Manifestation contre la brutalité policière - Le Collectif blâme la police

Manifestations et policiers se sont retrouvés face à face, hier.
Photo: - Le Devoir Manifestations et policiers se sont retrouvés face à face, hier.

Le Collectif opposé à la brutalité policière (COBP) s'est dissocié mollement des actes de violence commis mardi soir lors de la 15e édition de sa marche annuelle, renvoyant plutôt le blâme à la police pour les arrestations «massives et arbitraires».

Le dernier bilan fait état de 258 arrestations: 239 en vertu du Code de la sécurité routière pour avoir entravé la voie publique, 13 pour des infractions aux règlements municipaux et 6 pour des infractions criminelles. Seulement quatre manifestants ont été détenus, les autres ont été relâchés durant la soirée.
 
Sophie Senécal juge la tactique du Service de police de Montréal «carrément dégueulasse». Avant le départ de la marche, dix personnes, dont six organisateurs du COBP, ont été arrêtés. Selon le SPVM, ils étaient en possession de bâtons et de pistolets à air comprimé.
 
«J'ai posé la question, et personne ne m'a dit qu'il transportait de pistolet à air comprimé», assure Sophie Senécal. Qui plus est, les bâtons devaient servir à assembler des pancartes, ajoute-t-elle.
 
Projectiles

Mardi soir, l'escouade anti-émeute a encerclé les manifestants dans la rue Saint-Denis, peu de temps après que des vandales eurent fracassé la vitrine d'un commerce avec des morceaux d'asphalte. Une jeune femme a aussi reçu une bouteille de vin en plein visage, un projectile improvisé qui avait été lancé en direction d'un groupe de journalistes. Au moins deux autres journalistes ont été atteints par des morceaux d'asphalte.
 
«Je ne nie pas qu'il y ait eu des incidents,  mais c'étaient des incidents mineurs. On était très loin de l'émeute, a dit Sophie Senécal. C'est déplorable pour la personne qui a reçu une bouteille de vin, mais ça ne légitime pas le fait de faire une intervention de masse sur 300 personnes.»
 
Les policiers ont donné très rapidement l'ordre aux manifestants de se disperser avant d'intervenir, si bien que la plupart n'ont pas entendu les consignes. Le COBP juge que des arrestations ciblées auprès de la minorité de vandales aurait été préférable à une stratégie d'encerclement.

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