à peu près tout ce que je peux vous dire en ce moment. Mais j'ai toujours affirmé que leur cause était juste et que nous devions travailler à améliorer leurs conditions de travail. C'est un volet qui continue», a-t-il dit.

Des discussions exploratoires ont eu lieu, a confirmé le président de l'APPCP, Christian Leblanc. «Il n'y a rien de concret pour l'instant. On est prêt à collaborer, mais on est sous le coup d'une loi spéciale. La balle est dans leur camp», a-t-il commenté.

Un mois après l'adoption de la loi spéciale, le ministre Fournier et le directeur des poursuites criminelles et pénales, Louis Dionne, avaient annoncé la création de 160 nouveaux postes, dont 94 postes de procureurs. Le président de l'APPCP avait dénoncé ce «show de boucane».

Selon Christian Leblanc, les initiatives récentes du ministre Fournier démontrent que l'adoption de la loi spéciale n'a rien réglé des problèmes de sous-financement de la Couronne.
 
5 commentaires
  • VITRILLOLA - Inscrite 26 mai 2011 07 h 35

    AH, NON !!!!

    De grâce, vite !... sortons sieur Bastarache de l'entrepôt de "Post-it"!

    Ça sent déjà la colle libérale, la magouille du last call !

  • Jean Lapointe - Abonné 26 mai 2011 07 h 48

    Des postes pour les tisamis


    Il doit y avoir plein de sympathisants et de militants libéraux qui salivent à l'idée de pouvoir enfin être nommés juges.

    Ça va être beau encore une fois!

    Est-ce qu'il va falloir les endurer encore longtemps ces gens-là ?

    Il faudrait bien que ça change là aussi non ?

    Il serait plus que temps avant que la situation se dégrade encore davantage.

  • François Dugal - Inscrit 26 mai 2011 08 h 41

    La justice

    La justice appartient aux riches.

  • Claude Kamps - Inscrit 26 mai 2011 09 h 12

    Vaut mieux donner au bon parti pour être juge à vie...

    Dommage que la plupart des gens pensent comme cela, mais la magouille et les non-dit de Bastarache avec en plus le cirque de Charest nous a dégoûté de la politique actuelle.

    Quand il est possible de prendre le pouvoir démocratique et d'en faire une dictature avec moins de 40% des gens qui ont votés pour vous, c'est inévitable... Trop de gens vote pour un pour pas voter pour l'autre et ne se préoccupent pas du programme des partis, mais de l'idée qu'on s'en fait...

    De plus en plus les politiciens sont là pour se remplir les poches et celles des amis et pas pour représenter les concitoyens du comté, ils n'ont aucun pouvoir...
    Le dernier exemple est le Richelieu ou les gens demande l'aide de l'armée et ne le recevront pas, il y a aucun intérêt pour les politiciens au pouvoir actuellement a les contenter... C'est vraiment pas la philosophie de la droite...

    En fait avec Bush, Sarkozy, Charest ou Harper, il ne faut pas compter sur la communauté, les seules aidant possible, sous des gouvernements de droite est la collectivité religieuse qui dans le Québec est devenu inexistante...

  • Pierre Rousseau - Abonné 26 mai 2011 11 h 18

    On se gratte le dos...

    Les amis libéraux vont avoir de beaux postes de juges alors que les procureurs se sont fait servir une loi spéciale les forçant à retourner au travail avec des conditions moindres que celles que le gouvernement leur avait offert, tout ça pour les punir d'avoir exercé leurs droits... Le ministre bouffon ose dire que leur cause est juste mais il les punit pour avoir osé défier le gouvernement libéral.

    Franchement, tout ça c'est une parodie de justice qui sent, encore une fois, la république de bananes.