Intersyndicale des femmes - Tant de chemin à parcourir...

Réginald Harvey Collaboration spéciale

Dans le mémoire présenté en février dernier devant la Commission des relations avec les citoyens, l'Intersyndicale des femmes constate que des avancées ont été obtenues au cours des dernières années dans l'application de la politique d'égalité hommes-femmes, mais qu'il reste des «défis majeurs à relever pour que l'égalité de droit devienne une égalité de fait».

Conseillère au service de la condition féminine du Syndicat de la fonction publique du Québec et porte-parole de l'Intersyndicale des femmes, Monique Voisine dénonce, parlant d'égalité, qu'«il y ait une sorte de pensée magique qui circule et laisse voir que celle-ci est déjà en place, qu'on a réalisé ce qui devait l'être et qu'on doit passer à autre chose».

L'Intersyndicale a préparé un mémoire qui indique le contraire: «On appuie les revendications du mouvement des femmes (Fédération des femmes et Conseil du statut de la femme), mais, de notre côté, étant donné les membres que nous représentons, on a concentré les nôtres sur le travail, sur la façon de faciliter l'accès à celui-ci et sur la manière de conserver les organismes qui protègent les droits des femmes.»

Mme Voisine fournit cette explication: «Tout comme la Commission de l'équité salariale, ce sont des organismes qui défendent nos droits et, à l'heure actuelle, on s'aperçoit, notamment au Conseil du statut de la femme, qu'il y a une diminution des ressources; les budgets n'ont pas augmenté depuis une dizaine d'années et les effectifs humains ont diminué parce qu'ils sont soumis à l'obligation d'un remplacement sur deux. Il y a même des bureaux en région qui ont été fermés.» Un autre exemple: «Il n'existe plus de production papier de La Gazette des femmes; et tout cela mis ensemble fait en sorte qu'il y a un impact sur la diminution des services pour l'ensemble des femmes au Québec.»

Il reste du chemin à parcourir pour atteindre l'égalité, fait remarquer Mme Voisine: «Quand on parle de l'équité salariale, on reste encore à 75 ou 76 % du salaire des hommes; c'est donc un écart qui n'est pas encore comblé. Sur un autre plan, les femmes demeurent majoritaires dans l'accomplissement des tâches à temps partiel. En matière de conciliation travail-famille, on revendiquait une loi-cadre lors de la dernière négociation en front commun dans le secteur public et on a reçu une fin de non-recevoir du gouvernement; selon lui, tout était réglé avec le Régime québécois d'assurance parentale (RQAP), quand on sait très bien que ce n'est pas le cas.»

Il existe aussi de nombreux cas de détérioration des conditions de travail dans certains milieux, ce qui provoque notamment des surcharges dans l'accomplissement des fonctions: «Une telle situation entraîne beaucoup de détresse psychologique à plusieurs endroits; on pense ici à des travailleuses dans les domaines de la santé, de l'éducation et même de la fonction publique. C'est là une grande problématique.»