Enfant oubliée dans l'auto de son père - Émouvantes funérailles pour la petite Audrey

Un cercueil d'enfant ceinturé de canards en peluche. Des parents stoïques lors de la signature de l'acte de décès. Plus de 300 personnes retenant leur larmes dans l'église Coeur-immaculé-de-Marie.

Baptisée dans cette église du quartier Émard il y a deux ans à peine, la petite Audrey Dubé-Martin y est retournée hier lors d'un sobre et émouvant adieu. Sa mère, Sylvie Dubé, a trouvé la force de lire un petit hommage à la toute fin de l'homélie. «Petite fleur, tu as marqué ma vie», a-t-elle commencé d'une voix à peine audible. Comme les pétales d'une rose exposée au vent, la fillette s'est envolée à jamais, victime d'un bête accident.

Tragique oubli

Son père, Dominic Martin, l'a oubliée dans la voiture jeudi dernier. Tous les matins, l'actuaire de 26 ans avait l'habitude de conduire sa petite à la garderie d'abord, et son épouse ensuite. Jeudi dernier, il a inversé sa routine et s'est retrouvé seul avec la petite Audrey. Au lieu de la mener à la garderie, il s'est rendu au métro LaSalle où il a garé sa voiture, entre 8h et 9h. La fillette dormait et elle ne s'est pas réveillée lorsque son père a verrouillé les portières pour se rendre ensuite au travail. Personne dans le quartier n'a remarqué la présence de l'enfant. Sous une forte chaleur, avec les fenêtres fermées, il suffit de deux heures dans une auto pour qu'un bambin succombe à la déshydratation.

Dominic Martin a retrouvé Audrey à son retour du bureau, entre 16h et 17h. Il s'est précipité à l'Hôpital de Verdun, où le personnel médical a constaté le décès de la fillette. Elle aurait fêté son deuxième anniversaire le 11 août.

Dominic Martin a indiqué aux enquêteurs qu'il devait conduire Audrey à la garderie, mais qu'il a oublié de le faire. Il est accusé d'homicide involontaire coupable et devra revenir en Cour le 2 octobre. Il est déjà condamné à repasser le film des événements tragiques dans sa tête pour le reste de ses jours.

Le père est demeuré impassible hier lors de la signature de l'acte de décès de sa fille. Il a tenu à porter son frêle cercueil hors de l'église Coeur-immaculé-de-Marie tandis qu'une femme interprétait Une colombe, de Céline Dion.

L'aumônier Gilles Martel a cherché les mots pour atténuer cette vive douleur, mais il ne pouvait que constater l'éternel mystère de la mort. À la vue du cercueil miniature, il n'a pu s'empêcher de penser à ses deux soeurs et son frère, emportés par le syndrome des bébés bleus (méthémoglobinémie) alors qu'il n'avait que neuf ans. Le curé Martel ne comprenait pas à l'époque et ne comprend pas plus aujourd'hui l'implacabilité de la grande faucheuse.

M. Martel garde espoir que les parents éprouvés ne resteront pas seuls dans cette épreuve, et que les gens arriveront avec un mot, une parole pour les réconforter.